Au Portugal, Tara fait des émules | Tara, un voilier pour la planète

Au Portugal, Tara fait des émules

© N.Pansiot/Tara Expéditions

18 novembre 2014

Tara était fermement attendu à Peniche, au Portugal, pour une ultime escale le week end dernier avant son retour à Lorient. Un arrêt de deux jours destiné notamment à soutenir une initiative novatrice pour le Portugal, dans l’esprit de Tara : le projet David Melgueiro*, du nom d’un navigateur portugais du XVIIème siècle.

José Mesquita, qui recevait Tara au port de Peniche, en est l’instigateur. Il souhaite construire un navire océanographique de 28 mètres à l’échéance de fin 2015, pour réaliser une circumnavigation polaire.

Cette expédition sera la réédition du voyage du navigateur portugais David Melgueiro et ralliera le Portugal à la ville de Kagoshima au Japon, en passant par le Passage du Nord-Est à l’aller, et le Passage du Nord-Ouest au retour.

Les échéances sont de commencer à construire le navire en février 2015 jusqu’à fin 2015 et un départ en expédition Arctique en avril-mai 2016.

Quel est l’objectif de ce projet ?

Pour la première fois au Portugal, il s’agit de construire un navire d’expédition à voile qui puisse être le moins cher possible dans sa construction, par les matériaux choisis et le plus petit possible, et qui en même temps soit suffisamment grand pour pouvoir loger 7 scientifiques à bord et 5 membres d’équipage pour aller de l’Arctique à l’Antarctique.

Aujourd’hui, le Portugal possède un seul navire de recherche d’Etat : le Norweig, un navire qui a été offert par la Norvège au pays en 1978, sur lequel j’ai été le premier Second et le deuxième Capitaine. Il s’agit d’un chalutier qui travaillait aussi sur la gestion des stocks de poissons.

Ici, au Portugal, on développe des projets si Bruxelles les finance sinon, on ne fait rien. C’est un cercle vicieux. Le projet David Melgueiro souhaite, pour la première fois, construire un navire à l’aide de capitaux civils, puis essayer de mettre ce navire au service des Universités et de la science nationale et internationale, à des coups d’exploitation très bas, 10 fois moins cher qu’un navire classique, mais en réalisant 70% des travaux d’océanographie qu’un grand navire peut faire.

Vous avez sollicité Tara pour qu’elle fasse escale à Peniche. Pourquoi était-ce important pour votre projet ?

Parce que la première expédition que nous allons faire sera le tour de l’Arctique, comme l’a fait Tara en 2013. D’autre part les objectifs globaux du projet David Melgueiro collent aux objectifs de Tara. Votre bateau est un grand frère et nous sommes un bébé en gestation. Lorsque j’ai commencé à imaginer ce projet, je n’ai pas pensé à Tara. J’ai été inspiré par le fait d’avoir travaillé à la Commission Européenne de Bruxelles pendant 23 ans, pour la préservation des ressources, les plans de récupération du thon, les pêcheries de Terre-Neuve, de la Baltique etc. Donc recevoir Tara à Peniche, c’était pouvoir montrer aux gens, à la ville, mais aussi au reste du pays parce que les télévisions étaient là, que ma vision du projet David Melgueiro n’est pas à côté de la plaque, que c’est une vision réelle. Ce projet n’est autre qu’un petit Tara, qui va, je l’espère, donner la main à Tara.

Pour cette première mission, nous avons l’intention d’embaucher un équipage portugais pour des raisons patriotiques. Les Portugais ont le moral au plus bas et pouvoir mettre dans ce projet la technologie portugaise, intégrer un équipage local sera une sorte de ballon d’oxygène, redorera l’orgueil national. En ce qui concerne les scientifiques, notre porte est ouverte aux partenariats internationaux, avec bien entendu les pays de l’Arctique. Nous souhaitons qu’il puisse y avoir un échange d’expériences et de connaissances à l’international.

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

David Malgueiro* : un récit portugais raconte que le navigateur David Malgueiro effectua un voyage à bord du galion Hollandais « Padre Eterno », entre 1660 et 1662, à travers le passage du Nord-Est. Il débuta son périple au Japon, passa par le détroit de Béring, pour terminer son aventure aux Pays-Bas.

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