Tara en chantier en Nouvelle Zélande

© Nicolas de la Brosse / Fondation Tara Expéditions

17 juillet 2017

Depuis le 18 juin dernier, après une première année d’expédition consacrée au corail, Tara a touché terre à Whangarei, dans le nord de la Nouvelle-Zélande.

Emmenés par Samuel Audrain capitaine depuis Kobe, six marins participent au chantier d’entretien à mi-parcours. Il s’agit d’un suivi classique avec carénage, auquel s’ajoute la vérification de points plus névralgiques, comme les moteurs.

Mais à la fin de cette semaine, les marins vont interrompre pendant une semaine ce travail pour rejoindre Auckland. Invitée par le Sir Peter Blake Trust, Tara et son équipage participeront à de multiples festivités.

 

9_Arrivee_NZ_iminente_credit_Noelie_Pansiot-2230082Après 8 jours de navigation Tara arrive en Nouvelle-Zélande avec les premiers rayons du soleil. © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

À peine arrivé des Fidji, l’équipage s’est mis à la tâche. Pour Samuel, il était important de rallier la Nouvelle-Zélande à cette date et en cette saison, pour deux raisons : « Déjà, il ne fallait pas trop trainer dans l’hémisphère nord avec la saison des cyclones qui arrive et rester dans le timing pour la suite de l’expé. De plus, à Whangarei, nous disposons d’un plateau technique idéal pour ce chantier. Les prestataires sont efficaces, compétents et disponibles pour nous permettre de faire ce que nous avons prévu d’ici le prochain départ, le 9 août. »

VH : Oui, comme toujours à bord de Tara le temps est compté, comment vous êtes vous organisés avec les prestataires locaux justement ?

SA : « Depuis quelques semaines, nous avons établi deux listes pour ce chantier. La première, c’est celle que nous avons commencé à confier à ces prestataires. Nous savons que nous pouvons leur déléguer ces tâches, parmi lesquelles déjà de nombreuses soudures.

Ensuite il y a la liste pour nous avec, sans être exhaustif, la révision et la pose de silencieux sur les deux nouveaux moteurs Brigitte 2 et Thérèse 2 qui fêtent leur première année de fonctionnement. Nous voulons encore réduire le niveau sonore de l’ensemble.

Dans les micro-chantiers importants déjà réalisés cette semaine, nous avons peint aussi entièrement la caisse à eau douce.

En revenant d’Auckland, aux alentours du 19 juillet, c’est la seconde partie du chantier qui commencera. Nous allons sortir Tara de l’eau pour le carénage et en profiter aussi pour déposer les lignes d’arbre des deux moteurs.

Le système qui est censé les refroidir, les réfrigérer, ne nous donnent pas satisfaction. La température augmente encore trop et nous devons trouver une solution. Installer une nouvelle chambre de réfrigération plus performante est la bonne piste. Nous en profiterons aussi pour installer les deux nouvelles hélices.

Nous resterons à sec une dizaine de jours à priori, après quoi nous achèverons les derniers points du chantier à quai ».

 

Samuel Audrain (capitaine) vérifie le câblage de la timonerie depuis le carréSamuel Audrain (capitaine) vérifie le câblage de la timonerie depuis le carré. © Maeva Bardy / Fondation Tara Expéditions

 

VH : Cela fait donc plus de dix jours que vous avez commencé à ausculter Tara, comment trouvez vous la goélette après cette première année d’expédition dans des latitudes chaudes ?

SA : « Je trouve que plus le temps passe et mieux Tara se porte ! La prochaine fois que nous rentrerons à Lorient, il ne sera pas très difficile d’être à nouveau très rapidement opérationnel.

Ce chantier d’entretien annuel sera aussi l’occasion de plusieurs visites et certifications. Comme nous sommes marine marchande, nous aurons la visite annuelle du Bureau Veritas, notre organisme de certification qui nous donne le droit de naviguer.

Il y aura également une visite de contrôle officielle du système d’incendie et une visite sanitaire obligatoire qui a lieu tous les six mois. »

 

19_Arrivee_a_terre_credit_Noelie_Pansiot-2230178La goélette sera en chantier pendant quelques jours avant son escale à Auckland.. © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

VH : Tara, ex-Seamaster, revient aujourd’hui pour la première fois dans la patrie de son précédent propriétaire, feu Sir Peter Blake. Avant les grandes festivités d’Auckland qui vont durer une semaine, avec beaucoup de visites à bord, comment les locaux vous ont accueuilli dans cette localité calme de Whangarei ?

SA : « Dès que nous nous sommes engagés dans le chenal nous conduisant à notre poste d’amarrage à Whangarei, nous avons aperçu des gens qui photographiaient Tara depuis les collines environnantes. Certains nous ont dit après qu’ils avaient reconnu le bateau et qu’ils étaient très surpris de le revoir ici. Depuis des photos ont été publiées dans la presse locale, en marge d’une couverture importante de la presse nationale.

Lorsque nous avons commencé le chantier avec les prestataires locaux, ils nous ont dit : Bienvenus à la maison ! ».

Nul doute que quand Tara appontera à Auckland samedi 1er juillet prochain à 13 h locales, un grand frisson parcourra l’équipage à bord.

L’hommage devrait être immense, le souvenir du marin à la généreuse moustache blonde y est encore très présent.

D’autant que la Nouvelle-Zélande vient de remporter aux Bermudes la 35ème Coupe de l’America. La dernière fois que ce trophée avait été ramené par les kiwis dans leur île, c’était avec Peter Blake.

 

Vincent Hilaire

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