Retour au pays de l’America’s Cup par Romain Troublé

© Fondation Tara Expéditions

7 juillet 2017

Fin de l’année 2000, la goélette Seamaster – qui sera rebaptisée Tara trois ans plus tard – menée par Sir Peter Blake sortait pour la dernière fois du Viaduct Harbour d’Auckland pour un long périple. A l’instar de Sir Edmund Hilary, le célèbre navigateur Peter Blake avait prouvé à ses compatriotes kiwis qu’ils étaient capables de s’imposer au reste du monde. Véritable meneur d’hommes, il remporta à peu près toutes les grandes courses et records autour du monde, comme entre deux bouées de régate lors de la Coupe de l’America en 1995 et 2000.

 

« Rencontrer Peter, faire la Coupe, vivre ici à Auckland
m’accompagnera sans aucun doute toute ma vie »

 

C’est très émouvant de revenir ici. En 2000 et 2003, il y a 17 ans aussi… j’ai eu la chance de naviguer dans l’Hauraki Gulf à bord du défi français pour la Coupe de l’America. Nous n’avons pas gagné, mais rencontrer Peter, faire la Coupe, vivre ici à Auckland m’accompagnera sans aucun doute toute ma vie, comme toutes les expériences fortes que tout un chacun peut vivre dans une vie. C’est aussi à cette période, en 2002, qu’Etienne Bourgois, fondateur du projet Tara, est venu se faire construire un bateau et fait la rencontre d’Alistair Moore, qui, quelques années plus tard lui glissera que Seamaster serait peut-être en vente. Nous connaissons la suite…

 

« L’histoire de Tara est folle depuis sa construction,
son existence d’hier et d’aujourd’hui ne tient qu’à des rêves »

 

unnamed1© Ivor Wilkins

 

Etre de retour ici, pour Etienne et pour moi, et à bord de Tara est quelque chose de très spécial, de très fort. Faire revenir Tara dans le Viaduct Harbour après toutes ces années et toutes ces aventures aux quatre coins de la planète Océan est très émouvant. Emotion intense partagée par les quelques centaines de kiwis qui viennent visiter Tara cette semaine, nous ressentons véritablement l’aura de Peter à chaque rencontre. Je dis souvent que Tara est l’un de ces rares bateaux doté d’une âme, son histoire est folle depuis sa construction, son existence d’hier et d’aujourd’hui ne tient qu’à des rêves, à la passion qui a animé J.L. Etienne, Sir Peter Blake, et la bande Tara pour les mener à bout.

 

Etre ici, c’est formidable… mais il semble que le destin nous ait joué un de ses tours. L’équipe néo-zélandaise, engagée dans la Coupe de l’America aux Bermudes le mois dernier, a non seulement eu le talent de remporter le trophée haut la main – Bravo ! – mais a eu la bonne idée de la rapporter hier à Auckland, après l’avoir perdue voilà 14 ans.

 

Hamish Hooper _ ETNZ© Hammish Hooper / ETNZ

 

« Beaucoup de regards croisés, de pouces levés, de « Good job guys ! », de « Bravo ! », de photos et autre selfies de la part des 10 000 spectateurs kiwis »

 

Historique et immense hasard, conjonction de routes, j’étais là, sous la pluie battante, avec la dream team Tara, au cœur de la parade célébrant le retour d’Emirates Team New Zealand, au beau milieu de centaines de bateaux. Beaucoup de regards croisés, de pouces levés, de « Good job guys ! », de « Bravo ! », de photos et autre selfies de la part des 10 000 spectateurs kiwis présents. Sans doute la plus belle des reconnaissances pour Agnès b., Etienne, l’équipe Tara, nos partenaires et pour moi que celle du public ici. Le sentiment que Tara est à la hauteur de l’héritage de Peter… ce n’était pas gagné, et désormais à nous tous de continuer.

 

« Une très belle de façon de boucler une boucle »

 

Revenir ici dans ces conditions, et à ce moment précis, est pour moi une très belle de façon de boucler une boucle. Mais au-delà nous avons la conviction avec Etienne que c’est le début d’un nouveau cycle. La fondation Sir Peter Blake et la ville d’Auckland ont été formidables en réservant un accueil unique et émouvant à Tara. Les équipes de la fondation Blake sont aussi passionnées que nous pour partager, engager le public et la nouvelle génération sur le chemin de la science ou du développement durable. De belles retrouvailles qui vont nous permettre d’accueillir de jeunes Blake Ambassadors à bord en expédition, d’emporter l’adhésion de kiwis, et pourquoi pas de mécènes, aux missions de la Fondation Tara Expéditions. Stand-by tack !

 

Romain Troublé,
Directeur général de la Fondation Tara Expéditions

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