Nouveau départ pour Tara : direction Sydney pour le début de la seconde année de Tara Pacific

© Vincent Hilaire / Fondation Tara Expéditions

10 août 2017

Arrivée en Nouvelle-Zélande le 18 juin dernier, Tara vient d’appareiller ce mercredi pour sa deuxième année de l’expédition Tara Pacific, consacrée au corail. Le chantier d’entretien annuel est donc achevé, et avec lui s’ouvre un nouveau chapitre de cette odyssée maritime. D’ici fin octobre, la goélette et ses scientifiques auront déjà réalisé des centaines de nouveaux échantillons de coraux dans les deux plus grandes structures construites par cet animal sur la planète, en Australie et en Nouvelle-Calédonie.

 

DCIM100MEDIADJI_0001.JPG© François Aurat / Fondation Tara Expéditions

 

Après des pluies torrentielles depuis presque une journée, deux heures avant notre départ, le soleil a lentement repris du terrain dans le ciel pour nous offrir une fin d’après-midi exceptionnelle. Les paysages qui entourent Whangarei et sa rivière ressemblent en France à ceux de la Suisse normande ou du Limousin.

Avant la fin de la traditionnelle séance de clearance*, Simon Rigal, notre capitaine, ne boudait pas son plaisir lorsqu’il demanda à Charlène Gicquel, chef mécanicien en doublure jusqu’à Sydney, de mettre en route les deux moteurs. Voyant que tout était en bonne voie avec le douanier kiwi, Simon avait hâte de quitter Whangarei et réaliser la manœuvre de départ en profitant de cette belle embellie, au sec.

Samuel Audrain, capitaine sortant et Marion Lauters, cuisinière sortante ont joué les lamaneurs sur le quai et largué progressivement les amarres reprises sur le pont. Lentement, après une légère marche avant sur la dernière garde pour décoller de la terre ferme, Simon a embrayé en marche arrière jusqu’au bout du dock.

Saluée une dernière fois par Marion et Samuel, Tara a alors mis cap à l’est et un sillage s’est formé derrière la coque grise. Devant l’étrave, il y avait alors une quinzaine de kilomètres à parcourir de nuit désormais, pour quitter cette belle ria sinueuse et rejoindre la mer.

 

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© Vincent Hilaire / Fondation Tara Expéditions

 

Moins de deux heures plus tard, les premiers signes de roulis indiquaient que nous avions quitté ce lit calme et abrité pour retrouver l’élément. Comme un dromadaire avance sur une mer de sable, face aux dunes, la goélette se lançait comme à son habitude dans un lancinant mouvement vers l’avant dont elle a le secret.

Nous naviguerons ainsi au moteur pendant presque une journée avant de rencontrer des conditions beaucoup plus musclées. Les fichiers météo annoncent des vents d’ouest à 30 nœuds ** pour les quelques jours à venir.

Cela veut dire que nous entamerons notre navigation vers Sydney face au vent et que les heures qui viennent risque d’être un peu pénible pour les dix qui sont à bord et n’auront pas d’autres choix que de s’amariner à la hâte. Pour stabiliser la goélette et réduire sa danse, les marins viennent de hisser la grand-voile et la misaine.

Nous sommes attendus à Sydney le 18 août, 1215 miles nautiques*** plus loin, accompagnés dans cette première nuit en mer par une quasi pleine-lune.

C’est la deuxième fois que la goélette se présentera à Darling Harbour. En mars 1990, Jean-Louis Étienne achevait sa Transantarctica avec six autres explorateurs, dans cette ville australienne.

 

Vincent Hilaire

 

* dédouanement

** 55 kilomètres/heure

*** 2250 kilomètres

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