Emmanuel Régent

© Emmanuel Régent

Biographie et actualités :

Emmanuel Régent vit et travaille à Villefranche-sur-Mer et à Paris. Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2001, il est lauréat du prix Découverte des Amis du Palais de Tokyo en 2009 et finaliste du prix Canson 2013.

Présent dans différentes collections privées et publiques, son travail est régulierement présenté en France et à l’etranger dans le cadre d’expositions personnelles (galerie Steinek à Vienne en 2014, galerie Analix Forever à Genève en 2013, Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice en 2013, Palais de Tokyo à Paris en 2010) ou dans le cadre d’expositions collectives (Petit Palais à Paris en 2013, Centre d’Art d’Yverdon en Suisse, HOH Art à Milan en 2012, Marlborough Gallery à Monaco en 2011, Centre d’art de Maraya-Sharjah aux Émirats Arabes Unis en 2011, Red Bull / Hangar-7 à Salzburg en 2007).

Il est représenté par les galeries Bertrand Baraudou et Caroline Smulders en France, par la galerie Analix Forever en Suisse et collabore également avec la galerie Steinek en Autriche.

Durant l’été 2014, le Fond Régional d’arts contemporain PACA à Marseille présentera au sein de son Plateau Expérimental une exposition individuelle de l’artiste. Un catalogue monographique sera publié à cette occasion par les éditions Somogy avec les textes de Rebecca François, Pascal Joly et Rudy Ricciotti.

A propos du dessin :

« Chacun appréhende le monde comme il le peut, de là où il se trouve. Le dessin est un mode d’observation, un outil de compréhension. Il est l’une des multiples façons de voir et de penser. À travers les époques, il me semble que les questions restent les mêmes. C’est peut-être la manière de les formuler qui change.

Le dessin est un langage autonome, sans doute la plus simple expression plastique. J’aime cette économie de moyen, qui permet de créer n’importe où, n’importe quand avec presque rien. À l’heure des nouveaux médias, de la multiplication des sources d’information, de la surproduction et de la dématérialisation des images, pourquoi dessiner encore sur du papier et comment intégrer ces nouvelles technologies dans le geste classique et ancestral d’un simple trait de la main ?

Je voudrais dessiner la lenteur, surexposer les paysages, préserver la lumière du papier, ne jamais terminer un dessin pour ne pas l’achever… »*

Présentation du travail:

Artiste pluridisciplinaire, Emmanuel Régent utilise autant de techniques classiques que des protocoles technologiques de pointe. Ses dessins, à la fois figuratifs, minimalistes et volontairement lacunaires, sont réalisés au feutre pigmentaire avec une encre noire dont le geste et le rendu évoquent le grésillement du pixel numérique. Ses peintures Nébuleuses sont constitués de différentes strates de peintures monochromes sur toile poncées par endroits de façon à révéler les couleurs dissimulées sous les couches. L’imagerie scientifique, les vues spatiales, les courbes de chaleurs, internet et le numérique influencent fortement sa pratique. « Je cherche à voir comment ces technologies peuvent s’infiltrer dans une approche classique de la peinture, de la sculpture et du dessin »*. L’univers maritime influence également son travail et se retrouve dans les sujets, formes et matériaux utilisés. Valles Marineris est par exemple une sculpture monumentale en inox inspirée d’un bloc de pierre de taille découvert lors d’une plongée dans la rade de Villefranche-sur-Mer, ville où se situe l’atelier de l’artiste. Il travaille également depuis de nombreuse années sur une série de dessins intitulée Le chemin de mes rondes, représentant les rochers du bord de mer.

Note d’intention pour le séjour à bord de Tara :

« Il me semble qu’explorer un territoire par voie maritime est une approche très différente de ce que l’on peut découvrir par voies terriennes et aériennes. Le niveau de la mer est le niveau de référence pour estimer l’altitude d’un territoire. Aborder un lieu par la mer, c’est donc l’aborder par le niveau zéro, c’est être surplombé par la côte, ses limites et ses découpes, en une approche humble et presque mystérieuse. Être en mer, c’est être un peu au bord du monde, pas vraiment dedans et pas vraiment en dehors ; rejoindre la côte c’est passer de l’état liquide à l’état solide, c’est peut être aussi découvrir le mal de terre.

Sur un voilier, le quotidien est rythmé par la météo et tributaire du flux des vents et de la mer.Dans un monde de vitesse et de rentabilité, où le poids des images et des livres se mesure en kilo-octets, où nos distances ne s’évaluent plus en kilomètres mais en heures et en minutes, mon travail cherchera à faire l’éloge de la lenteur.

Le geste créatif se développe souvent en fonction des rencontres et des circonstance de terrain, mon système de pensée est fluide, je lutte souvent contre les prédictions, les routes trop balisées, j’essaie de faire confiance aux vents. Pour ce séjour à Tara, je souhaite mettre en place un protocole privilégiant le dessin, qui me semble être le moyen adéquat pour développer une nouvelle série à bord. Après mes séries représentant des files d’attentes, des foules, je souhaite aujourd’hui dessiner une série d’îles, peut-être celles qui en Grèce sont à l’origine de tant de mythes fondateurs. Je souhaite dessiner ces morceaux de terre situés entre ciel et mer, ainsi que les sites archéologiques côtiers qui m’offriraient l’opportunité, si le temps et le parcours du bateau le permettent, de continuer ma série en cours d’architectures en ruines. J’espère donc réaliser des croquis préparatoires et des photographiess afin de constituer ma propre base de données et poursuivre mes recherche dès mon retour à l’atelier. J’aimerai a mon retour éditer un ouvrage compilant mes dessins. »*

*Emmanuel Régent, notes octobre 2012 et mai 2014