« Le plancton a quelque chose de nébuleux, de très beau. »

© C. et N. Sardet/Tara Expéditions

Tara Expéditions et Eau de Paris inaugureront une exposition ce jeudi dédiée à l’esthétisme du plancton. Conçue en partenariat avec L’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD), « Le monde secret du plancton » ouvrira ses portes du 5 juin au 5 septembre 2015, au Pavillon de l’Eau à Paris.

Une vingtaine d’œuvres réalisées par les élèves des Arts Déco s’inspirent de l’expédition scientifique Tara Oceans. Alors même que ses premiers résultats viennent d’être publiés par le magazine Science.
Pour l’étudiante Louise Vendel dont les œuvres figurent dans l’exposition, la découverte du plancton et de ses fonctions environnementales a été « une prise de conscience. »

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L’oeuvre réalisée par Louise.

Comment s’est passée la rencontre entre l’équipe de Tara et les élèves de l’ENSAD ?
L’un de nos professeurs, M. Rémi Hamoir a eu la chance d’embarquer en résidence à bord de Tara et il a souhaité nous faire partager son expérience. L’équipe de Tara nous a tout de suite pris au sérieux, elle ne nous a pas juste considérés comme des élèves, ce qui nous a vraiment motivé. Nous avions envie d’être à la hauteur. La première semaine nous avons découvert un nouveau monde, celui du plancton, en compagnie du scientifique Christian Sardet. Cette exposition nous a vraiment fait sortir du cadre scolaire et la collaboration avec l’équipe de Tara a bien fonctionné. A tel point qu’elle retravaille avec les premières années de l’ENSAD cette année. Ils ont d‘ailleurs eu la chance de naviguer à bord de la goélette en Bretagne récemment.

Comment as-tu réagi en découvrant que tu allais travailler à partir d’espèces pratiquement invisibles à l’œil nu ?
Pour être sincère, lorsque nous avons commencé à aborder la thématique du plancton, cela ne me parlait absolument pas. Et ce, jusqu’à ce que l’on rencontre Christian Sardet qui est un véritable passionné. Christian nous a fait part de ses recherches, nous a projeté des films qu’il avait réalisés en macro. Nous avons plongé dans son univers et nous avons découvert qu’il était fascinant. Il nous a apporté des échantillons contenant du plancton vivant, des espèces suffisamment grandes pour être observées à l’œil nu, telles qu’un sabot de Vénus. Magnifique ! On aurait dit une petite nymphe, nous étions tous fascinés. Nous avons réalisé des observations au microscope qui nous ont permis d’effectuer la transition, cela nous a permis de nous rendre compte de la matière à traiter, de la légèreté de ces organismes. Le plancton a quelque chose de nébuleux, de très beau.

Quelle a été ton approche pour travailler ? Comment as-tu procédé pour traiter ce sujet ?
Pour ma part, j’ai continué à me documenter. J’ai cherché les formes planctoniques les plus originales, les choses les plus étonnantes. Dans mon travail, je m’intéresse aux masques et je trouvais cela intéressant qu’une telle équipe se batte pour des êtres aussi petits. J’ai voulu les faire sortir de leurs formes microscopiques pour les rendre plus imposants. Et puis lorsque nous avons commencé à travailler sur ce projet, Tara était en Méditerranée pour étudier la pollution plastique et son interaction avec le plancton. J’ai donc essayé de combiner les deux thèmes en créant des masques inspirés de formes planctoniques à partir d’objets plastiques (gobelets, boutons, etc.). Je me suis plus particulièrement intéressée aux Siphonophores pour leurs couleurs et aux Cténophores pour leurs squelettes, mais j’ai effectué des mixes d’espèces pour créer des formes oniriques, et j’ai agrandi ces petites bestioles.

Cette collaboration entre Tara et l’ENSAD a permis de décloisonner les univers de la science et de l’art…
C’est bien de constater à quel point art et science sont liés. Certains scientifiques sont comme des artistes : ils sont face à une page blanche et ils se lancent dans des recherches quitte à faire fausse route. Au contact de Christian Sardet nous avons découvert un scientifique très attaché à l’aspect plastique de ses photos. En jouant sur l’aspect visuel et esthétique du plancton, Christian apporte une valeur ajoutée au sujet et le rend plus accessible au public. Cela donne une matière à l’art. J’étais ravie de pouvoir travailler sur un projet qui servait une cause intéressante. Cette aventure m’a plue ! Lorsque Tara et agnès b. invitent des artistes en résidence, ils créent des connexions nécessaires entre art et science.
L’année dernière, au moment du premier vernissage, à la Base Tara à Paris, les scientifiques étaient présents. L’un d’entre eux m’a félicité pour mon travail et a reconnu les formes qu’il a l’habitude d’observer au sein de son laboratoire. J’ai trouvé cela touchant qu’on puisse être intéressé par les mêmes sujets, sous différents angles.

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

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Informations pratiques :
Adresse : PAVILLON DE L’EAU – EAU DE PARIS
77, avenue de Versailles, 75016 Paris
Plus d’informations sur : www.eaudeparis.fr

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