Tara Oceans

Edito

Tara réalise actuellement une station scientifique depuis plus de 24h. Prochaine destination : Ascension au milieu de l'Atlantique.

journal de bord

08/09/2010

La première station longue de cette deuxième année

Dès sept heures ce matin, les premières têtes ont fait leur apparition dans le carré de Tara pour le petit-déjeuner. La mer était belle, le soleil au rendez vous.
Après les dernières vingt-quatre heures agitées que nous avons connu avec des vents à plus de 30 nœuds, c’était un réveil agréable après une nuit calme passée à dériver au gré du courant du Benguela*.


Ce réveil matinal général était organisé pour réaliser la première station longue de cette deuxième année, c'est une remise en route de l’expédition pour les scientifiques présents à bord dans le cadre de cette étape Le Cap-Ascencion.

Une première CTD a ouvert le bal de toutes les manipulations qui allaient suivre. La CTD (conductivité, température, profondeur) c’est la manipulation de base de toute activité océanographique, elle permet de visualiser les couches d’eau qui sont en dessous du bateau à un moment « t ».

Ingénieurs « océano », comme on dit à bord de Tara, Sarah Searson et Marc Picheral comme des chefs de ballet, réglaient cette chorégraphie qui ne faisait que commencer. Et en station longue leur spectacle dure quelquefois jusqu’à 48 h, avec de courts entractes.

Après cette CTD initiatique effectuée par une profondeur de 160 mètres, et un premier butin d’eau salée ramené à la surface par toutes ces bouteilles qui forme « la rosette», des filets à plancton étaient mis à l’eau.
Pendant ce temps là, Céline Dimier, Lucie Subirana et Patrick Chang, ingénieurs biologistes, préparaient le laboratoire humide installé sur le pont arrière.
Une préparation indispensable : cela faisait presque deux mois que tout ce matériel n’avait pas servi depuis la dernière station longue en date au large de Capetown.

Il régnait donc sur le pont arrière une excitation particulière pour ces scientifiques dont la plupart ne sont pas des novices à bord. Pour Céline, après une première relève de ses filets à plancton et observation du précieux liquide, les choses étaient claires, « la pêche était bonne ».
Pendant ces manipulations tout autour de Tara, l’eau était verte et il n’y a quasiment pas eu un moment où des mammifères ne jouaient pas dans l’eau à proximité. Des dauphins, des phoques et dans chaque filet de plancton remonté à la surface, des crevettes et une foule de micro-organismes, de larves de poissons. Une certitude, il y avait beaucoup de vie sous Tara.

Il faut dire que cette zone de l’upwelling du Benguela, avec ses remontées de nutriments est l’une des plus riches au monde avec l’upwelling du Pérou ou de la Mauritanie, par exemple. « Le principe de l’upwelling, textuellement de la remontée, est tributaire du vent. Mais il faut un vent ni trop fort, ni trop faible », m’explique Philippe Koubbi, l’actuel chef de mission scientifique à bord de Tara.
« Ici au large de la côte ouest de l’Afrique du Sud, le vent souffle parallèlement à la côte, ils chassent les couches d’eaux chaudes vers le large provoquant cette remontée d’eaux froides profondes. Le phytoplancton s’il bénéficie en plus de soleil trouve ici un terrain très propice à son développement. Et par là, toute la chaine alimentaire. Cette station est donc particulièrement importante pour prendre le pouls de cet upwelling, même si nous savons qu’il est plus actif entre octobre à février ».

L’objectif de cette station est d’essayer de répondre par exemple à la question de l’incidence du réchauffement climatique sur le régime des vents, et donc le maintien de l’upwelling en recensant la présence ou non de plancton, ou de certains types de plancton.

Autre point intéressant, on sait qu’à cause de pêches massives dans ce secteur dont le calendrier correspond d’ailleurs aux moments d’activité forte de l’upwelling, et des changements dans le régime des vents, il y aurait une incidence sur les espèces présentes ici et donc sur toute la chaine alimentaire.
Récemment certaines espèces, comme l’anchois ou la sardine ont déserté la zone. Mais certains prédateurs eux sont restés ici et sont affamés. On a constaté par exemple aussi dans cette zone une recrudescence de méduses et certains petits poissons s’en nourriraient désormais, pourquoi ?  Que nous dit le plancton sur cette situation ? Prolifère-t-il ? Se raréfie-t-il ? Certaines de ces microorganismes disparaissent-ils ? Changent-ils ? Est-il responsable du départ des sardines et de certaines espèces ?
Pourquoi ces changements de comportements, le départ de certains et l’arrivée d’autres ?
L’habitat des espèces est-il en train de changer ici ?
L’upwelling du Benguela révèlera peut-être ses secrets aux scientifiques, et par là les éclairera sur des évolutions ici et ailleurs.
A chaque fois que Sarah et Marc entame leur ballet c’est à cela qu’ils pensent. Et ce spectacle aura pour décor ce soir une nuit noire, c’est ça une station longue. Comme la performance d’un artiste en quelque sorte.

Vincent Hilaire


* Le courant de Benguela est un rapide courant froid océanique qui coule depuis l’Afrique du Sud, remontant les côtes de Namibie et d’Angola, vers le nord-nord-ouest pour rejoindre un courant chaud équatorial. Il est alimenté par une remontée d'eau froide des profondeurs le long de la côte Ouest de l'Afrique.

La position actuelle de Tara

Téléchargez directement la carte actualisée :

Focus

Une deuxième année pour un autre voyage

Etienne Bourgois, co-directeur de Tara Oceans jette un regard vers le futur pour Tara Expéditions.
De quoi sera faite cette deuxième année ? Pour lui «c’est sans aucun doute un autre voyage qui commence, loin et très proche à la fois». Cette deuxième année représente le départ d’une autre expédition à part entière.


« Le premier point qui me vient à l’esprit c’est que pour cette deuxième année nous allons beaucoup naviguer. Le parcours du Cap d’où nous venons de partir jusqu’à Auckland en Nouvelle-Zélande est considérable.

Il y aura donc un autre tempo de vie à bord, très différent de la première année où nous avons enchainé les escales. Oliver Marien, le capitaine qui prend le commandement pour ce début de deuxième année devra savoir jongler encore plus avec le vent et des mers difficiles, en satisfaisant les objectifs scientifiques ».

« Ensuite il y a ce retour en Antarctique, à la fin de cette année. Tara va retrouver en quelque sorte sa maison. Le bateau connaît presque le chemin. Il y a été avec Jean-Louis  Etienne, puis avec Sir Peter Blake, et il y retourne aujourd’hui encore en tant que Tara. On retrouve de manière générale la grande nature, la grande houle du Sud, et les grands espaces sauvages, ou ce bateau révèle toute sa valeur entouré d’une nature originelle ».

Côté scientifique, cette deuxième année vous en attendez quoi ?

Avec Tara Oceans, nous avons à faire à une science de haut vol. Et comme pour la première année nous partons encore d’une page blanche, de zéro. C’est ce qui est passionnant. En ce qui me concerne, j’attends beaucoup des perspectives qu’un tel chantier laisse espérer. On est en train de remettre en question beaucoup de choses, et en premier lieu de comprendre avec ce grand voyage à quel point la vie sur terre dépend de la biodiversité ».

Nous venons de quitter le Cap et les membres de cette expédition itinérante ont encore fait des rencontres intéressantes, c’est une autre dimension que celle de l’expédition en Arctique par exemple ?

« Ces deux expéditions n’ont pas grand chose en commun, mais celle-ci par cette circumnavigation sur trois ans, s’inscrit encore plus dans l’universalité. Notre projet n’a plus de frontières. Chaque escale est riche en rencontres multiples, nous travaillons vraiment sur et pour la planète dans son ensemble et où que nous allions, le projet fait tilt  dans l’esprit des gens. Cette deuxième année c’est donc la possibilité de continuer à aller vers les autres, à la rencontre d’autres pays, d’autres cultures. Et à chaque fois nous avons à apprendre d’eux. C’est un bateau imposant, mais  en même temps on ne le regarde pas de loin, il invite à l’échange».

C’est une période difficile financièrement pour ce type de projets. On a vu d’autres expéditions jeter l’éponge récemment. L’avenir de celle-ci est-il assuré ?

Depuis que je me suis lancé dans la direction de ce type d’aventures, je suis habitué à ce genre de situation où on vit au jour le jour. Une navigation à vue. Bien sur que l’argent c’est à un moment le nerf de la guerre, mais je reste résolument optimiste. Le soutien de nos partenaires est primordial : la Fondation Veolia, FRB, la Région Bretagne, agnès b, la Fondation EDF et World Courier. Et puis il y a tellement de femmes et d’hommes passionnés qui travaillent pour Tara Oceans, nous n’imaginons pas que ça s’arrête.

A la fin de cette deuxième année le dernier port sera Auckland en Nouvelle-Zélande, les liens entre Tara et ce pays sont forts ?

Ce sera un moment fort de cette nouvelle année. Il faut savoir que là-bas Tara c’est avant tout encore Seamaster. Son nom à l’époque ou il appartenait encore à ce grand marin Sir Peter Blake.  L’idée c’est de partager tout ce parcours accompli depuis avec les kiwis. Je suis très attaché à ce pays, c’est par lui que j’ai connu Tara ».

Propos recueillis par Vincent Hilaire

L'Equipe

  • Eric Karsenti
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Calendrier Evénements

05/09/2010

Le programme de la deuxième année

05/09/2010

South Africa, Cape Town, 05/09
UK , Ascencion, 03/10
Brasil, Rio de Janeiro, 22/10
Argentina, Buenos Aires, 15/11
Argentina, Ushuaia, 17/12
Antarctica, King George Island            04/01
Argentina, Ushuaia, 29/01
Chile, Puerto Montt,17/02
Chile, Valparaiso, 27/02
Chile, Easter Island, 27/03
Equateur, Guayaquil, 23/04
Galapagos, San Cristobal, 04/05
France, Clipperton, 04/06
Marquesas, Ua Pou, 01/07
France,  Papeete, 02/08 to 10/08
New Zealand, Auckland, 03/09

30/08/2010

Une borne interactive Tara à la Cité de la Voile à Lorient

30/08/2010

Tara, parti du ponton d'honneur de la Cité de la Voile Eric Tabarly, en septembre 2009, la Cité a souhaité s'associer à l'expédition en vous invitant à la suivre en direct.
Au moyen d'une borne interactive située dans le hall de la Cité de la Voile Éric Tabarly jusqu'à la fin de l'expédition.

01/07/2010

Exposition Tara Oceans au coeur de la ville de Lorient à la Thalassa

01/07/2010

A partir du 1er juillet 2010 jusqu’à décembre 2010. Deux grands thèmes sont notamment abordés : le voilier Tara et la science à bord.
Le navire La Thalassa vous propose également une visite en plusieurs temps, sur le bateau ou à quai. Vie à bord, pêche et océanographie sont les thèmes présentés !

10/05/2010

Tara, membre du Club des Explorateurs dans le cadre du Grenelle de la mer

10/05/2010

Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a annoncé lundi la création, dans le cadre du Grenelle de la mer, d'un "Club des explorateurs", qui se
traduit par le parrainage d'expéditions maritimes à vocations à la fois scientifique et pédagogique.

"On a des navigateurs invraisemblables, des explorateurs inouïs (...). On crée un club des explorateurs pour leur donner un coup de main public", a déclaré M. Borloo lors du lancement de cette initiative.
Parmi les quatre projets déjà labellisés figure celui de la goélette océanographique Tara.

Source AFP
 Copyright : G. CROSSAY/MEEDDAT

23/03/2010

Venez suivre l’expédition en temps réel à la Cité des sciences

23/03/2010

Venez découvrir gratuitement l’espace Tara Oceans dans le Hall de la Cité des Sciences à Paris, à partir du 23 mars et jusqu'à octobre 2010!

Son but : présenter de façon ludique l’expédition Tara Oceans et partager des connaissances scientifiques sur la faune microscopique qui peuple les océans du globe. (Rappelons que la vie marine contribue pour moitié à la production d’oxygène de notre planète!)

L’exposition est répartie en trois grands thèmes:
- Tara, un voilier de recherche
- L'expédition, le parcours, Tara en temps réel
- La science à bord

Accès gratuit
Cité des Sciences et de l'Industrie - 30, avenue Corentin-Cariou - 75019 Paris.
Métro : Porte de la Vilette / Cité des sciences
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 18h, dimanche de 10h à 19h, fermé le lundi.

24/02/2010

Parution du nouveau Journal Tara Oceans !

24/02/2010

Le nouveau Journal Tara Oceans est en ligne sur le lien suivant : Cliquez ici pour télécharger le Journal Tara Oceans N°6

09/02/2010

Le site Tara Junior est en ligne ! www.tarajunior.org

09/02/2010


Apprendre au rythme de l’expédition

Le site www.tarajunior.org s’adresse aux professeurs en mettant à leur disposition de nombreux supports pédagogiques (fiches pédagogiques, photos, vidéos, liens...) et en leur proposant la mise en place d’animations pour leurs classes.


Le Club Tara Junior pour les explorateurs en herbe

Le site s’adresse également directement aux enfants à travers le Club Tara Junior en leur proposant des newsletters, des expériences, des interviews, des jeux & concours interactifs.

www.tarajunior.org

01/02/2010

Tara Oceans labellisé projet de l'Année Internationale de la Biodiversité

01/02/2010

L’Organisation des Nations Unies a proclamé 2010, Année Internationale de la Biodiversité pour alerter l’opinion publique sur l’état et les conséquences du déclin de la biodiversité dans le monde.

Face aux menaces qui pèsent sur elle (urbanisation croissante, pratiques agricoles, déforestation, pollutions...), la conservation de la diversité biologique est devenue une préoccupation mondiale.

Tara Oceans est labellisé projet de l'Année Internationale pour la Biodiversité.

01/09/2009

AFP, partenaire de Tara Oceans

01/09/2009

L'Agence France-Presse a décidé d'apporter son soutien à l'expédition scientifique internationale Tara-Oceans.
"La cause est ici universelle et l'aventure singulière", affirme Pierre Louette, le PDG de l'agence dans un communiqué. "Il s'agit de donner à voir au plus grand nombre ce dont nos océans souffrent, ce qui les rend pourtant encore si riches, aussi, et de diffuser un message de conscience environnementale", ajoute M. Louette.
"En contribuant par ses informations diffusées dans le monde entier à la science et la prise de conscience, l'Agence est fidèle à ses missions", conclut-il.