L'art de Maki Ohkojima, en connexion avec la planète | Tara, un voilier pour la planète

L’art de Maki Ohkojima, en connexion avec la planète

© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

Plus de 250 candidats ont répondu à l’appel à candidatures pour notre programme d’artistes en résidence dans le cadre de l’expédition Tara Pacific. Parmi eux, Maki Ohkojima s’est démarquée, une évidence dès l’instant où l’on découvre ses œuvres grandeur nature et sa personnalité.

 

Maki Ohkojima's works on her version of the story of plankton_photo credit Sarah Fretwell_0Q8A4125Les esquisses de Maki Ohkojima sur sa version de l’histoire du plancton  © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Maki Ohkojima, elle-même, est une force de la nature. Elle ne se retient pas et aborde avec honnêteté, bonté et humour le monde qui l’entoure. Elle exprime son insatiable curiosité envers l’interconnexion de toutes choses dans un extrait de ses écrits, « Bouillon de vie »,

 

« [...] Chacun de nous perpétue le cycle de la naissance et de la mort, les cellules constituant la Terre.

Prenons conscience qu’un être vivant est non seulement unique, mais aussi une part d’une vaste vie collective, un élément d’un immense écosystème.

Seulement ensuite, pouvons-nous imaginer le cycle de vie. Notre corps fait partie intégrante du monde, des montagnes, des rivières, des océans, du vent, du feu et de la terre.

En tant que créatures, nous sommes en harmonie avec la mer et la terre. Ce principe d’existence nous permet de poser un regard nouveau sur le monde et sur nous-mêmes.

Pouvons-nous adresser aux étoiles des notes qui deviendront des chansons ?

Océans, écoutez ce que nous nous efforçons de chuchoter [...] »

Maki Ohkojima

 

L’œuvre de Maki est centrée sur le cycle de vie et l’interconnexion entre les humains, l’environnement, les animaux et l’énergie spirituelle – tout ce qui nous relie d’un point de vue physique et énergétique. Cet artiste prolifique de 30 ans engage son public à travers la peinture, des fresques murales et des vidéos, illustrant sa vision de la nature et du monde au travers de son propre monde intérieur. Ses œuvres reflètent l’influence des « techniques prémodernes, faisant preuve d’audace envers la mythologie antique, le chamanisme et les rituels perpétués aujourd’hui dans diverses sphères culturelles du monde entier » selon Mami Kataoka, conservateur très respecté du musée d’art Mori à Tokyo.

 

birds-view1ーsL’exposition de Maki à Tokyo, « Oiseaux, chantez les chants de la Terre à travers mes os ».  © Maki Ohkojima

 

Qu’est-ce qui a conduit Maki à suivre la goélette TARA pendant un mois et demi à travers le Japon ? Un profond désir d’apprendre et de mieux comprendre les mondes visible et invisible de l’Océan, son importance pour les espèces qui y vivent et la relation importante entre le milieu marin, les hommes et la planète. Maki nous a confié : « Je veux en apprendre davantage sur le changement climatique et ce qui se passe sous l’eau. Les océans, les forêts, les êtres vivants, etc. sont tous connectés. Les hommes sont seulement une partie de la grande circulation de l’univers ». Ses précédentes œuvres avaient pour thème le cycle de vie des forêts. Maki se concentre désormais sur celui des océans, « puisque tout est lié ». Maki envisage son expérience à bord de TARA comme une opportunité unique d’en apprendre davantage sur l’Océan, grâce à l’expérience inédite des scientifiques et de l’équipage.

 

Dans le cadre de sa recherche menée à bord de TARA, Maki est allée explorer les abords des îles Ogasawara (Japon) en palmes-masque-tuba. « J’ai imaginé ce que c’était que d’être une petite créature vivant dans l’océan à proximité d’un énorme corail, de contribuer au maintien de la vie, de faire partie intégrante de ce monde aquatique. J’ai imaginé que le corail était le cerveau de l’océan. TARA a besoin de scientifiques afin d’étudier, mais aussi de communiquer aux gens ce qui se passe dans les océans. Je tiens à exprimer les connaissances acquises au cours de mon expérience à l’aide de mes 5 sens et partager mes histoires. Nous avons besoin de comprendre et de prendre conscience du monde qui nous entoure et de notre interconnectivité. À travers l’art, les gens acquièrent cette connaissance d’une nouvelle manière ».

 

 

Artist aboard Maki Ohkojima taking a video to use for inspiration later_photo credit Sarah Fretwell_ 0Q8A4241Maki Ohkojima, artiste à bord, réalise une vidéo aux fins de s’en servir ultérieurement comme source d’inspiration © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Pendant son séjour à bord, Maki s’est entretenue quotidiennement avec les scientifiques sur la vie aquatique, depuis le plancton jusqu’au corail, a consulté de nombreux ouvrages, lu des publications et posé d’innombrables questions pour s’assurer qu’elle comprenait le fonctionnement interne de cet écosystème, couvrant souvent de notes son carnet. Une fois sa recherche terminée, elle se rendait à divers endroits du bateau, dessinant l’histoire du plancton ou illustrant la comparaison entre l’anatomie et le cycle de vie humaine et ceux du corail. Elle revenait ensuite vers les scientifiques pour leur demander leur opinion sur le texte approprié à y associer.

Son travail à bord de TARA a été approfondi et a représenté le meilleur de la collaboration entre les mondes scientifique et artistique.

Comme Kataoka l’a indiqué dans le synopsis de l’exposition de Maki, son besoin impérieux de comprendre pleinement ce qui l’entoure peut se résumer simplement : « Sa pratique constitue un avertissement à l’attention de tous ceux qui ne comprennent pas les limites de l’être humain et reproduisent la folie de chercher à contrôler les autres au moyen de la force. C’est ce sentiment aigu d’avoir une mission à accomplir qui la stimule ».

Les Taranautes sont honorés d’avoir reçu Maki à bord et de pouvoir désormais la compter comme l’une des leurs.

 

Sarah Fretwell

 

Site internet de Maki

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