journal de bord - Echos du bord
Echos du bord
Pêche en eaux claires
Ils s’en passent des choses au large du Brésil ! Depuis Rio, nous avons à bord une championne de pêche toute catégorie. Deux lignes de traîne déroulées, deux prises et pas n’importe lesquelles : deux magnifiques daurades coryphènes.
Depuis Cape Town, la pêche est de toute façon une histoire de femmes à bord. Sarah Searson avait déjà inscrit son nom dans l’histoire de l’expédition avec plusieurs calamars en deux pêches, et là Julie Poulain monte pour l’instant sur la plus haute marche du podium.
Sa technique est simple : une ligne d’environ quatre vingt mètres. Au bout de celle-ci deux leurres aux formes de petits calamars. Un rose, l’autre doré. Mais son secret se trouve peut-être aussi dans sa manière de s’habiller avec toujours ces bottes en plastique blanche, c’est la seule à en porter, et la seule à pêcher !
Et puis Julie entretient toujours le même rituel dans la mise à l’eau. Nous essayons de percer le mystère, mais elle pêche souvent quand personne n’est là !
En tous cas le concours de pêche n’est pas terminé ! A moins que Julie n’enfonce le clou avec une troisième prise, ce serait la fin des maigres espoirs entretenus par ses plus proches poursuivants.
Le buffet français
Pour ce leg Rio-Buenos Aires, s’il est une chose qui rassemble cet équipage très international, c’est bien le buffet à la française de Marion Lauters, notre cuisinière. Le buffet comme le diner d’ailleurs.
Quand l’heure du repas approche, surtout en station longue, certains occupent même les places de la petite table à l’entrée du carré, en embuscade, pour pouvoir investir le buffet dès que la cloche a retenti.
Là, carottes, guacamole, daurades coryphènes marinées (on ne fait pas que les pêcher !) riz, salades diverses et variées, quiches, tartes, salades de fruits subissent des attaques en règle.
La nourriture unit les hommes c’est une certitude. Au moment des repas, brésiliens, américains, anglais, néo-zélandais, « bretons » et français communient en partageant les mêmes plaisirs. C’est comme pour la musique, un seul langage universel. Merci Marion pour tous ces concerts culinaires, tu ne mesureras jamais assez l’importance de ton rôle !
Céline et Hubert jettent un froid !
Touche pas à l’azote liquide ! Quand Céline Dimier-Hugueney et Hubert Gautier transvasent de l’azote liquide, ça ne plaisante plus. Ce gaz qui est stable à -196 °C, est un outil très efficace pour conserver les échantillons d’ADN et d’ARN par exemple, tout ce qui concerne la génomique.
Mais il faut beaucoup de précaution pour le manipuler, des chaussures de sécurité, des gants et des masques de protection du visage. Je ne vous conseille pas de jouer à ça chez vous, imaginez les brûlures occasionnées par ce froid.
Conservé dans des containers spéciaux ce gaz permettra de neutraliser les enzymes qui pourraient dégrader l’ADN avant séquençage. L’ADN est la carte d’identité de chaque être vivant sur cette Terre, et sur Tara nous travaillons notamment pour découvrir de nouvelles séquences.
Vincent Hilaire