Premiers instants en Papouasie-Nouvelle-Guinée | Tara, un voilier pour la planète

Premiers instants en Papouasie-Nouvelle-Guinée

© Vincent Hilaire - Tara Expeditions Foundation

31 octobre 2017

Tara et son équipage sont arrivés à Alotau – Papouasie – Nouvelle Guinée, chef-lieu de l’une des 20 provinces de l’île. Bien protégée dans une anse située sur la côte nord de la profonde Milne Bay, Alotau compte un peu plus de 15.000 habitants alors que, pour l’ensemble du pays, on dénombre presque six millions et demi de papouasiens, aussi appelés Papouans-Néo-Guinéens. Nous repartirons d’Alotau le 1er novembre avec pour objectifs trois premiers sites de prélèvements, dont un consacré exclusivement à l’étude de l’acidification de l’eau et ses conséquences sur le corail : ici les émanations de CO2 naturel, venant des fonds marins, modifient la chimie de l’Océan et offriront un laboratoire naturel pour les scientifiques qui se préoccupent de l’impact du CO2 atmosphérique sur la biodiversité marine.

« Je suis agréablement surpris par les Iles Salomon », me confiait Simon Rigal, notre capitaine au moment de quitter Gizo et cet archipel. Un peu plus de deux jours de navigation et 750 kilomètres nous attendaient pour rallier Alotau, sans vents, à l’aide des moteurs.

Comme Simon, alors que Gizo s’éloignait peu à peu, je quittais cette petite bourgade agricole, paisible, avec un pincement au cœur.

Les quelques minutes passées le matin à arpenter la rue principale et le marché, toutes ces couleurs au milieu de tant de sourires, les barques échouées à même le sable devant les échoppes, tout cela me manquait déjà.

 

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 Dans l’allée centrale du marché de Gizo, Iles Salomon © Vincent Hilaire – Tara Expeditions Foundation

 

Alors que nous longions les dernières iles de l’archipel des Salomon, dame nature nous concoctait un de ces instants magiques dont elle seule a le secret, le pouvoir. D’abord, un banc de cinq dauphins venait jouer devant l’étrave de Tara, devant mes objectifs.

Ensuite, au travers d’un magnifique nuage cumuliforme, le soleil nous préparait un coucher d’anthologie, un tomber de rideau digne d’un des plus grands actes du spectacle vivant. Comme j’avais déjà pu l’observer en quittant Nouméa, au moment de commencer à traverser la ligne de l’horizon, l’astre se transformait un peu en montgolfière, de feu.

La navigation entre les Salomon et la Papouasie, quelquefois sur une mer d’huile et par une chaleur écrasante, fut rythmée par les quarts et les mises à l’eau d’instruments océanographiques, une somme de routines habituelles.

 

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Tara over the rainbow, entre les Salomon et la Papouasie, Simon Rigal (capitaine) et Nicolas Bin (second capitaine) © Vincent Hilaire – Tara Expeditions Foundation

 

Cette nuit, alors que j’étais de quart avec le chef-mécanicien, Loïc Caudan, nous nous régalions pendant ces derniers milles, d’un ciel extraordinairement étoilé, constellé de milliers et de milliers d’étoiles pour celles que nos yeux étaient en capacité de voir.

Au petit matin, à l’entrée de Milne Bay, qui fut en 1942 le théâtre de la première défaite japonaise dans le Pacifique, nous découvrions une nouveau pays montagneux et vert.

Le soleil faisait une entrée plus timide, avant de s’établir finalement généreusement.

Nicolas Bin, second capitaine, à son tour de quart, prenait son café en terrasse, sur le pont. Imitant notre Bebel national, faisant référence à ces expériences patagonnes, il me déclarait l’œil malicieux : « Milne Bay, c’est un Beagle tropical en quelque sorte ! » (rires)

Sur le quai où Tara était désormais amarrée, un comité d’accueil improvisé venait observer cette curieuse goélette, avec tous ces tee-shirt bleus s’agitant sur le pont :

- « Tara, Tara, it’s the name of the boat ? Where do you come from ? »
- « France ! »
- « Where is it ? »
- « … »

Aux antipodes de la Papouasie – Nouvelle Guinée, ou presque…

 

 

                                   Vincent Hilaire

 

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