Honiara, Royaume des Îles Salomon | Tara, un voilier pour la planète

Honiara, Royaume des Îles Salomon

© Vincent Hilaire / Tara Expeditions Foundation

19 octobre 2017

Ce mercredi 18 octobre à 14h heure locale, Tara est arrivée à Honiara. Quatre jours d’une navigation sereine, au portant, auront suffi pour rallier cet archipel dont la capitale est Honiara. Tara restera à quai ici deux jours, avant de repartir pour explorer trois sites sur les récifs environnants. Une nouvelle équipe scientifique emmenée par la biologiste Rebecca Vega Thurber (Oregon State University, États-Unis) embarquera demain à bord pour accomplir cette tâche, jusqu’en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

 

Des parfums de résineux, de terre humide, de fleurs fraiches comme du mimosa, un cocktail encore inconnu. Nous étions de quart de nuit avec Julie Lhérault, second capitaine, à humer sur le pont de Tara ces premiers signaux envoyés par les îles Salomon.

Le ciel était dégagé par endroit, laissant apparaître de belles constellations d’étoiles, parmi lesquelles Orion. La température de l’eau était encore de 28 °C. Impossible de fermer l’œil dans les cabines sans mettre en route les petits ventilateurs.

 

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Entre ciel et mer, Tara arrive à Honiara © Vincent Hilaire – Fondation Tara Expéditions
Dans les premières lueurs de l’aube, le sud de l’ile Guadalcanal, la principale de l’archipel, laissait découvrir une épaisse couverture forestière. Nous savions désormais d’où venaient ces parfums nocturnes. Dominant cet épais tapis vert courrait une chaine de montagnes d’origine volcanique dont certains sommets étaient entourés de petits nuages.

Pendant toute la matinée, nous avons longé une bonne partie des 160 kilomètres de cette côte, offrant toujours, peu ou prou, les mêmes paysages. À la surface de ces eaux bleues teintées de turquoise probablement par des eaux de ruissellement, de petits dauphins chassaient des bancs de thons, survolés par des oiseaux marins. Honiara se dessinait peu à peu dans un léger renfoncement.

Rapidement, sous nos yeux, la côte changeait de physionomie : des cargos étaient au mouillage en attente de chargements de bois avec des chalands remplis de grumes à couple. À terre, sur la rive, des scieries se succédaient les unes aux autres, préparant tous ces fruits d’une exploitation forestière visiblement intense.

 

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Bidonvilles près du centre ville d’Honiara © Vincent Hilaire – Fondation Tara Expéditions 

 

Au détour d’une dernière pointe, Honiara, 84.520 habitants, se dévoilait au fond d’une baie peu abritée de l’alizé de sud-est.

Le véritable choc auquel nous nous étions un peu préparés eut lieu au moment de l’accostage. Sur les quais parallèles au nôtre, des ferry-boats rouillés remplis de Salomonais vivants sur d’autres îles de l’archipel, se préparaient au départ. Un autre quai plus loin des enfants chargeaient, à dos d’homme, l’avitaillement d’un autre ferry, plus petit. Et juste à l’extérieur des quais du port de commerce, des centaines de personnes en train de marcher, d’errer, chichement vêtues au milieu de quelques pick-up.

En quittant la Nouvelle-Calédonie et en arrivant ici, nous avons bien changé de planète. Les îles Salomon sont le pays le plus pauvre de la région Pacifique, les quais d’Honiara racontent bien ce dénuement …

                                                                                                         Vincent Hilaire

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