Poum, dernier mouillage en Nouvelle-Calédonie

© Vincent Hilaire - Tara Expeditions Foundation

14 octobre 2017

Après presque une journée de navigation à la voile, depuis les récifs d’Entrecasteaux, Tara est arrivée hier en fin de matinée à Poum, au nord de la Grande Terre en Province Nord.

Cette escale sera de courte durée puisque nous repartons demain pour rallier les îles Salomon. Ce leg de deux semaines avec l’IRD et l’UNC s’achève. Il marque pour nous aussi la fin de mission de Tara Pacific en Nouvelle-Calédonie.

 

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Dernier coucher de soleil sur l’île de la Surprise (Entrecasteaux) : l’équipage va bientôt se mettre en route vers Poum – © Vincent Hilaire / Fondation Tara Expéditions

 

Le vent s’était établi dans le secteur sud-est autour de vingt nœuds. Au moment de quitter l’île de la Surprise, notre capitaine Simon Rigal et son équipage n’ont pas hésité une seconde à hisser les voiles. La route de Tara offrait un angle intéressant par rapport au vent, presque au travers bâbord amure. De quoi engloutir efficacement les 140 miles nautiques * nous séparant de Poum, situé encore au nord de Koumac (Nouvelle-Calédonie).

Dans la tradition de partage et d’entraide qui règne à bord, la voile de misaine a été hissée à la main par les marins aidés par les scientifiques. Il restait ensuite à dérouler le foc yankee. Ce qu’au terme d’une belle débauche d’énergie, les deux binômes se faisant face sur le pont central de Tara ont réalisé à grand tour de moulinets, arc-boutés sur les manivelles des deux colonnes de winchs.

 

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Quatre marins s’activent au winch pour dérouler le foc yankee, une des voiles de la goélette © Vincent Hilaire – Fondation Tara Expéditions

 

Tara était alors lancée à huit nœuds dans une mer « pas encore bien rangée » selon Simon qui savourait le décollage de la baleine Tara.

Mais, dans la nuit, l’alizé mollissait. Le foc fut enroulé puis l’un après l’autre les deux moteurs, Brigitte et Thérèse (Brigitte pour babord et Thérèse pour tribord), reprenaient du service. En dehors du plaisir et de la liberté qu’on ressent sous voiles, bien des litres de gasoil avaient été économisés au passage.

Aux premières heures du jour, après le franchissement de la passe d’Estrées, nous retrouvions le calme du lagon avec encore un peu de vent. La côte ouest du lagon néo-calédonien sous cette latitude révélait de nouveaux paysages, avec une végétation toujours assez sèche. Au niveau des îles Belep, entre le bleu de l’eau, le rouge de la terre et le vert des pins colonnaires, la Nouvelle-Calédonie nous dévoilait encore un peu plus de ses charmes.

 

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Tara au mouillage devant Poum pour une escale de 24 heures maximum © Vincent Hilaire – Fondation Tara Expéditions

 
En fin de matinée Poum était en vue. Vous verrez, c’est un peu le far-west ici, il n’y a pas grand-chose, commentait Gregory Lasne, le jovial et sympathique biologiste de l’IRD. Le déjeuner confectionné par Do, notre chère cuisinière, avalé, je profitais d’un lift à terre pour vérifier de mes propres yeux cette présentation.

Poum est un petit village de peut-être à peine une centaine d’habitants qui fait face au lagon. La commune, forte d’environ 1500 habitants, fait partie de l’aire coutumière Hoot ma Waap. Il y a donc une mairie, une école, un poste de gendarmerie, une poste et une station-service.

 

 

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Panneau de bienvenu à l’entrée de Poum © Vincent Hilaire – Fondation Tara Expéditions

 

Effectivement, d’une certaine manière ça ressemble un peu au far-west, en tout cas à l’idée que je m’en fais. Mais ce qui m’a surtout frappé c’est la quiétude et la paix qui règnent ici. Les habitants, principalement des kanaks vous saluent avec le sourire et continuent leur chemin paisible. Des enfants se baignent le long du trait de côte en descendant directement de chez eux. Un peu plus loin, sur une petite barque, deux femmes pêchent tranquillement à la dandine.

Au fil de mes pas sur la route centrale, je repense à Puerto Eden, un autre petit village de Patagonie que nous avions connu pendant Tara Oceans. Là-bas, il n’y avait pas d’électricité et l’eau ne venait que de là-haut. Comme ici, les habitants semblaient tous pourtant si heureux.

Merci Poum d’ouvrir ainsi la boîte à bons souvenirs !

 

 

                                                                                                                     Vincent Hilaire

 

 

*250 kilomètres

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