• Tara, un voilier pour la planète

    • agnès b

D’une escale à l’autre

Tara a quitté ce mardi matin la marina de Beyrouth après une semaine passée à la rencontre de l’hospitalité libanaise. Si nous devions par la suite nous diriger plein sud, vers Israël, la situation sur place nous contraint à changer nos plans.

C’est les bras chargés de cadeaux et des souvenirs plein la tête que l’équipage de Tara a quitté la petite marina de Zaitouna Bay, dans la capitale libanaise. La foule immense et encore anonyme qui nous avait accueilli il y a une semaine, lors de notre arrivée, s’est transformée pour notre départ en petit comité, mais avec des têtes cette fois bien connues : partenaires locaux ou beyrouthins rencontrés au hasard d’une balade, tous furent des ambassadeurs de marque de l’hospitalité libanaise. C’est donc après une escale riche en rencontres de toutes sortes que nous avons quitté avec regret le pays des cèdres, direction plein ouest, vers Chypre. 

La petite île n’était pourtant pas prévue au programme initial des escales de la goélette. Nous devions au départ passer une semaine à l’heure israélienne, avec deux escales dans les villes de Haïfa et Tel Aviv… Avant que la situation politique du pays ne vienne changer nos plans. « Ces escales avaient pour vocation d’accueillir à bord de Tara de jeunes étudiants en science arabo-israéliens, palestiniens et israéliens, rappelle Romain Troublé, le secrétaire général de Tara Expéditions. Dans le contexte et son évolution depuis début juillet, les conditions à la fois d’accueil de ces étudiants et de sécurité pour le bateau et son équipage n’étant plus réunies,  le Président Etienne Bourgois, le directeur scientifique de la mission et moi-même avons décidé d’annuler cette visite ».

Si Tara était déjà passé par le Liban en 2009, lors de l’expédition Tara Oceans, Israël ne faisait pas encore partie de la longue liste des pays traversés par la goélette. Autant dire que la décision d’annuler cette escale prévue de longue date n’a pas été prise à la légère, l’équipe de Tara à terre étant restée dans l’attente jusqu’au dernier moment. « Nous avons souhaité connaitre l’évolution du conflit avec l’espoir d’un retour au calme rapide, explique Romain Troublé. Dès la mi-juillet, il était de plus en plus clair que nous aurions des difficultés à faire escale et faire venir la centaine d’étudiants prévue à bord en toute sécurité, si bien que le 1er août nous avons pris la décision d’annuler et de faire une escale à Chypre ».

C’est donc cap à l’ouest que nous voguons maintenant dans les eaux libanaises, avec quatre journées de mer bien remplies par un programme scientifique chargé, malgré une équipe réduite. Anthony Ouba et Juliette Maury ayant quitté le pont à Beyrouth, seul Christian Sardet, spécialiste du plancton et coutumier de la goélette, vient épauler Amanda Elineau, chef scientifique jusqu’à Malte, pour les prélèvements de microplastiques. Du coté des marins, c’est Nils Haëntjens, « stagiaire polyvalent », qui viendra prêter main forte à l’équipe pour tout ce qui concerne l’informatique, l’électricité, l’électronique, et bien d’autres domaines… En attendant encore de nouveaux venus dans quatre jours à Larnaca, notre prochaine escale, à Chypre donc.

 

Yann Chavance

Escale à Beyrouth : à la découverte de la capitale libanaise

Lors de l’escale de Tara à Beyrouth, Anthony Ouba, doctorant libanais venant de débarquer de la goélette, fait visiter sa capitale à une partie de l’équipage, l’occasion d’en apprendre plus sur l’histoire riche de la ville et du pays, entre blessures de la guerre et reconstructions modernes.

©Y.Chavance/Tara Expéditions

Tara rencontre le CNRS Libanais

Pour cette expédition en Méditerranée, chaque nouvelle escale est l’occasion pour l’équipe scientifique de Tara d’échanger avec leurs homologues locaux, comme ici à Beyrouth avec le CNRS Libanais. Un partage de connaissances pour une mise en commun des efforts de préservation de notre mer Méditerranée ou Mare Nostrum.

Après avoir participé à une table ronde sur la pollution marine réunissant ONG locales et acteurs politiques ou scientifiques libanais, nos rencontres beyrouthines se sont poursuivies par une réunion de plusieurs heures dans les locaux du Conseil National de la Recherche Scientifique (CNRS) Libanais, une structure de recherche qui a fêté il y a peu ses cinquante ans d’existence. L’équipe scientifique de Tara accompagnée de Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions, a ainsi pu rencontrer une dizaine de chercheurs du Centre National des Sciences Marines, l’une des quatre branches du CNRS Libanais.

« Nous voulions avoir un échange constructif entre nos scientifiques et l’équipe de Tara, pour à la fois présenter nos travaux respectifs et trouver des pistes de collaborations futures » explique Gaby Khalaf, le directeur de ce centre.

Cette réunion commença donc par une présentation des recherches menées par la structure libanaise, et notamment les travaux des doctorants présents lors de cette réunion. Si les sujets étaient variés, du suivi des mammifères marins à l’étude de l’acidification en Méditerranée, ces travaux avaient comme point commun d’avoir été menés en partie en France, que cela soit à l’Université de Perpignan ou à l’Observatoire Océanologique de Villefranche-sur-Mer. « C’est une codirection franco-libanaise, reprend Gaby Khalaf. Les doctorants travaillent essentiellement au Liban mais font des visites régulières en France, où ils sont d’ailleurs inscrits. Depuis dix ans, une vingtaine de nos doctorants ont ainsi pu travailler en France ».

Après les doctorants du CNRS Libanais, l’équipe scientifique de Tara a pu prendre le relais en présentant brièvement le bateau, ses différentes missions de recherche, puis les protocoles de prélèvement de microplastiques en Méditerranée. Enfin, les chercheurs libanais ont découvert avec intérêt les premiers résultats des prélèvements effectués en 2009 dans les eaux libanaises, au début de l’expédition Tara Oceans. « A l’époque, nous venions d’avoir notre propre bateau de recherche, c’était donc très important pour nous de visiter Tara, pour voir les équipements et discuter avec les scientifiques, se souvient le directeur du Centre National des Sciences Marines. Aujourd’hui, c’est tout aussi intéressant de voir finalement ce que Tara a prélevé en 2009 au large du Liban ».

Après cet échange sur les travaux respectifs de chacun, ces quelques heures de réunion se sont soldées par des discussions bien moins formelles, allant des techniques de prélèvement de plancton, aux espèces marines invasives au Liban. L’occasion également pour tous d’envisager de nouvelles pistes d’entraide entre les deux équipes. Si le CNRS Libanais, très intéressé par la pollution de microplastiques, devrait ainsi vite recevoir les plans de notre filet Manta ; de notre coté, nous embarquerons lundi trois bouées dérivantes à bord de Tara, que nous larguerons peu après notre départ de Beyrouth. Un petit service, face à l’accueil aussi enthousiaste que chaleureux que nous recevons depuis notre arrivée dans la capitale libanaise.

Yann Chavance

L’accueil chaleureux de Beyrouth

Ce mardi 5 août 2014, Tara est arrivé à son escale la plus à l’Est de son parcours méditerranéen : Beyrouth. Notre entrée dans la marina de la capitale libanaise s’est faite en grandes pompes, sous les yeux de la presse locale et internationale.

Après deux jours passés dans les eaux de Chypre, sans possibilité de prélever des échantillons, l’équipe scientifique à bord avait profité de l’arrivée dans les eaux libanaises pour effectuer deux stations longues de prélèvement. C’est donc après une courte nuit que l’équipage arriva ce mardi en vue des premiers buildings de la capitale libanaise. Peu avant 18 heures, les premiers bateaux commençaient à rejoindre la goélette pour se transformer en véritable escorte, arborant bien entendu les couleurs du Liban, jusqu’à la Marina de Beyrouth.

A peine les amarres fixées sur le quai qui nous accueillera toute la semaine, nous étions déjà assaillis par la chaleur humaine libanaise. Dès les premiers pieds posés à terre, c’est d’abord par un collier de fleur, accroché au cou de chaque membre d’équipage, que nous fûmes accueillis, tandis que les « Bienvenue au Liban » fusaient de toute part. Puis, c’est un flot continu de journalistes qui se déversa sur le pont, accaparant tour à tour marins et scientifiques.

Chaînes de télévision, magazines, journaux ou agences de presse, qu’ils soient libanais (comme TV Liban) ou internationaux (Reuters, par exemple), les médias étaient présents en nombre sur le pont. Pour ajouter au joyeux brouhaha qui couvrit le pont durant une bonne heure, nous pûmes inviter également à bord nos contacts locaux, comme le groupe Solidere qui organisa notre accueil, nos homologues scientifiques, comme le CNRS libanais, ou encore des ONG locales, telle l’Association Big Blue, qui lutte depuis 25 ans contre la pollution du littoral.

Une fois le pont vidé de ses invités, l’équipage put se remettre de cet accueil chaleureux au cocktail organisé en notre honneur dans la salle d’exposition retraçant les aventures scientifiques de Tara. Une pause bienvenue avant d’entamer le long programme de cette semaine, entre échanges avec les structures scientifiques et institutionnelles locales, et visites de scolaires ou du grand public – plusieurs centaines de personnes tout de même sont attendues sur le pont durant ces sept jours d’escale. Une semaine à l’heure libanaise, avant d’entamer le chemin du retour, plein ouest, pour boucler d’ici la fin de l’année ces sept mois de prélèvements en Méditerranée.

 

Yann Chavance

 

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Frontières invisibles

Si l’emplacement des stations de prélèvement répond à des exigences scientifiques, il dépend aussi de contraintes législatives : chaque pays possède au large de ses côtes une Zone Economique Exclusive. Pour que Tara puisse effectuer des prélèvements dans ces eaux, nous devons obtenir une autorisation, qui arrive parfois au dernier moment.

© Yann Chavance/Tara Expéditions

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Si Tara était…

Après avoir interviewé des dizaines de personnes à bord de la goélette, je suis passé du coté de l’interviewé, sous la forme d’un petit exercice d’imagination : et si Tara était autre chose qu’un bateau ? Si Tara était…

… un animal ?

Tara serait incontestablement une baleine. La baleine. Un surnom que le voilier porte depuis 25 ans, lorsqu’il s’appelait encore Antarctica, de par sa forme massive, ses flancs arrondis, sa couleur grise usée par les chocs… Et comme le cétacé, si la goélette paraît ventrue et pataude une fois en cale sèche, à terre, elle sait faire preuve d’une élégance majestueuse dès qu’elle lutte contre les éléments en pleine mer. L’une des raisons pour laquelle les Jonas rêvant d’être engloutis par Tara sont aussi nombreux.

… une couleur ?

Depuis dix ans, Tara s’écrit en lettres oranges, comme une signature. Orange, le nez de la goélette, contrastant avec le gris de sa coque. Orange aussi, les extrémités de ses deux mâts, souvent la première vision que l’on a du bateau lorsqu’on le cherche dans un nouveau port. Que Tara soit amarrée sous les tropiques ou sous la neige, ces deux tâches de couleur sont les seuls points communs à tous les paysages traversés par la goélette.

… une équipe ?

agnès b. et son fils, Etienne Bourgois, les initiateurs du projet Tara Expéditions. Même si ceux-ci ne naviguent finalement que rarement sur Tara, préférant laisser leur place aux scientifiques, marins et artistes en résidence, l’esprit qu’ils ont su insuffler au bateau flotte en permanence à bord. Quel que soit l’équipage, il y a véritablement une « ambiance Tara », savant mélange de sciences, d’arts et de goût pour l’aventure.

… un film ?

« Autant en emporte le vent ». Dans ce film, Tara n’est pas un bateau mais le nom d’une maison, la maison où l’on revient toujours, irrésistiblement. Un nom donné il y a déjà plusieurs décennies par le père d’agnès b., Ado Troublé, à son premier petit bateau. La goélette scientifique sera le cinquième Tara du nom, faisant perdurer la tradition familiale. Un bateau sur lequel on revient toujours, irrésistiblement…

… un son ?

Agaçant pour certains, apaisant pour les autres, tous ceux qui ont passé quelques jours en mer sur Tara connaissent ce son, celui de la pompe hydraulique de barre. Une fois les voiles levées, lorsque l’on coupe les moteurs et que l’on pense pouvoir enfin profiter du silence et du bruit des vagues, on prend conscience de ce dernier petit bruit mécanique qui perdure, un ronronnement régulier ponctuant chaque vague, comme la respiration du voilier.

… une qualité ?

La passion. Sûrement le point commun principal réunissant les centaines de personnes ayant déjà navigué à bord de Tara, pourtant d’âges, de parcours, d’origines, de nationalités différents. Que l’on soit marin, scientifique, journaliste ou artiste, séjourner sur Tara n’est jamais « juste un travail », c’est une chance qui se savoure. Le travail, justement, se fait donc toujours avec passion, par des gens passionnés.

… un pays ?

Répondre « la France » serait trop simple. Certes, une grande partie de l’équipage est français ; oui, le port d’attache de Tara est Lorient, en Bretagne. Mais depuis dix ans, la goélette a déjà traversé près de 40 pays et a accueilli sur son pont tout autant de nationalités. En mer, les frontières deviennent alors encore plus abstraites : Tara est avant tout à l’Océan, un pays mondial sans couleurs ni drapeaux.

… juste un bateau ?

Tara, c’est un peu tout ça. Des sons, des couleurs, une ambiance… Un projet protéiforme, des résultats scientifiques à l’envergure internationale, une aventure maritime, une histoire humaine portée par des gens passionnés, un rêve un peu fou qui dure pourtant depuis dix ans. Pour tous ceux qui le connaissent, Tara est sans conteste bien plus qu’un simple bateau.

Yann Chavance

Direction le Liban

Depuis notre départ en début de semaine de Mykonos, dans l’archipel grec des Cyclades, nous ne sommes plus que dix à bord de Tara pour continuer notre route vers le Liban. Une étape en petit comité qui change grandement l’ambiance sur la goélette.

Nous étions 15 à Cala Gonone, en Sardaigne, puis 14 à Vlora, en Albanie, et enfin 12 après Zakynthos, en Grèce. Le décompte semble ainsi se poursuivre après la rotation d’équipage qui a eu lieu lors de notre dernière escale à Mykonos : nous ne sommes aujourd’hui plus que dix taranautes, dont cinq marins. Le malouin Martin Hertau, qui prendra le poste de capitaine dans un mois, a pris pour l’instant possession de la salle des machines, l’ancien poste de Rodolphe Gaudin, qui devient pour sa part second-capitaine. Samuel Audrain, capitaine, Marion Lauters, cuisinière, et François Aurat, chef de pont, continuent quant à eux leur périple commencé il y a déjà plusieurs semaines.

Du coté des scientifiques, le libanais Anthony Ouba a rejoint Amanda Elineau et Juliette Maury, qui multiplient les stations de prélèvements depuis maintenant un mois. La présence à bord de ce doctorant libanais, travaillant à l’Observatoire Océanographique de Villefranche-sur-Mer, nous permettra, en plus de profiter de deux bras supplémentaires lors des stations, de pouvoir échantillonner dans les eaux libanaises, de par sa nationalité. Enfin, du coté des artistes en résidence, c’est Emmanuel Régent, peintre et dessinateur, qui proposera sa vision d’artiste de notre périple méditerranéen.

Comme toujours avec une équipe réduite, Tara change de visage, d’ambiance. Plus détendu, moins tumultueux. Dans le grand carré climatisé, on ne se bouscule plus pour avoir une place pour travailler, discuter, planifier une station. A table, chacun a les coudées franches pour échanger avec son voisin, les discussions se faisant alors plus personnelles. Si les équipes chargées des tâches ménagères ont dû être adaptées (la cuisinière, normalement épargnée au vu du travail titanesque qu’elle effectue déjà, a dû rejoindre une des cinq équipes), chacun participe volontiers aux tâches de son voisin. La famille Tara se réduit, elle en devient plus solidaire.
Revers de la médaille, les « non-marins » n’auront plus de répit la nuit, pour les quarts de surveillance. Nous nous relayerons donc quasiment chaque nuit, toutes les trois heures, pour seconder le marin de quart dans sa veille nocturne. L’occasion, une fois de plus, de mieux connaître ses voisins de cabine. C’est donc dans cette ambiance plus intimiste que se succéderont les prochaines stations de prélèvement de cette semaine. Une semaine, c’est le temps dont nous disposons pour rallier Beyrouth, notre prochaine escale. C’est aussi le temps que nous passerons dans la capitale libanaise.

Yann Chavance

 

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S.A.S le Prince Albert II de Monaco à bord de Tara

Dimanche 27 juillet 2014, la venue du Prince Albert II de Monaco a marqué le soutien de Sa Fondation à la mission de Tara

 

Le 27 juillet 2014, à l’occasion d’une escale de la goélette Tara dans les Cyclades (Grèce), Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions, et l’équipage de la goélette ont eu l’honneur d’accueillir Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco et Sa délégation pendant quelques heures. La Fondation Albert II de Monaco, qui soutient les missions de Tara depuis 2006, est l’un des principaux partenaires de l’expédition Tara Méditerranée.

Cette visite a permis à S.A.S le Prince Albert II de prendre la mesure des enjeux des expéditions scientifiques de Tara, en touchant du doigt concrètement le travail accompli depuis des années avec les laboratoires et les instituts impliqués dans ses missions. S.A.S. le Prince Souverain a déclaré « Je suis extrêmement content d’être à bord. Je n’avais vu le bateau qu’à quai, sans jamais vraiment naviguer dessus, donc c’est pour moi une satisfaction de partager au moins quelques heures avec l’équipage de Tara. Je crois que c’est en ayant la possibilité de pouvoir échanger avec eux que l’on peut aussi envisager d’autres idées et d’autres aventures ».

S.A.S le Prince Albert II de Monaco a ainsi pu découvrir le bateau en conditions d’expédition. L’occasion pour le Prince de rappeler l’intérêt porté à cette expédition Tara Méditerranée : « Cette campagne que mène Tara, cette étude de la pollution par les matières plastiques, c’est aussi une façon d’alerter, de faire comprendre à tous nos contemporains que la situation est grave. Je crois que Tara est vraiment un exemple. C’est une belle aventure, environnementale bien sur, marine bien entendu, mais avant tout humaine».

La venue de S.A.S le Prince Albert II de Monaco à bord de Tara souligne l’engagement de sa Fondation pour la protection les océans et son soutien à la mission Tara Méditerranée. Cette expédition comporte un volet scientifique destiné à mieux comprendre les impacts du plastique sur l’écosystème méditerranéen et un volet de sensibilisation aux nombreux enjeux liés à la Méditerranée, volet qui promeut notamment les efforts de développement des Aires Marines protégées (AMP).

« Cette journée entière passée à bord avec S.A.S le Prince Albert II de Monaco et l’équipe de Sa Fondation a permis de soutenir le lancement du projet de l’AMP de Gyaros et de renforcer les liens avec S.A.S le Prince Albert II de Monaco qui depuis plus de 7 ans soutient et encourage Tara dans sa quête de connaissance pour la recherche. » précise Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions.

Des membres d’associations impliquées dans un important programme de préservation du phoque moine sur l’île de Gyaros étaient aussi présents lors de cette journée. Pour S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, le programme de préservation mené par Sa Fondation et ces partenaires locaux autour de cette espèce sensible est capital. « Il était important d’essayer de sauvegarder un des derniers habitats importants du phoque moine, sur l’île de Gyaros et sur d’autres îles aux alentours, souligne-t-il. Nous sommes très heureux, avec ma fondation, d’être partenaire de ce programme qui, je pense, pourra non seulement mieux protéger le phoque moine et son habitat, mais aussi la faune et la flore de ces écosystèmes extrêmement fragiles ».

Des actions de conservation et des études scientifiques qui s’accompagnent d’une volonté de travailler avec les partenaires locaux. « Des projets comme ceux-ci ne marchent que si tout le monde se sent concerné, quand tout le monde s’assoit autour d’une même table, explique le Prince. Il faut pouvoir travailler avec la population locale, avec les pécheurs notamment, pour montrer que c’est dans leur intérêt aussi, sur le long terme, que les phoques moines et les pécheurs puissent cohabiter».

 

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VIDÉO – TARA TRAVERSE LE CANAL DE CORINTHE

Mercredi 23 juillet 2014, Tara a passé le canal de Corinthe qui sépare le Péloponnèse du reste de la Grèce. Ce raccourci nous a permis de rejoindre les Cyclades sans devoir faire le tour du Péloponnèse. Le canal, long de six kilomètres pour une vingtaine de mètres de large seulement, est surplombé d’impressionnantes falaises hautes de 50 mètres.

L’expédition Tara Méditerranée est désormais en route vers Mykonos.
©Y. Chavance/Tara Expéditions

Une escale imprévue

Ce mardi 22 juillet, Tara s’est détourné pour quelques heures de sa route.

Un bref arrêt à Patras, une ville portuaire grecque au nord du Péloponnèse, pour récupérer un colis inattendu.

Quelques heures après notre départ de Zakynthos, l’île aux tortues marines, Tara s’est arrêté pour quelques heures dans le port de Patras. Un détour minime, alors que notre route initiale devait justement longer la côte du Péloponnèse pour s’enfoncer dans le canal de Corinthe, afin de continuer notre route dans les Cyclades, à l’Est de la Grèce. La raison de cette brève escale : une bouée océanographique à récupérer à bord.

L’histoire de cette bouée commence en février dernier, alors qu’elle est larguée en mer au large de la Grèce par une équipe CNRS de l’Observatoire Océanographique de Villefranche-sur-mer, à l’occasion d’un programme coordonné par la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO (COI). Une bouée dérivante, collectant en continu une multitude de données en tous genres (température, salinité, densité, etc.), comme il en existe plus de 3 000 dans le monde. Ces bouées sont conçues pour se laisser porter par les courants et transmettre en permanence leurs précieuses informations – et leur position – par satellite.

Mais il y a quelques semaines, l’équipe française se rend compte que la bouée s’approche dangereusement des côtes du Péloponnèse, menaçant de s’écraser sur les rochers. Décision est alors prise d’envoyer deux scientifiques de l’observatoire, direction la Grèce, pour récupérer le précieux instrument. Ce dernier s’en sortira ainsi avec seulement quelques égratignures et sera emmené plus au Nord, à Patras, où elle sera déposée à l’Université de la ville en attendant le passage de Tara.

Si cette fameuse bouée se trouve ainsi maintenant dans la cale avant de la goélette, cette escale imprévue fut également mise à profit par tout l’équipage. Coté cuisine, un nouvel arrêt à terre est toujours l’occasion de se ravitailler en produits frais. Coté science, c’est une bombonne d’azote liquide, utilisé pour conserver les échantillons, qui nous attendait sur le port. Enfin, l’équipe scientifique a profité de ces quelques heures à terre pour envoyer aux différents laboratoires impliqués dans cette expédition tous les précieux échantillons prélevés ces derniers mois à bord de Tara. Quant à la bouée océanographique, nous la remettrons nous-mêmes en mer d’ici quelques jours, en sortant des eaux grecques.

Yann Chavance