EN DIRECT DU BATEAU

22/02/17

« 85000 litres pour la science. »

Voilà un mois et demi que j’ai embarqué sur Tara à Wallis, la destination la plus lointaine de Paris d’où …

Voilà un mois et demi que j’ai embarqué sur Tara à Wallis, la destination la plus lointaine de Paris d’où je suis partie.

[Après avoir complété sa thèse portant sur les données TARA Océans dans le laboratoire de Chris BOWLER à l’Ecole Normale Supérieure d’Ulm, Flora Vincent poursuit ses recherches grâce à une bourse attribuée par la Fondation de la Mer. Elle a pu embarquer pour la première fois à bord de TARA à Wallis pour échantillonner le plancton durant l’expédition TARA Pacific. Elle débarquera à Fukuoka - JAPON]

 

8-Scientist Flora Vincent shaking her 1,801 sample bottle of this leg of the expedition_Photo Credit Sarah Fretwell_0Q8A5357Flora Vincent, scientifique, secoue ses 1,801 prélevés lors de ce leg de l’expédition © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Je viens de terminer mes trois années de doctorat à l’Ecole Normale Supérieure d’Ulm dans le laboratoire de Chris BOWLER, où j’ai travaillé sur les données récoltées pendant l’expédition Tara Océans. Aussi incroyable que cela puisse paraître, on peut faire une thèse entière sur les données de Tara Océans et n’avoir jamais embarqué sur la goélette. Alors tout naturellement, quand Colomban de Vargas et Sarah Romac – responsables Plancton sur Tara Pacifique – m’ont proposé de monter à bord pour récolter du plancton entre Wallis et Fukuoka, j’ai sauté sur l’occasion.

Si la majorité des scientifiques à bord de Tara s’occupent d’analyser le corail, Guillaume – l’ingénieur de pont – et moi nous intéressons à tout ce qui se passe autour du corail. Quels sont les paramètres physico-chimiques de l’eau qui l’entoure, quels sont les micro-organismes invisibles à l’œil nu qui peuplent le récif, que font-ils et à quel point sont-ils différents de ceux que l’on trouve directement sur les coraux ou plus au large ? Quelle est l’influence d’une île et de ses habitants en plein milieu du Pacifique sur l’écosystème planctonique?

Concrètement notre travail scientifique se divise en deux temps. Il y a la phase dite ‘des îles’, où deux fois par jour je pars en zodiac collecter de l’eau de mer aux abords des récifs coralliens avec l’aide de l’équipage – souvent Julie, Nico, Martin et Jon – et lance une batterie d’analyses génétique, morphologique et physico-chimique une fois de retour sur Tara. J’ai eu la chance de prélever aux Tuvalus, aux Kiribati, à Chuuk, Guam et Ogasawara ; des endroits exceptionnels que je savais à peine placer sur une carte, malheureusement menacés par le changement climatique.

 

Guillame Bourdin Flora Vinent Sarah Fretwell 0Q8A1917Les scientifiques Guillaume Bourdin et Flora Vincent discutent des résultats des prélèvements nocturnes de plancton © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions 

 

Entre deux îles, il y a la phase dite ‘Océan’. Durant ces navigations en pleine mer, Guillaume et moi récoltons tous les jours l’eau directement pendant que le bateau avance, grâce à une série de filets, de pompes, et de tuyaux, que nous mettons à l’eau à des endroits d’intérêts bien précis avec l’aide des marins, que cela soit de jour ou de nuit, sous le soleil ou sous la pluie, avant de lancer toutes les manipulations qui permettent de récolter les micro-organismes présents dans l’eau.

Ces phases de terrain sont exaltantes; je sais que pour les 85000 litres d’eau de mer que nous avons récoltés en 2 mois à peine (sur 2 ans d’expédition !), des années de recherche et de découvertes inédites suivront. Tara permet de développer des approches et de répondre à des questions que seules une telle échelle d’échantillonnage et d’interdisciplinarité peuvent permettre. Si pour moi l’aventure à bord se termine bientôt, celle de Tara Pacifique ne fait que commencer.

Flora Vincent

Articles associés

▸ TARA ACCOSTE A FUKUOKA : UNE PREMIERE POUR LA GOELETTE SCIENTIQUE ET POUR LE PUBLIC JAPONAIS
▸ Questions-réponses de Martin Hertau, capitaine de Tara
▸ « Comme tous les matins »

© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions
20/02/17

TARA ACCOSTE A FUKUOKA : UNE PREMIERE POUR LA GOELETTE SCIENTIQUE ET POUR LE PUBLIC JAPONAIS

Communiqué de presse C’est après de longues journées de rudes conditions de navigation que la goélette polaire française Tara a …

Communiqué de presse

C’est après de longues journées de rudes conditions de navigation que la goélette polaire française Tara a pu accoster dans le port de Fukuoka ce dimanche 19 février à 17 heures heure locale. Partis de Ogasawara le 15 février, leur dernier site de recherche, les scientifiques et marins à bord auront dû affronter un vent de face très soutenu, dans une mer particulièrement agitée, avant de rejoindre la ville de leur première escale ouverte au public, sur l’île de Kyushu, au sud de l’archipel.

 

Arrivee a Fukuoka Sarah Fretwell Fondation Tara ExpeditionsArrivée à Fukuoka © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Cette arrivée, très symbolique pour Tara, marque la fin d’une première campagne océanographique d’Est en Ouest de l’expédition TARA PACIFIC. Pendant ces 8 derniers mois et au cours des 30 000 kilomètres parcourus, les scientifiques ont ausculté les récifs coralliens et leur écosystème pour en comprendre la biodiversité, la richesse – jusqu’à son intimité génétique – et leur comportement face aux perturbations environnementales globales.

« Accueillir Tara au Japon pour moi est très émouvant » raconte le Pr Hiroyuki OGATA, le premier biologiste japonais de l’université de Kyoto à avoir embarqué en 2010 à bord de Tara lors de l’expédition TARA OCEANS, qui avait permis de repousser les frontières de la connaissance du monde planctonique et donné lieu à 50 publications dont 8 dans les revues Science et Nature. « Aujourd’hui, les universités de Kyoto, Tokyo, Tsukuba, Kochi et Ruykyu ont embarqué dans cette nouvelle aventure scientifique et cette expédition devrait contribuer aux recherches que nous menons dans les eaux japonaises et les Ryukyu ».

 

 

C’est la première fois que le voilier atteint les côtes japonaises pour aller à la rencontre du public japonais.
Pour Etienne Bourgois, le fondateur du projet TARA EXPEDITIONS en 2003, « parmi les 30 pays étudiés durant l’expédition Tara Pacific, le Japon est le pays où la goélette reste le plus longtemps, deux mois, avec 9 escales prévues. Il était capital, pour nous, d’aller partager ce que nous faisons avec le public japonais, et en particulier avec le jeune public et les enfants. L’océan et ses enjeux ne concernent-ils pas d’abord les nouvelles générations ? ».

Les escales de Fukuoka, Onomichi, Kobe, Nagoya, Yokohama et Tokyo vont permettre au public japonais de monter à bord et visiter ce bateau construit pour les conditions extrêmes, de rencontrer les marins, mais aussi de mieux découvrir le fil des 13 années d’expéditions passées à travers une exposition itinérante, des projections de documentaires et des conférences. Une occasion de découvrir un peu plus un univers encore très méconnu qui recouvre 70% de notre planète : l’Océan.

Articles associés

▸ Cap sur le Japon
▸ TARA AU JAPON
▸ Suivez la progression de l'expédition Tara Pacific

© Yoshirou Hirano / binmei.jp
17/02/17

Questions-réponses de Martin Hertau, capitaine de Tara

Après avoir embarqué sur Tara en octobre dernier à Moorea, Martin a piloté la goélette sur près de 8 500 …

Après avoir embarqué sur Tara en octobre dernier à Moorea, Martin a piloté la goélette sur près de 8 500 milles nautiques reliant 16 atolls, 11 îles et 8 pays avant d’atteindre Fukuoka (Japon) après 5 mois et 1 semaine de navigation. Retour sur cette expérience extraordinaire à travers le Pacifique.

 

Martin Hertau rencontre le roi de WallisMartin Hertau, capitaine, présente Tara au roi de Wallis © Pierre de Parscau / Fondation Tara Expéditions

Comment vous sentez-vous à l’idée de visiter le Japon pour la première fois ?

Je suis très heureux de découvrir le Japon ! Je me souviens, plus jeune, au lycée, j’ai participé à un festival du film où l’invité d’honneur était japonais. Je ne connaissais pas grand-chose du pays du Soleil Levant, c’est lors de ce festival j’ai rencontré des artistes japonais et j’ai vu beaucoup de films. Depuis, je reste fasciné par cette impression, ce subtil mélange de modernité et de tradition qui se dégage du Japon. J’ai toujours su que je visiterais l’archipel nippon un jour… aujourd’hui j’ai la chance de réaliser ce rêve avec Tara (sourire).

 

Où avez-vous commencé ce voyage, combien de temps avez-vous été à bord, et quels ont été les faits marquants de cette étape pour vous ?

Les scientifiques à bord ont collecté des milliers d’échantillons, nous avons réalisé des centaines de plongées, des dizaines de scientifiques et de membres d’équipage se sont relayés à bord. Souvent, cela s’est fait sous une chaleur insupportable ! C’est très éprouvant de vivre et travailler sur un bateau construit pour l’Arctique sous l’équateur.

J’ai beau naviguer depuis des années, cette première traversée du Pacifique a été une expérience vraiment très riche, remplie de toute sortes d’émotions et d’expériences incroyables. Nous avons rencontré des Rois et des Chefs coutumiers, passé la nuit dans un fale (hutte traditionnelle), assisté à un service religieux sur de toutes petites iles, ou encore mangé du porc cuit dans un four traditionnel…. C’est très fort, ce sont des lieux très reculés.

 

Chief Scientist Didier Zoccola and Captain Martain Hertau hold an early morning press conference with NOAA in Washington DC_photo credit Sarah FretwellDidier Zoccola, chef scientifique, et Martin Hertau, capitaine, en vidéo conférence avec l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), basée à Washington DC © Sarah Fretwell/ Fondation Tara Expéditions

 

La patience a été la clé de la navigation dans le Pacifique. Les longues heures passées dans les bureaux gouvernementaux à effectuer les démarches administratives nous ont permis de rencontrer les gens, discuter, puis échanger au sujet de leurs îles, de leur mode de vie et des mesures mises en place ou non pour protéger l’environnement.
J’ai rencontré beaucoup de gens avec des points de vue surprenants sur les impacts du changement climatique. Aux Tuvalu, pendant que nous attendions les permis, j’ai interrogé une administratrice au sujet de la hausse du niveau des mers. Elle m’a répondu : « Cela ne nous pose pas de problème. Dieu a un plan pour chacun d’entre nous, il a donc un plan nous concernant. »
J’en ai passé des heures à compléter des documents relatifs au bateau ! Pour obtenir l’autorisation d’entrer et de sortir de chaque port et essayer d’obtenir les permis CITES pour les échantillons de coraux.

J’ai vraiment été impressionné par l’environnement tropical luxuriant des Tuamotu. Ça comble les rêves de Polynésie de tout occidental (sourire). Nous avons souvent été entourés par des baleines à bosse et avons même nagé avec elles. L’atoll de Wallis nous a offert une vision magique lorsque nous sommes arrivés après 4 jours de navigation. Une lumière incroyable éclairait l’eau d’un bleu vif, qui contrastait avec le vert des arbres endémiques.

Avant Futuna, 50% des plongées que nous faisions, c’était sur des récifs blanchis et morts. Nous avons tous eu le sentiment à bord d’être les témoins de la disparition de l’écosystème corallien. Mais les plongées autour de l’île d’Alofi ont été les plus belles que nous ayons connu au cours des 4 derniers mois – colorées et pleines de vie. Je garde au fond de la rétine de magnifiques plongées de nuit avec des serpents de mer à Niue et ou sur des épaves incroyables aux îles Chuuk.

 

Captain Martain Hertau and Chief Engineer Daniel Cron upon finding the boats telegraph on Fujikawa shipwreck_photo credit Pete WestLe capitaine Martin Hertau et l’ingénieur en chef Daniel Cron après avoir découvert le transmetteur d’ordres sur l’épave du Fujikawa © Pete West/ BioQuest Studios 

Quel est le défi le plus important en tant que capitaine à bord de Tara ?

La vie à bord est intense. La mission de Tara est très ambitieuse et il n’est pas toujours facile de coordonner la science, les relations publiques, les horaires serrés et les conditions météorologiques. Il y a toujours une nouvelle destination, chaque escale est différente, et on doit faire face à chaque situation pour assurer le bon déroulement de l’expédition. C’est un défi constant ! Les semaines sont passées à une vitesse folle.

 

Que prévoyez-vous de faire après avoir débarqué ?

Ce n’est pas encore décidé. J’attends une réponse concernant le certificat de marin. J’ai 2 options qui conduiront à des chemins complètement différents. Soit je retourne sur mon bateau au Guatemala et prends un peu de repos, soit je retourne étudier l’année prochaine pour obtenir un brevet de capitaine supérieur. A suivre !

Merci Martin…

 Sarah Fretwell

Articles associés

▸ Cap sur le Japon
▸ Vidéo: Les épaves toxiques du Pacifique
▸ Vidéo : Biologiste marin à bord de Tara

© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions
15/02/17

Cap sur le Japon

Une légère tristesse a gagné notre équipage au départ de Guam (USA). D’un côté, il fallait dire au revoir à …

Une légère tristesse a gagné notre équipage au départ de Guam (USA). D’un côté, il fallait dire au revoir à certains membres d’équipage, devenus de vrais amis ; de l’autre, en accueillir de nouveaux et se diriger avec enthousiasme vers le Japon.

Les scientifiques ont terminé leurs travaux de recherche à Guam, même s’ils n’ont pu échantillonner qu’une zone réduite en raison du mauvais temps. La couverture corallienne saine qu’ils ont pu observer est limitée à de petites parcelles protégées, mais l’abondance de poissons récifaux y restait étonnamment élevée.

L’équipage sur le départ compte des amis inoubliables.

 

Saying goodbyeNous disons au revoir à nos précieux membres d’équipage, Daniel Cron, chef mécanicien, Julie Lherault, officier de pont, et Nicolas De La Brosse, second, à Guam. © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions 

 

Julie Lhérault, officier de pont et seule femme à bord capable de piloter un zodiac ou de réparer une pompe de cale avec les membres les plus expérimentés de l’équipage, et ensuite de sauter dans une robe et de préparer le meilleur dîner de sashimi que vous mangerez de votre vie.

Nicolas De La Brosse, second. Il s’assure de la bonne marche de la goélette et que tout est à sa place. On peut toujours le localiser sur le bateau à ses éclats de rire tonitruants. Son amour pour le prosciutto et les céréales au chocolat est si grand qu’une rumeur circule à bord selon laquelle il aurait dormi pendant tout le dernier mois avec ces aliments sous son oreiller !

Et enfin, Daniel Cron, notre chef mécanicien. Il doit se contorsionner dans les espaces les plus étroits, les plus sombres et souvent les plus sales du bateau pour veiller à ce que TARA fonctionne parfaitement. Ses effroyables mouvements de danse et ses réprimandes pleines d’humour lorsque vous oubliez d’éteindre les lumières dans votre chambre – « Ce n’est pas Versailles ici ! » – nous manqueront beaucoup.

 

Saying goodbye to Daiel, Nico, and Julie in Guam_photo credit Sarah Fretwell_0Q8A3165-2 A Guam, nous disons au revoir à Daniel, Nicolas et Julie © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions 

 

Bien que chacun de ces membres d’équipage avait son rôle propre, ils ont tous travaillé très dur, s’attelant à n’importe quelle tâche devant être accomplie – même lorsqu’elle n’entrait pas dans leurs fonctions – afin d’assurer la réussite des scientifiques et de l’expédition. C’est une expérience incroyable de les voir travailler en équipe et un honneur pour tous à bord d’avoir collaboré avec eux.

Dans le port de Guam, nous avons retrouvé notre partenaire d’expédition, Rainer Friedrich de World Courier, et emballé sous sa direction les échantillons scientifiques collectés au cours des 3 derniers mois (de Tahiti à Guam) pour les expédier aux laboratoires partenaires dans le monde entier. Après nous être dit au revoir, nous avons eu la joie de rencontrer quatre nouveaux membres d’équipage : le second capitaine, Nicolas Bin ; l’officier de pont, Francois Aurat ; le chef mécanicien, Loïc Caudan, et notre artiste en résidence, Maki Ohkojima, de Tokyo.

 

Rainer FriedrichRainer Friedrich, de World Courier, s’assure que les échantillons de coraux, très sensibles à la température, arrivent aux laboratoires grâce à un conditionnement dans des boîtes thermiques à l’aide de glace carbonique © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Nous avons ensuite hissé les voiles pour une navigation de 5 jours et de 832 milles nautiques jusqu’au Japon, où notre première escale avant de rejoindre les îles principales sera l’île méridionale de Ogasawara.

Au Japon, Tara étudiera spécifiquement le courant marin Kuroshio et son rôle dans la dispersion des larves de poissons récifaux. Généré dans le Pacifique occidental, ce courant chaud alimente les récifs les plus septentrionaux de la planète, situés au Japon.

Nos escales au Japon sont l’un des moments forts de cette année pour TARA. Depuis 2009, la Fondation Tara Expéditions collabore avec Hiroyuki Ogata, chercheur à l’université de Kyoto et expert en biologie évolutive et en écologie des micro-organismes. Il a été le premier scientifique japonais à être monté à bord de Tara et nous sommes ravis de travailler avec lui dans son pays d’origine.

Sarah Fretwell, correspondante de bord

Articles associés

▸ A l’horizon des Kiribati
▸ « Comme tous les matins »
▸ Dominique Limbour, cuisinière autour du monde

© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions
14/02/17

Vidéo: Les épaves toxiques du Pacifique

Le lagon de Chuuk, en Micronésie, est connu des plongeurs du monde entier pour ses 52 épaves de navires de …

Le lagon de Chuuk, en Micronésie, est connu des plongeurs du monde entier pour ses 52 épaves de navires de la Seconde Guerre Mondiale, et l’incroyable biodiversité corallienne qui les habite. Mais ce que beaucoup ne savent pas, c’est que ces « trésors » libèrent du carburant, au fur et à mesure que le sel corrode les réservoirs. Et ils renferment également des munitions, non désarmées…

Pour la biodiversité marine et les communautés qui dépendent de l’Océan pour leur survie, ces épaves sont littéralement des bombes à retardement. Il va falloir payer des millions de dollars pour pomper les restes de carburants, avant que les réservoirs ne soient complètement corrodés et impactent gravement le lagon et ses habitants. Mais à qui envoyer la facture…?

© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expeditions

Articles associés

▸ Vidéo : Plongée sur épaves
▸ Vidéo : Biologiste marin à bord de Tara
▸ Tristes nouvelles des îles Chuuk

© Fondation Tara Expéditions
11/02/17

Vidéo : Plongée sur épaves

Depuis le début de l’expédition Tara Pacific, de très nombreuses plongées ont été réalisées par l’équipage dans le but d’étudier …

Depuis le début de l’expédition Tara Pacific, de très nombreuses plongées ont été réalisées par l’équipage dans le but d’étudier les récifs coralliens… Mais arrive-t-il parfois que l’équipage découvre également des épaves de navires ? Telle est la question de Yasmine, élève de 5ème, pour laquelle Daniel n’a pas hésité à explorer les fonds marins…

Ces vidéos Tara Junior s’inscrivent dans le cadre de l’opération pédagogique et scolaire « Suivre Tara Pacific », ouverte à tous sur inscription.

Pour plus de renseignements

© Daniel Cron / Fondation Tara Expeditions

Articles associés

▸ Echanges privilégiés entre jeunes curieux et l'équipage
▸ Vidéo : Ils vous ont répondu - Électricité à bord
▸ LES EXPOSITIONS TARA DANS VOTRE ECOLE

© Fondation Tara Expéditions
10/02/17

Vidéo : Biologiste marin à bord de Tara

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemble le travail d’un scientifique, loin de tout, conduisant des recherches fondamentales sur l’état …

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemble le travail d’un scientifique, loin de tout, conduisant des recherches fondamentales sur l’état de santé de l’océan ?
Rencontrez la biologiste marine Océane Salles, âgé de 27 ans, qui travaille actuellement sur l’expédition Tara Pacific. Elle nous en dit plus sur sa relation avec l’océan, le travail qu’elle fait, et son expérience à bord de la goélette Tara.

© Fondation Tara Expéditions

Articles associés

▸ Tristes nouvelles des îles Chuuk
▸ Vidéo : "Si nous sauvons les Tuvalu, nous sauvons le monde"
▸ « Comme tous les matins »

© Fondation Tara Expéditions
08/02/17

Tristes nouvelles des îles Chuuk

A Chuuk, en Micronésie, l’équipage de Tara a observé une fois encore des récifs coralliens fortement affectés par la hausse …

A Chuuk, en Micronésie, l’équipage de Tara a observé une fois encore des récifs coralliens fortement affectés par la hausse des températures. De nombreuses colonies ont blanchi, le taux de mortalité est important. Les rapports indiquent que les conditions sont potentiellement plus graves encore à Guam.

Peu de données avaient été publiées avant 2016 sur l’état de santé des récifs aux îles Chuuk. L’équipe Tara espérait trouver ici un écosystème corallien mieux préservé que celui des Tuvalu et de Kiribati.

Till Röthig, doctorant à l’université des sciences et technologies du Roi Abdallah (KAUST) située à Thuwal en Arabie Saoudite, confie : « J’ai été très surpris de voir des coraux touchés par le blanchissement jusqu’à 30 mètres de profondeur ». Il décrit des indices qui suggèrent que le blanchissement dure depuis un certain temps : « le sommet d’une colonie de coraux massifs était partiellement morte et recouverte d’algues. Plus bas, le tissu corallien était vivant, mais blanchi. A la base, le corail semblait encore en bonne santé ».

 

Le Scientifique Till Rothig examine la proue incrustée de corail sur l'épave du Fujikawa Maru, vieille de 73 ans
Till Rothig, scientifique à bord de Tara, étudie les coraux incrustés sur l’étrave du l’épave du Fukijawa Maru, vieille de 73 ans © Pete West / BioQuest Studios

 

Les membres du gouvernement de Chuuk précisent qu’il n’y avait pas de blanchissement lié au réchauffement océanique avant 2016, ce qui est confirmé par les données du programme de surveillance des récifs coralliens de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Celles-ci remontent à l’année 2000 et n’indiquent pas d’anomalie majeure de la température avant septembre 2016. La température a alors augmenté pendant une période de trois mois, engendrant vraisemblablement un blanchissement généralisé des coraux, suivi d’une forte mortalité des espèces dans la région. Les observations faites par les scientifiques de Tara semblent être les conséquences de cet épisode aigu de blanchissement.

L’équipe a ensuite pu examiner le corail de Guam (USA), après une traversée de 3 jours et 580 milles nautiques. Tara a navigué sous un ciel partiellement nuageux avec des vents de force 6 sur l’échelle de Beaufort et des vagues de 3 mètres. Tout le monde à bord apprend à vivre et à travailler dans ces conditions difficiles, mais le moral reste bon !

 

bleached anemone
Une anémone (parent proche du corail), translucide car elle a perdu ses algues symbiotiques : elle souffre de blanchissement © Till Rothig

 

Situé immédiatement à la périphérie du « Triangle du corail », Guam est historiquement connu pour son écosystème corallien incroyablement diversifié. Récemment, Laurie Raymundo, écologiste corallienne à l’université de Guam, cité par le Washington Post : « Au cours des 3 dernières années (2014-2016), nous avons connu des épisodes de blanchissement d’une ampleur sans précédent dans l’histoire récente. » Elle a décrit le choc qu’elle a reçu lors de sa récente plongée, dans un post sur Facebook : « Je me considère comme une personne relativement objective et logique en matière de science, mais parfois cette approche me fait défaut. Aujourd’hui, pour la première fois en 50 ans, j’ai pleuré dans mon masque pendant une heure en constatant l’étendue du blanchissement et le taux de mortalité affectant nos magnifiques coraux de Tumon Bay ».

Sarah Fretwell

Articles associés

▸ A l’horizon des Kiribati
▸ Vidéo : "Si nous sauvons les Tuvalu, nous sauvons le monde"
▸ ITW Maren Ziegler: bilan des sites étudiés entre Tahiti et Wallis

© Till Rothig
02/02/17

Vidéo : « Si nous sauvons les Tuvalu, nous sauvons le monde »

Ce n’est pas une fiction, c’est un fait : les Tuvalu sont en train de couler. Les impacts du changement …

Ce n’est pas une fiction, c’est un fait : les Tuvalu sont en train de couler. Les impacts du changement climatique (événements climatiques extrêmes, élévation du niveau marin) mettent en péril la sécurité et la survie des Tuvaluan.
Entretien avec le Premier Ministre, sur l’avenir des Tuvalu.

© Fondation Tara Expéditions

Articles associés

▸ [Tara Pacific] Happy new year 2017 !
▸ [Tara Pacific] Le corail à remonter le temps
▸ Vidéo : Ils vous ont répondu - Électricité à bord

© Fondation Tara Expéditions
27/01/17

A l’horizon des Kiribati

Conscients que les scientifiques du changement climatique ont donné à leur île une cinquantaine d’années avant qu’une grande partie de …

Conscients que les scientifiques du changement climatique ont donné à leur île une cinquantaine d’années avant qu’une grande partie de celle-ci ne devienne inhabitable, les habitants des Kiribati sont toujours à la recherche de toutes les solutions possibles pour préserver leur mode de vie et leur nation insulaire du naufrage.

 

Local children have thier run of the village and served as Tara tour guides on Abaiang Island, Kiribati_photo credit Sarah FretwellLes enfants de  l’île Abaiang dans les Kiribati © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Alors que l’annexe de Tara accostait sur la plage de sable blanc, une famille de pêcheurs locaux s’est avancée pour l’accueillir. Un jeune garçon a grimpé au sommet d’un cocotier pour récolter des noix fraîches pour l’équipage.

A mesure que les scientifiques de Tara s’imprégnaient de ce paradis perdu, certains ont senti leur gorge se serrer. Cette île, cette communauté et cette famille ne seront plus ici dans 50 ans.

Scientifique embarqué, Martin Desmalades, technicien au CRIOBE à Perpignan en France, résume ce sentiment : «Vous avez beau savoir ce qu’en dit la science et vous avez déjà entendu les différentes opinions sur où et comment les impacts du changement climatique se produiront ici. Mais, lorsque vous êtes sur place au milieu des locaux et que vous observez leur vie, vous éprouvez un sentiment d’incrédulité. Vous espérez vraiment qu’ils pourront trouver une solution.»

 

Where the green plants and palm trees meet the beach marks the backyard of most residents of Abaiang Island, Kiribati_photo credit Sarah FretwellLa rencontre entre les palmiers et la plage marque l’arrière-cour de la plupart des résidents de l’Île Abaiang dans les Kiribati © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Située entre les Fidji et les îles Marshall, la jeune nation insulaire de Kiribati (prononcée « Ki-ri-bass ») a le triste honneur d’être annoncée comme l’une des premières nations au monde à disparaitre du fait des ravages du changement climatique.

Pour comprendre la perspective locale, nous avons rencontré et sollicité l’avis de Choi Yeeting, coordonnateur national du changement climatique auprès du président des Kiribati. Yeeting nous confie un adage inculqué aux jeunes de Kiribati, «Nangoa Wagm Nte Tauraoi» – Soyez prêts à tout prix.

«Désormais, avec la fonte des calottes glaciaires, il se peut qu’il ne nous reste plus que très peu de temps pour nous adapter et développer une certaine résilience vis-à-vis de la potentielle disparition des Kiribati dans l’avenir. C’est là une grande question. Il se peut que nous n’ayons pas assez de temps pour y parvenir complètement.» dit-il.

 

Fishermen from Tabontebike village in Kiribati_photo credit Sarah FretwellLes pêcheurs du village de Tabontebike dans les Kiribati © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Les Gilbertins – habitants des Kiribati, I-Kiribati en gilbertin – ressentent déjà les pressions du changement climatique. Des tempêtes plus violentes conduisent à des litiges fonciers, car de plus en plus de personnes se déplacent vers l’intérieur des terres après les tempêtes, empiétant sur les terres d’autrui.

Pourtant, Yeeting dit que les gens gardent espoir. «Nous sommes d’une nature combattive. Il le faut pour rester dans notre pays. Vous pouvez envisager la situation du point de vue du capitaine d’un navire, c’est-à-dire, sombrer avec votre vaisseau.

Il s’agit d’une question de fierté, d’être qui nous sommes vraiment. Où irions-nous ? Serions-nous encore des I-Kiribati après cela ? Personnellement, c’est comme cela que je le vois. Je suppose que mon premier réflexe serait de couler avec mon pays.»

 

Tara crew pose with the local children in Tabontebike village Kiribati_photo credit Sarah FretwellL’équipage de Tara prend la pose avec les enfants du village de Tabontebike dans les Kiribati © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Yeeting n’est pas dans le déni de la dure réalité de devoir quitter les terres auxquelles son peuple et son patrimoine sont si étroitement liés, d’aller vivre dans un autre pays. «Qui deviendrons-nous si nous quittons notre pays ? Serons-nous toujours des I-Kiribati ? répète-t-il. Nos valeurs traditionnelles comptent-elles toujours lorsque nous immigrons dans un autre pays ? Personnellement, je voudrais demeurer I-Kiribati et toujours garder mes traditions et valeurs culturelles. En dépit de la science. Malgré le fait scientifique que nous n’avons pas 50 ans devant nous.»

Lorsque nous lui demandons à quoi son avenir ressemblera dans le meilleur des cas, il répond : «J’aurai des enfants d’ici là, je serai marié et je vivrai ici à Kiribati toute ma vie. C’est quelque chose que j’envisage pour moi. C’est le scénario idéal à ce stade. Quel est le scénario pessimiste ? Le pire scénario possible serait d’avoir à évacuer les Kiribati. Je ne vois pas un bel avenir pour notre peuple si ce jour arrive vraiment.»

 Sarah Fretwell

Articles associés

▸ « Comme tous les matins »
▸ Dominique Limbour, cuisinière autour du monde
▸ WALLIS EN QUETE D’EQUILIBRE

© Nico De La Brosse / Fondation Tara Expéditions

La Carte

CHARGER LA SUITE
CHARGER LA SUITE