EN DIRECT DU BATEAU

16/03/17

Pied à terre et regard dans le sillage

Nous voilà enfin arrivés sur l’archipel principal du Japon, où Tara fait un arrêt prolongé pour des raisons historique et scientifique: le Japon est fan d’Agnès b. depuis 30 ans, et abrite une grande diversité de récifs coralliens.

 [Après avoir complété sa thèse portant sur les données TARA Océans dans le laboratoire de Chris BOWLER à l’Ecole Normale Supérieure d’Ulm, Flora Vincent poursuit ses recherches grâce à une bourse attribuée par la Fondation de la Mer. Elle a pu embarquer pour la première fois à bord de TARA à Wallis pour échantillonner le plancton durant l’expédition TARA Pacific. Elle a débarqué à Fukuoka - JAPON]

Nous voilà enfin arrivés sur l’archipel principal du Japon, où Tara fait un arrêt prolongé pour des raisons historique et scientifique: le Japon est fan d’Agnès b. depuis 30 ans, et abrite une grande diversité de récifs coralliens. Pour l’occasion ils ne font pas les choses à moitié : nous avons levé les voiles sous un soleil radieux et l’entrée dans la baie de Fukuoka a été accompagnée par un hélicoptère de la télévision NHK qui nous tournait autour ! Perchée sur le mât de Tara, je me suis extasiée devant le monde moderne, perdu de vue pendant deux mois.

 

Visite_Flora_credit_NPansiot_P2140206Flora Vincent, biologiste marine, interviewée par NHK chaîne de télévision japonaise à son arrivée à Fukuoka © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Depuis trois jours, c’est la reconnexion. Dès le lendemain de notre arrivée à Fukuoka, la télévision japonaise est à bord et un reportage est diffusé sur la chaîne principale le soir même. Une partie des scientifiques et marins a débarqué, relayée par une partie de l’équipe de Paris, venue en renfort pour les escales qui s’annoncent très denses, apportant avec eux une chose bien bizarre : un boîtier Wifi. Je l’ai longuement contemplé et, une fois les 2300 messages WhatsApp synchronisés, j’ai pris conscience du temps passé à bord car il nous rattrape. Une annonce de grossesse, une rupture, une naissance, de nombreuses soirées, bref une vie parallèle qui continue, sans nous.

A notre plus grand bonheur, nous avons été réquisitionnés avec Till, un autre scientifique, Maki l’artiste en résidence et Nicolas le second, pour faire les visites scolaires. 120 étudiant-e-s en une matinée, 4 heures à expliquer l’histoire de la goélette, la science, les missions de Tara, mes anecdotes, complétées par les premiers tableaux de Maki qui rappellent les réelles convergences créatives entre Art et Science.

Partager mon expérience toute fraîche avec les lycéen-ne-s. Voir les impératifs de la sensibilisation du grand public remplacer les impératifs de la science mais toujours contraints par ceux de la navigation. Réaliser doucement que je participe à quelque chose qui me dépasse complètement : une synthèse unique des trois pôles, qui convergent autour d’une passion commune pour le monde marin.

 

P2140490Flora Vincent, biologiste, présente Tara aux scolaires grâce aux dessins de Maki, artiste en résidence © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

J’ai passé deux mois à parler aux 14 mêmes personnes, et en 4 heures été reconnectée grâce aux visiteurs et journalistes montés à bord ainsi que mes notifications WhatsApp – déphasage. Pendant deux mois, ma vie a été rythmée par la science, la navigation, la vie en communauté loin de toutes (pré)occupations terrestres et c’est peut-être le ressenti le plus bizarre que j’ai eu ces derniers jours: créer le pont entre ma vie de ces deux derniers mois et celle « d’avant», comme une liane qui se tisse entre la vie à terre et cet univers que j’ai découvert. J’admire les marins qui trouvent leur équilibre entre ces deux mondes, pour qui les embarquements peuvent durer 6 mois, car pour le moment mon cerveau n’a toujours pas compris ce qui est en train de se dérouler.

Aujourd’hui, ce qui me ramène à terre s’aligne avec ce qui fait la raison d’être de Tara depuis des années. L’envie de partager une aventure, et d’être témoin d’un merveilleux trésor à comprendre et préserver. Mais surtout, endosser la responsabilité que nous avons, scientifiques, marins et citoyen-ne-s de faire prendre conscience des bouleversements qui se produisent sur cette planète bleue. Me voilà devenue une Taranaute …

Flora Vincent

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© Noelie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
14/03/17

Visite historique à Hiroshima

A l’occasion de l’escale de la goélette à Onomichi, les Taranautes ont pu quitter le bateau quelques heures pour se …

A l’occasion de l’escale de la goélette à Onomichi, les Taranautes ont pu quitter le bateau quelques heures pour se rendre au Musée du Mémorial pour la paix, à Hiroshima. Cette visite historique a marqué les esprits.

Le 6 et 9 août 1945, les villes d’Hiroshima et de Nagasaki étaient les cibles de bombardements atomiques orchestrés par les Etats-Unis, lors de la Seconde Guerre mondiale. L’explosion de la première bombe atomique a rasé la ville : 75 000 personnes sont mortes sur le coup.

 

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06/03/17

« Bye Bye Sarah ! »

Au fil des mois, l’équipage évolue. Lors de certaines escales, Tara embarque de nouveaux équipiers ou en débarque. De nouveaux …

Au fil des mois, l’équipage évolue. Lors de certaines escales, Tara embarque de nouveaux équipiers ou en débarque. De nouveaux visages apparaissent, d’anciens reviennent. Scientifiques et membres de l’équipage se relaient en permanence. Sarah Fretwell et moi-même venons de procéder à la fameuse « passation » au poste de journaliste-correspondant de bord.

Sarah est américaine, plus précisément californienne, et lors de notre interview elle a souhaité clarifier un point : « Je n’ai pas voté pour Donald Trump » dit-elle en riant. Journaliste multimédia de profession, Sarah est la première correspondante anglophone à embarquer à bord de Tara. Retour sur son embarquement de deux mois à bord de Tara:

 

Sunset in Kiribati_photo credit Sarah FretwellCouché de soleil à Kiribati  © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Comment s’est passée ton arrivée à bord de Tara ?

Je venais de terminer un projet en Afrique sur lequel j’ai travaillé jusqu’au jour de mon départ. Alors… je n’ai donc pas vraiment eu de temps pour me préparer psychologiquement à la transition ! J’avais commencé par faire une visite virtuelle en ligne de Tara puis j’ai rencontré l’équipe communication, découvert ce qu’on appelle le protocole du correspondant de bord, on avait beaucoup parlé de la philosophie de la goélette avec la directrice de la communication.  Je comprenais juste que j’embarquais pour une grande aventure. Je me suis juste dit : « Ok, ça va être une expérience de vie, peu importe ce qui se passe ». J’ai vraiment été heureuse lorsque j’ai appris que j’allais découvrir les îles Tuvalu et Kiribati. Au début de chaque année, je confectionne un tableau de ce que j’aimerais concrétiser. Il y a 2 ans, j’ai trouvé des photos de ces îles dans un journal de voyages et je les ai mises sur mon tableau ! J’y étais donc !

A-t-il été difficile de s’adapter à ce travail ?

J’ai vraiment découvert en quoi consistait mon poste et comment tout cela fonctionne une fois à bord. Ça a été un processus d’apprentissage exigeant, mais j’ai abordé l’expérience en me disant : « Ok, je vais être confrontée à de nouveaux défis chaque jour et je les surmonterai un par un ». Et effectivement, chaque jour, j’ai passé ma journée à résoudre des problèmes. J’ai aussi appris que c’est fréquent sur un bateau, pour tout le monde et en toutes circonstances. Daniel Cron était l’ingénieur en chef à bord et j’ai pu constater qu’il passait son temps à solutionner des problèmes et à réparer des choses. Et Martin, le capitaine, aussi avec les douanes et l’immigration…

 

sarah-credit noelie3© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Lorsqu’on évoque le travail de correspondant de bord de Tara, les gens idéalisent souvent et imaginent une situation qui ressemble bien plus à des vacances qu’à un travail. Que penses-tu de cette légende ?

Ce n’était assurément pas des vacances ! Il m’est arrivé d’être fatiguée après des projets que j’ai menés, mais je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais été aussi épuisée. Tout le monde travaille constamment : 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Ça a été la partie la plus exigeante. Correspondant de bord est un poste difficile. Habituellement, j’ai une équipe autour de moi qui m’assiste dans mon travail de journaliste. C’était donc intéressant de tout réaliser toute seule, on est en quasi totale autonomie.

 

Quelle a été ta plus belle expérience de reportage ?

L’une de mes préférées a été Tuvalu. J’ai débarqué le Jour de l’an, et bien sûr, aucune banque n’était ouverte. Je n’avais donc pas d’argent ! Je partais interviewer le Premier ministre, mais sa secrétaire ne m’avait pas répondu. Martin m’a amenée à terre à bord de l’annexe. J’ai débarqué près du rivage avec tout mon équipement et j’ai rejoint la plage dans mes vêtements mouillés. Je suis finalement parvenue à obtenir mon interview et cela a été ma plus belle expérience.

 


© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Ça a été un honneur et une vraie joie de rencontrer et de travailler avec tous mes coéquipiers à bord de Tara, et de partager ensemble ces expériences.  Ce que je trouve amusant, c’est que, de par mon travail, je me rends un peu partout dans le monde et à la maison, mes amis sont intéressés par mes aventures, mais sans jamais les comprendre pleinement.  C’était vraiment cool d’avoir, parmi l’équipage, 15 autres « étrangers » et maintenant amis, avec qui partager ces moments inoubliables.

 

Propos recueillis par Noëlie Pansiot.
Correspondante de bord embarquée à Fukuoka (Japon), le 19 février 2017

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28/02/17

Première escale de Tara au Japon

Depuis son départ de Papeete (Tahiti) en octobre dernier, la goélette a déjà parcouru près 8500 miles. Dans son sillage, …

Depuis son départ de Papeete (Tahiti) en octobre dernier, la goélette a déjà parcouru près 8500 miles. Dans son sillage, Tara a laissé les Tuamotu, Wallis, Guam pour prendre la direction du Japon.

Pendant plus de 3 mois, les Taranautes vont participer à une grande campagne de sensibilisation au pays du soleil levant. Le public sera accueilli à bord lors de 8 escales ; des centaines d’enfants découvriront les secrets des récifs coralliens ; les scientifiques se retrouveront lors d’un symposium à Tokyo…

Cette grande étape japonaise est une première pour Tara. En arrivant vers Fukuoka, les Taranautes étaient impatients de débuter ce nouveau chapitre de l’expédition, et l’excitation était à son comble.

 

© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

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© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
24/02/17

Ogasawara, un environnement unique à préserver

Les îles d’Ogasawara possèdent des environnements terrestres et marins uniques au monde, qui en font un véritable laboratoire pour l’étude …

Les îles d’Ogasawara possèdent des environnements terrestres et marins uniques au monde, qui en font un véritable laboratoire pour l’étude de la biodiversité, mais également un révélateur des changements à échelle plus globale. Un endroit idéal pour la première rencontre de Tara avec le Japon, et la poursuite de l’étude de la biodiversité des récifs coralliens avec l’expédition Tara Pacific.

 

© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

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© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expédition
22/02/17

« 85000 litres pour la science. »

Voilà un mois et demi que j’ai embarqué sur Tara à Wallis, la destination la plus lointaine de Paris d’où …

Voilà un mois et demi que j’ai embarqué sur Tara à Wallis, la destination la plus lointaine de Paris d’où je suis partie.

[Après avoir complété sa thèse portant sur les données TARA Océans dans le laboratoire de Chris BOWLER à l’Ecole Normale Supérieure d’Ulm, Flora Vincent poursuit ses recherches grâce à une bourse attribuée par la Fondation de la Mer. Elle a pu embarquer pour la première fois à bord de TARA à Wallis pour échantillonner le plancton durant l’expédition TARA Pacific. Elle débarquera à Fukuoka - JAPON]

 

8-Scientist Flora Vincent shaking her 1,801 sample bottle of this leg of the expedition_Photo Credit Sarah Fretwell_0Q8A5357Flora Vincent, scientifique, secoue ses 1,801 prélevés lors de ce leg de l’expédition © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Je viens de terminer mes trois années de doctorat à l’Ecole Normale Supérieure d’Ulm dans le laboratoire de Chris BOWLER, où j’ai travaillé sur les données récoltées pendant l’expédition Tara Océans. Aussi incroyable que cela puisse paraître, on peut faire une thèse entière sur les données de Tara Océans et n’avoir jamais embarqué sur la goélette. Alors tout naturellement, quand Colomban de Vargas et Sarah Romac – responsables Plancton sur Tara Pacifique – m’ont proposé de monter à bord pour récolter du plancton entre Wallis et Fukuoka, j’ai sauté sur l’occasion.

Si la majorité des scientifiques à bord de Tara s’occupent d’analyser le corail, Guillaume – l’ingénieur de pont – et moi nous intéressons à tout ce qui se passe autour du corail. Quels sont les paramètres physico-chimiques de l’eau qui l’entoure, quels sont les micro-organismes invisibles à l’œil nu qui peuplent le récif, que font-ils et à quel point sont-ils différents de ceux que l’on trouve directement sur les coraux ou plus au large ? Quelle est l’influence d’une île et de ses habitants en plein milieu du Pacifique sur l’écosystème planctonique?

Concrètement notre travail scientifique se divise en deux temps. Il y a la phase dite ‘des îles’, où deux fois par jour je pars en zodiac collecter de l’eau de mer aux abords des récifs coralliens avec l’aide de l’équipage – souvent Julie, Nico, Martin et Jon – et lance une batterie d’analyses génétique, morphologique et physico-chimique une fois de retour sur Tara. J’ai eu la chance de prélever aux Tuvalus, aux Kiribati, à Chuuk, Guam et Ogasawara ; des endroits exceptionnels que je savais à peine placer sur une carte, malheureusement menacés par le changement climatique.

 

Guillame Bourdin Flora Vinent Sarah Fretwell 0Q8A1917Les scientifiques Guillaume Bourdin et Flora Vincent discutent des résultats des prélèvements nocturnes de plancton © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions 

 

Entre deux îles, il y a la phase dite ‘Océan’. Durant ces navigations en pleine mer, Guillaume et moi récoltons tous les jours l’eau directement pendant que le bateau avance, grâce à une série de filets, de pompes, et de tuyaux, que nous mettons à l’eau à des endroits d’intérêts bien précis avec l’aide des marins, que cela soit de jour ou de nuit, sous le soleil ou sous la pluie, avant de lancer toutes les manipulations qui permettent de récolter les micro-organismes présents dans l’eau.

Ces phases de terrain sont exaltantes; je sais que pour les 85000 litres d’eau de mer que nous avons récoltés en 2 mois à peine (sur 2 ans d’expédition !), des années de recherche et de découvertes inédites suivront. Tara permet de développer des approches et de répondre à des questions que seules une telle échelle d’échantillonnage et d’interdisciplinarité peuvent permettre. Si pour moi l’aventure à bord se termine bientôt, celle de Tara Pacifique ne fait que commencer.

Flora Vincent

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© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions
20/02/17

TARA ACCOSTE A FUKUOKA : UNE PREMIERE POUR LA GOELETTE SCIENTIQUE ET POUR LE PUBLIC JAPONAIS

C’est après de longues journées de rudes conditions de navigation que la goélette polaire française Tara a pu accoster dans le port de Fukuoka ce dimanche 19 février à 17 heures heure locale.

Communiqué de presse

C’est après de longues journées de rudes conditions de navigation que la goélette polaire française Tara a pu accoster dans le port de Fukuoka ce dimanche 19 février à 17 heures heure locale. Partis de Ogasawara le 15 février, leur dernier site de recherche, les scientifiques et marins à bord auront dû affronter un vent de face très soutenu, dans une mer particulièrement agitée, avant de rejoindre la ville de leur première escale ouverte au public, sur l’île de Kyushu, au sud de l’archipel.

 

Arrivee a Fukuoka Sarah Fretwell Fondation Tara ExpeditionsArrivée à Fukuoka © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Cette arrivée, très symbolique pour Tara, marque la fin d’une première campagne océanographique d’Est en Ouest de l’expédition TARA PACIFIC. Pendant ces 8 derniers mois et au cours des 30 000 kilomètres parcourus, les scientifiques ont ausculté les récifs coralliens et leur écosystème pour en comprendre la biodiversité, la richesse – jusqu’à son intimité génétique – et leur comportement face aux perturbations environnementales globales.

« Accueillir Tara au Japon pour moi est très émouvant » raconte le Pr Hiroyuki OGATA, le premier biologiste japonais de l’université de Kyoto à avoir embarqué en 2010 à bord de Tara lors de l’expédition TARA OCEANS, qui avait permis de repousser les frontières de la connaissance du monde planctonique et donné lieu à 50 publications dont 8 dans les revues Science et Nature. « Aujourd’hui, les universités de Kyoto, Tokyo, Tsukuba, Kochi et Ruykyu ont embarqué dans cette nouvelle aventure scientifique et cette expédition devrait contribuer aux recherches que nous menons dans les eaux japonaises et les Ryukyu ».

 

 

C’est la première fois que le voilier atteint les côtes japonaises pour aller à la rencontre du public japonais.
Pour Etienne Bourgois, le fondateur du projet TARA EXPEDITIONS en 2003, « parmi les 30 pays étudiés durant l’expédition Tara Pacific, le Japon est le pays où la goélette reste le plus longtemps, deux mois, avec 9 escales prévues. Il était capital, pour nous, d’aller partager ce que nous faisons avec le public japonais, et en particulier avec le jeune public et les enfants. L’océan et ses enjeux ne concernent-ils pas d’abord les nouvelles générations ? ».

Les escales de Fukuoka, Onomichi, Kobe, Nagoya, Yokohama et Tokyo vont permettre au public japonais de monter à bord et visiter ce bateau construit pour les conditions extrêmes, de rencontrer les marins, mais aussi de mieux découvrir le fil des 13 années d’expéditions passées à travers une exposition itinérante, des projections de documentaires et des conférences. Une occasion de découvrir un peu plus un univers encore très méconnu qui recouvre 70% de notre planète : l’Océan.

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© Yoshirou Hirano / binmei.jp
17/02/17

Questions-réponses de Martin Hertau, capitaine de Tara

Après avoir embarqué sur Tara en octobre dernier à Moorea, Martin a piloté la goélette sur près de 8 500 …

Après avoir embarqué sur Tara en octobre dernier à Moorea, Martin a piloté la goélette sur près de 8 500 milles nautiques reliant 16 atolls, 11 îles et 8 pays avant d’atteindre Fukuoka (Japon) après 5 mois et 1 semaine de navigation. Retour sur cette expérience extraordinaire à travers le Pacifique.

 

Martin Hertau rencontre le roi de WallisMartin Hertau, capitaine, présente Tara au roi de Wallis © Pierre de Parscau / Fondation Tara Expéditions

Comment vous sentez-vous à l’idée de visiter le Japon pour la première fois ?

Je suis très heureux de découvrir le Japon ! Je me souviens, plus jeune, au lycée, j’ai participé à un festival du film où l’invité d’honneur était japonais. Je ne connaissais pas grand-chose du pays du Soleil Levant, c’est lors de ce festival j’ai rencontré des artistes japonais et j’ai vu beaucoup de films. Depuis, je reste fasciné par cette impression, ce subtil mélange de modernité et de tradition qui se dégage du Japon. J’ai toujours su que je visiterais l’archipel nippon un jour… aujourd’hui j’ai la chance de réaliser ce rêve avec Tara (sourire).

 

Où avez-vous commencé ce voyage, combien de temps avez-vous été à bord, et quels ont été les faits marquants de cette étape pour vous ?

Les scientifiques à bord ont collecté des milliers d’échantillons, nous avons réalisé des centaines de plongées, des dizaines de scientifiques et de membres d’équipage se sont relayés à bord. Souvent, cela s’est fait sous une chaleur insupportable ! C’est très éprouvant de vivre et travailler sur un bateau construit pour l’Arctique sous l’équateur.

J’ai beau naviguer depuis des années, cette première traversée du Pacifique a été une expérience vraiment très riche, remplie de toute sortes d’émotions et d’expériences incroyables. Nous avons rencontré des Rois et des Chefs coutumiers, passé la nuit dans un fale (hutte traditionnelle), assisté à un service religieux sur de toutes petites iles, ou encore mangé du porc cuit dans un four traditionnel…. C’est très fort, ce sont des lieux très reculés.

 

Chief Scientist Didier Zoccola and Captain Martain Hertau hold an early morning press conference with NOAA in Washington DC_photo credit Sarah FretwellDidier Zoccola, chef scientifique, et Martin Hertau, capitaine, en vidéo conférence avec l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), basée à Washington DC © Sarah Fretwell/ Fondation Tara Expéditions

 

La patience a été la clé de la navigation dans le Pacifique. Les longues heures passées dans les bureaux gouvernementaux à effectuer les démarches administratives nous ont permis de rencontrer les gens, discuter, puis échanger au sujet de leurs îles, de leur mode de vie et des mesures mises en place ou non pour protéger l’environnement.
J’ai rencontré beaucoup de gens avec des points de vue surprenants sur les impacts du changement climatique. Aux Tuvalu, pendant que nous attendions les permis, j’ai interrogé une administratrice au sujet de la hausse du niveau des mers. Elle m’a répondu : « Cela ne nous pose pas de problème. Dieu a un plan pour chacun d’entre nous, il a donc un plan nous concernant. »
J’en ai passé des heures à compléter des documents relatifs au bateau ! Pour obtenir l’autorisation d’entrer et de sortir de chaque port et essayer d’obtenir les permis CITES pour les échantillons de coraux.

J’ai vraiment été impressionné par l’environnement tropical luxuriant des Tuamotu. Ça comble les rêves de Polynésie de tout occidental (sourire). Nous avons souvent été entourés par des baleines à bosse et avons même nagé avec elles. L’atoll de Wallis nous a offert une vision magique lorsque nous sommes arrivés après 4 jours de navigation. Une lumière incroyable éclairait l’eau d’un bleu vif, qui contrastait avec le vert des arbres endémiques.

Avant Futuna, 50% des plongées que nous faisions, c’était sur des récifs blanchis et morts. Nous avons tous eu le sentiment à bord d’être les témoins de la disparition de l’écosystème corallien. Mais les plongées autour de l’île d’Alofi ont été les plus belles que nous ayons connu au cours des 4 derniers mois – colorées et pleines de vie. Je garde au fond de la rétine de magnifiques plongées de nuit avec des serpents de mer à Niue et ou sur des épaves incroyables aux îles Chuuk.

 

Captain Martain Hertau and Chief Engineer Daniel Cron upon finding the boats telegraph on Fujikawa shipwreck_photo credit Pete WestLe capitaine Martin Hertau et l’ingénieur en chef Daniel Cron après avoir découvert le transmetteur d’ordres sur l’épave du Fujikawa © Pete West/ BioQuest Studios 

Quel est le défi le plus important en tant que capitaine à bord de Tara ?

La vie à bord est intense. La mission de Tara est très ambitieuse et il n’est pas toujours facile de coordonner la science, les relations publiques, les horaires serrés et les conditions météorologiques. Il y a toujours une nouvelle destination, chaque escale est différente, et on doit faire face à chaque situation pour assurer le bon déroulement de l’expédition. C’est un défi constant ! Les semaines sont passées à une vitesse folle.

 

Que prévoyez-vous de faire après avoir débarqué ?

Ce n’est pas encore décidé. J’attends une réponse concernant le certificat de marin. J’ai 2 options qui conduiront à des chemins complètement différents. Soit je retourne sur mon bateau au Guatemala et prends un peu de repos, soit je retourne étudier l’année prochaine pour obtenir un brevet de capitaine supérieur. A suivre !

Merci Martin…

 Sarah Fretwell

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© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions
15/02/17

Cap sur le Japon

Une légère tristesse a gagné notre équipage au départ de Guam (USA). D’un côté, il fallait dire au revoir à …

Une légère tristesse a gagné notre équipage au départ de Guam (USA). D’un côté, il fallait dire au revoir à certains membres d’équipage, devenus de vrais amis ; de l’autre, en accueillir de nouveaux et se diriger avec enthousiasme vers le Japon.

Les scientifiques ont terminé leurs travaux de recherche à Guam, même s’ils n’ont pu échantillonner qu’une zone réduite en raison du mauvais temps. La couverture corallienne saine qu’ils ont pu observer est limitée à de petites parcelles protégées, mais l’abondance de poissons récifaux y restait étonnamment élevée.

L’équipage sur le départ compte des amis inoubliables.

 

Saying goodbyeNous disons au revoir à nos précieux membres d’équipage, Daniel Cron, chef mécanicien, Julie Lherault, officier de pont, et Nicolas De La Brosse, second, à Guam. © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions 

 

Julie Lhérault, officier de pont et seule femme à bord capable de piloter un zodiac ou de réparer une pompe de cale avec les membres les plus expérimentés de l’équipage, et ensuite de sauter dans une robe et de préparer le meilleur dîner de sashimi que vous mangerez de votre vie.

Nicolas De La Brosse, second. Il s’assure de la bonne marche de la goélette et que tout est à sa place. On peut toujours le localiser sur le bateau à ses éclats de rire tonitruants. Son amour pour le prosciutto et les céréales au chocolat est si grand qu’une rumeur circule à bord selon laquelle il aurait dormi pendant tout le dernier mois avec ces aliments sous son oreiller !

Et enfin, Daniel Cron, notre chef mécanicien. Il doit se contorsionner dans les espaces les plus étroits, les plus sombres et souvent les plus sales du bateau pour veiller à ce que TARA fonctionne parfaitement. Ses effroyables mouvements de danse et ses réprimandes pleines d’humour lorsque vous oubliez d’éteindre les lumières dans votre chambre – « Ce n’est pas Versailles ici ! » – nous manqueront beaucoup.

 

Saying goodbye to Daiel, Nico, and Julie in Guam_photo credit Sarah Fretwell_0Q8A3165-2 A Guam, nous disons au revoir à Daniel, Nicolas et Julie © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions 

 

Bien que chacun de ces membres d’équipage avait son rôle propre, ils ont tous travaillé très dur, s’attelant à n’importe quelle tâche devant être accomplie – même lorsqu’elle n’entrait pas dans leurs fonctions – afin d’assurer la réussite des scientifiques et de l’expédition. C’est une expérience incroyable de les voir travailler en équipe et un honneur pour tous à bord d’avoir collaboré avec eux.

Dans le port de Guam, nous avons retrouvé notre partenaire d’expédition, Rainer Friedrich de World Courier, et emballé sous sa direction les échantillons scientifiques collectés au cours des 3 derniers mois (de Tahiti à Guam) pour les expédier aux laboratoires partenaires dans le monde entier. Après nous être dit au revoir, nous avons eu la joie de rencontrer quatre nouveaux membres d’équipage : le second capitaine, Nicolas Bin ; l’officier de pont, Francois Aurat ; le chef mécanicien, Loïc Caudan, et notre artiste en résidence, Maki Ohkojima, de Tokyo.

 

Rainer FriedrichRainer Friedrich, de World Courier, s’assure que les échantillons de coraux, très sensibles à la température, arrivent aux laboratoires grâce à un conditionnement dans des boîtes thermiques à l’aide de glace carbonique © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Nous avons ensuite hissé les voiles pour une navigation de 5 jours et de 832 milles nautiques jusqu’au Japon, où notre première escale avant de rejoindre les îles principales sera l’île méridionale de Ogasawara.

Au Japon, Tara étudiera spécifiquement le courant marin Kuroshio et son rôle dans la dispersion des larves de poissons récifaux. Généré dans le Pacifique occidental, ce courant chaud alimente les récifs les plus septentrionaux de la planète, situés au Japon.

Nos escales au Japon sont l’un des moments forts de cette année pour TARA. Depuis 2009, la Fondation Tara Expéditions collabore avec Hiroyuki Ogata, chercheur à l’université de Kyoto et expert en biologie évolutive et en écologie des micro-organismes. Il a été le premier scientifique japonais à être monté à bord de Tara et nous sommes ravis de travailler avec lui dans son pays d’origine.

Sarah Fretwell, correspondante de bord

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© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions
14/02/17

Vidéo: Les épaves toxiques du Pacifique

Le lagon de Chuuk, en Micronésie, est connu des plongeurs du monde entier pour ses 52 épaves de navires de …

Le lagon de Chuuk, en Micronésie, est connu des plongeurs du monde entier pour ses 52 épaves de navires de la Seconde Guerre Mondiale, et l’incroyable biodiversité corallienne qui les habite. Mais ce que beaucoup ne savent pas, c’est que ces « trésors » libèrent du carburant, au fur et à mesure que le sel corrode les réservoirs. Et ils renferment également des munitions, non désarmées…

Pour la biodiversité marine et les communautés qui dépendent de l’Océan pour leur survie, ces épaves sont littéralement des bombes à retardement. Il va falloir payer des millions de dollars pour pomper les restes de carburants, avant que les réservoirs ne soient complètement corrodés et impactent gravement le lagon et ses habitants. Mais à qui envoyer la facture…?

© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expeditions

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© Fondation Tara Expéditions

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