Îles Chesterfield : un joyau intact de biodiversité | Tara, un voilier pour la planète

Îles Chesterfield : un joyau intact de biodiversité

© Francois Aurat / Fondation Tara Expéditions

18 septembre 2017

 

La mission de Tara sur les îles Chesterfield se termine. Avant de rejoindre Nouméa et le lagon calédonien d’ici le 20 septembre prochain, nous profitons encore de ces derniers instants privilégiés loin de toute civilisation pour prendre le pouls de la biodiversité exceptionnelle de cet archipel français. Trois spots ont été explorés par l’équipe de Tara Pacific et le premier bilan est extrêmement positif.

 

Que ce soit à terre ou sous la surface de ces eaux cristallines, Christian Voolstra (KAUST), notre coordinateur scientifique et toute son équipe sont formels : « Nous sommes en présence d’un sanctuaire. Ici, nous n’avons constaté aucun événement de blanchissement en cours ou passé. Cet écosystème corallien est en très bonne santé comme à son premier jour. C’est extrêmement rare aujourd’hui, c’est peut-être la première fois d’ailleurs que je vois ça. Les îles Chesterfield sont une source d’espoir pour l’avenir. Nous sommes pourtant sous la même latitude que les récifs de la Grande barrière de corail ou de la Nouvelle Calédonie qui sont, eux, meurtris. Nous avons hâte de comprendre pourquoi cet écosystème va si bien ».

 

8 photo 2_tortue Chester crepuscule_Francois AuratUne tortue verte rejoint le lagon des Chesterfield au crépuscule. © François Aurat / Fondation Tara Expéditions

 

Un programme complet réalisé

Nos biologistes-plongeurs n’ont encore pas économisé leur peine pour ramener tous les échantillons nécessaires pour caractériser cette nouvelle île de recherche, dans la sémantique scientifique de l’expédition. Toutes les plongées prévues ont été réalisées, y compris la biodiversité, le carottage qui s’est révélé très compliqué. La mèche de la foreuse est restée bloquer plusieurs heures dans le corail et, au terme de cinq plongées supplémentaires, elle a finalement été récupérée, non sans mal.

 

Une biodiversité exemplaire

Pendant toutes ces plongées de multiples espèces de coraux ont encore été aperçues avec des couleurs et des formes de toutes factures. Côté faune sous-marine, des thons, des bonites, des mérous, des balistes, des poissons perroquets, des maninis ou poissons-chirurgiens et des requins de récif pointe noire ont été aperçus et aussi, chez ces prédateurs, des espèces comme les requins Silver tip d’une envergure de trois mètres.

 

photo 16_variete oiseaux ile longue ChestefieldGrande variété d’oiseaux marins sur l’île longue aux Chesterfield. © François Aurat / Fondation Tara Expéditions

 

À terre, nous aurons pu observer des quantités d’oiseaux marins tels que les fous, les sternes, les shearwaters *, les frégates à jabot rouge. Pour toutes ces espèces, les petits venaient à peine de naître et luttaient déjà pour survivre. Sur la plage de l’île longue nous avons pu approcher des tortues vertes, en pleine période de reproduction, dont on a dénombré jusqu’à trente spécimens adultes.

 

Un joyau français

Les îles Chesterfield, réserve du parc Marin de la mer de corail, sont donc un joyau dont la France doit absolument prendre soin, car elles ont déjà valeur de sanctuaire dans cette région du Pacifique et, surtout, dans ce contexte de hausse durable des températures. Concernant la bonne santé des Chesterfield, la biologiste Claudia Pogoreutz (KAUST) avance une hypothèse : les causes sont peut-être à chercher du côté des oiseaux et de leur guano** que l’on sent bien avant de débarquer sur ces îles.

 

Les quinze taranautes du bord garderons en tout cas un souvenir inoubliable de cette courte semaine passée dans cet archipel que l’anthropocène semble avoir, à part quelques macro- déchets plastiques, encore épargné.

 

Vincent Hilaire

 

*perdrix endémiques de cette région du Pacifique

** fientes des oiseaux marins

*** Époque de l’histoire de la Terre qui a débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l’écosystème terrestre.

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