De retour à Lorient

© L.Godiveau/Tara Expéditions

15 janvier 2016

Après avoir quitté Paris à la fin de la COP21 et descendu la Seine, Tara arrivait au Havre le soir du 29 décembre. Dès le lendemain, les mâts délicatement déposés sur le quai ont été révisés, nettoyés, repeints et inspectés par l’équipage pendant une semaine afin de redonner fière allure à Tara.

 

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S’en sont suivis 2 jours de travail dans le gréement pour tendre les haubans et reconnecter les instruments de navigation. Le chantier est réalisé sous l’œil attentif de Samuel Audrain, Capitaine. Mais à la spectaculaire manipulation de remâtage vient se mêler le vent, rendant complexe l’opération de grutage. « On se croirait en expédition » sourit Daniel Cron, chef-mécanicien.

Au matin, le vent est tombé et c’est au tour des voiles d’être regréées. La journée de travail est intense mais s’effectue dans la bonne humeur. L’équipage étant impatient de reprendre la mer, l’ambiance est au beau fixe. En soirée, tout le monde se retrouve autour du carré pour faire le point sur la sécurité et les derniers préparatifs avant l’appareillage.

 

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Samedi 9 janvier, au petit matin, il est 6 heures quand Tara quitte son quai au Havre. L’équipage est heureux de rejoindre le large malgré une pointe d’appréhension à l’idée de rencontrer une météo particulièrement défavorable et une mer houleuse. Le convoyage commence sous un soleil éclatant et un vent soutenu. On hisse l’une des voiles. Le vent et la mer annoncés ne tardent pas : mer forte à très forte et rafales à 8-9 Beaufort. La navigation devient très difficile puis impossible au large du Cap de La Hague en raison du courant contraire lié à la marée montante. L’équipage est contraint dans ses virements de bord par le rail des cargos au nord vers le courant contraire et le vent déporte Tara. La décision de faire demi-tour pour s’abriter à Cherbourg s’impose.

Après quelques réparations nécessaires sur les voiles et quelques heures de sommeil, il est temps de repartir avec la marée. Le passage du Raz Blanchard, l’un des plus puissants courants d’Europe, sous ces conditions météo « vent contre courant » n’est pas une promenade.

 

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Bientôt, l’île de Ouessant se dessine au loin, annonçant une navigation plus sereine. Tara pourra enfin voguer au vent arrière et se diriger droit sur Lorient. Ouessant est dépassé dans la nuit de lundi et le cap est mis au large de l’ile de Sein. L’allure est bonne et l’équipage se réjouit de l’arrêt des moteurs vers 9 heures le mardi. Tara file sur une mer toujours bien formée, attirant au passage une dizaine de dauphins. Moment suspendu entre deux horizons, partage éphémère de l’océan avec ces figures de la mer, la magie des profondeurs murmurés par leur souffle joyeux. Les visages s’illuminent sur le pont. La vie en mer, sous quelle que latitude que ce soit, apporte cet infini émerveillement toujours partagé, une authentique complicité par-delà les longues ou courtes expériences en mer des uns et des autres.

 

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Le soleil est fidèle lorsque l’île de Groix est en vue. Le parfum de l’arrivée et du retour est bien là et l’équipage s’affaire pour préparer l’entrée en rade de Lorient. L’accueil y est toujours aussi chaleureux. Tara est de retour ! La goélette et son équipage rejoignent donc la terre pour quelques mois, le temps de se préparer pour la prochaine expédition scientifique qui se déroulera en Asie-Pacifique durant 2 ans (2016-2018) pour étudier les récifs coralliens. En attendant, Tara s’apprête pour ce grand chantier technique. Sa mise à sec durera 3 mois. Bon courage à tous !

Léa Godiveau