ELSA GUILLAUME, DES CORAUX PLEIN LA TÊTE | Tara, un voilier pour la planète

ELSA GUILLAUME, DES CORAUX PLEIN LA TÊTE

© Elsa Guillaume

Première artiste en résidence lors de l’expédition Tara Pacific, Elsa Guillaume embarquera à l’île de Pâques dans quelques jours. lauréate du prix COAL – art et environnement en 2015, Elsa Guillaume réalisera un projet intitulé « cosmographie corallienne ». tour d’horizon d’un projet mystérieux et d’une artiste à l’imaginaire subaquatique.

Lors de ses expéditions au long cours, Tara accueille à son bord une grande diversité d’artistes en résidence, une façon de poser un autre regard sur l’environnement, sur la science et la vie à bord. Lauréate du Prix Coal 2015 dont Tara Expéditions était partenaire pour la première édition du prix Océans, Elsa Guillaume a dessiné à l’avance quelques pages de son carnet de route avant d’embarquer pour Tara Pacific.

 

 

Du haut de ses 26 ans, rieuse et pimpante, Elsa est déjà une baroudeuse confirmée. Son parcours, riche de détours et de formes, est à l’image de ses créations. De l’Inde au Costa Rica, du Nicaragua au Honduras en passant par la Chine, le Japon, le Brésil ou encore le Panama, Elsa ne tient pas en place, du moins pas très longtemps. Une habitude qu’elle tient de ses cinq années aux Beaux-Arts de Paris. « Je m’échappais la moitié de l’année, je partais en balade », précise-t-elle. Au départ, quelques jobs d’hiver à la montagne, qui débouchent sur un job d’été dans l’Archipel du Frioul, au large de Marseille. Là-bas, elle plonge pour la première fois : « C’était une révélation, un émerveillement incroyable, comme si je découvrais un autre monde, l’autre moitié du monde en fait ». Elsa devient rapidement une spécialiste de la digression, une qualité dont elle rit et s’excuse à la fois. C’est grâce à l’une d’entre elles, sur internet, qu’elle découvre Tara et son expédition en Arctique : « L’immensité polaire, l’isolement total et les récits de cet équipage qui s’emprisonne 500 jours dans les glaces, j’ai trouvé ça fascinant », raconte-elle des cristaux plein les yeux.

En voyage, Elsa explore et préfère « ne rien prévoir pour s’émerveiller de tout ». Elle profite des tarifs étudiants et ne feuillette les guides qu’une fois montée dans l’avion. Et puis elle plonge, en quête « des bestioles et des monstres, de toutes ces choses parfois moches et bizarres qui ne ressemblent à rien d’habituel. La mer en regorge et on ne sait que très peu de choses sur la vie foisonnante qu’elle renferme ». Au Japon, en 2013, elle découvre les récifs coralliens des Archipels d’Okinawa et d’Ichigaki, entre le Japon et Taiwan. « Les coraux, divisés en de petites unités indépendantes, ressemblaient à de minuscules îlots. Des poissons surgissaient et filaient d’une petite île à l’autre en empruntant des courants sous-marins, comme des routes invisibles. Dans ces écosystèmes d’une richesse incroyable, tout est organisé, chacun a son territoire », explique-t-elle en mimant des chemins au cœur du corail. Les pages de ses carnets, petits évangiles d’une imagination débordante, sont couvertes de notes et de crabes minuscules, coraux biscornus, araignées de mer et poissons joufflus.

Lors d’une résidence à Limoges en 2014, la jeune femme découvre les techniques de la porcelaine. En parallèle, elle écume les bibliothèques et se plonge dans l’étude des cartes marines du XVIe siècle et autres atlas du Nouveau Monde. Elle s’en inspire pour dessiner des îles mystérieuses et foisonnantes où de joyeux cannibales gambadent et se dévorent avec charme et élégance. C’est la base du projet qu’elle présentera quelques semaines plus tard pour le prix Coal Art et Environnement2015 dans la catégorie Océans : « Je veux montrer ce qu’il y a sous la surface de l’eau, en appliquant certains codes des anciennes cartes marines à une représentation fantasmée des récifs coralliens. J’ai appelé cela « Cosmographie Corallienne » ». À travers ses oeuvres, on devine les contours d’un engagement qu’elle-même ne sait encore définir. Mais à force de voyager et se s’informer, Elsa est déjà sûre d’une chose : « Comme la démarche des équipes de Tara, mon travail doit être accessible à tous. Je vais donc privilégier le dessin, les carnets de voyage et une cartographie foisonnante d’images, de formes et de mystères ».

Elsa n’appréhende pas le moins du monde sa rencontre avec le monde scientifique ni le quotidien sur le voilier d’exploration. « Je suis très curieuse de nature, je n’ai aucun mal à observer, écouter et questionner les gens. J’attends d’être à bord pour sentir et envisager comment faire vivre et intégrer à mon travail tous ces instruments de mesures, ces machines, les membres de l’équipage et leurs habitudes », explique-t-elle avec malice…

Bienvenue à bord Elsa !

Victor Branquart pour Tara Expéditions

 

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Retrouvez la dernière exposition d’Elsa Guillaume du 17 mars au 1 avril 2016 à Paris.

Plus d’infos sur le site d’Elsa Guillaume.

 

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