EN DIRECT DU BATEAU

19/06/17

Portrait de Second – Nicolas Bin

La liste des responsabilités qui incombent au rôle du Second est longue, très longue. S’il fallait n’en citer qu’une, la …

La liste des responsabilités qui incombent au rôle du Second est longue, très longue. S’il fallait n’en citer qu’une, la plus importante, serait sans aucun doute la sécurité. A 36 ans, Nicolas Bin appréhende cette tâche avec sérieux, rigueur, sens des responsabilités et une très bonne connaissance du bateau… voilà tout ce que le N°2 de Tara doit posséder pour ce job. Avant qu’il ne quitte le bord, et après 5 mois de mission, voilà un portrait haut en couleur du Second de Tara.

« Dis, tu pourras parler de mon short et de mes bottes dans ce portrait ? » Malgré ses responsabilités, le Second ne manque pas d’humour. Cheveu tout juste grisonnant, plutôt jovial, il apprécie les jeux de mots. Formé à l’école de voile des Glénans, Nicolas n’a pas tout de suite songé au métier de marin. Après le bac, il hésite entre poursuivre le conservatoire de musique et débuter la fac de sport. Mais le mélomane, ceinture noir de judo, choisira une troisième voie : celle de la mer.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il aime dans la voile, Nicolas répond : « C’est l’un des derniers espaces de liberté ; ce qui me plait ce sont les voyages et les rencontres… D’un point de vue technique, j’aime les belles manœuvres, les bons réglages… Lorsque j’avance à la voile, j’imagine toujours le bateau vu de l’extérieur, j’essaie de visualiser son esthétique. » Malgré ses origines alsaciennes, le trentenaire a commencé à naviguer à l’âge de 10 ans, avec son père, du côté de Plobsheim. « Lorsque j’étais enfant, le moment de la dernière baignade des vacances était un moment spécial, c’était une séparation avec la mer et je lui faisais mes « au revoir » … »

Après 1 an et demi comme bénévole aux Glénans, le jeune homme passe un Brevet d’Etat de voile à Quiberon, puis un Brevet de Patron de Plaisance à la voile à Cherbourg. De 2005 à 2007, il travaille entre la France et les Antilles, en tant que Chef de base itinérant à l’UCPA, où il forme les moniteurs. S’ensuivent pas mal de convoyages entre l’Egypte et Marseille, mais aussi des transatlantiques… Toutefois, parmi tous ces bateaux, un seul a vraiment retenu son attention : « Etoile filante, un ancien catamaran de course de 60 pieds. Je l’aimais beaucoup parce qu’il était physique, qu’il avait une allure très profilée. Et puis, c’était mon premier grand bateau. » Le Strasbourgeois alterne ensuite des saisons en Corse et à Ushuaia, part se réchauffer du côté de la Polynésie Française, sur un bateau de charter plongée.

A bord de Tara, le Second est au cœur des échanges humains. A chaque rotation d’équipe scientifique, il se charge d’accueillir les nouveaux arrivants. Port des VFI*, fonctionnement du bateau, planning des quarts de nuit… Son briefing sécurité et vie à bord est bien rodé et aucun détail n’est oublié. Il réunit les nouveaux embarqués autour de la grande table du carré pour leur exposer les us et coutumes de la vie en collectivité et la joie des tâches ménagères partagée. Il ne manque jamais de ponctuer sa présentation ainsi : « Interdiction de se blesser à bord. Chacun doit veiller à sa sécurité et à celle des autres. Et puis je dis souvent : quand y a un doute, y a pas de doute. Si vous sentez une odeur suspecte, entendez un bruit suspect, prévenez un marin… »

 

First Mate Nico Bin getting his first look at Japan_photo credit Sarah Fretwell_0Q8A3656© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Pour Loïc Caudan, l’un des deux Chefs mécaniciens, c’est « agréable et facile de travailler avec Nico. Je pense qu’on a un peu la même façon d’appréhender le boulot à bord. Il est toujours motivé pour filer un coup de main, quelle que soit la tâche à accomplir, même la plus ingrate. Et puis, le rôle du Second est très important pour la gestion humaine : c’est lui qui fait le lien entre l’équipage et le capitaine ou les scientifiques et l’équipage. Et Nicolas est très bon dans ce rôle, il met tout le monde à l’aise. Ah ça ! pour faire le joli cœur… ».

Charmeur, voire même crooner. Il ne résiste jamais devant un piano. « Je pense qu’il aurait pu vivre à une autre époque », explique Daniel Cron, l’autre Chef mécanicien. « Il a un petit côté jazzy retro, je l’aurais bien vu jouer dans les bars enfumés de la Nouvelle Orléans, avec les grands de l’époque : Amstrong, Parker… ».

Lorsqu’on évoque le nom de Nicolas auprès de Samuel Audrain, le Capitaine, il ne tarit pas d’éloge à son égard : « C’est un Second idéal ! C’est un mec qui sait naviguer, qui possède de l’expérience à la voile, ce qui est important à bord de Tara. Il aime les choses bien faites. Nico c’est aussi un mec sensible avec qui on peut parler. Et puis c’est vraiment agréable de pouvoir partager autre chose que le boulot. Nous nous retrouvons souvent pour jouer de la musique. »

 

P2170647© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Après une journée de travail, les deux hommes se donnent rendez-vous pour « débrayer », Samuel à l’accordéon et Nicolas au piano. PC Com, timonerie ou atelier se transforment alors en salle de répétition. Le duo joue et rejoue les mêmes mélodies à l’infini : Libertango ; Tango pour Claude ou encore Besame Mucho… Quelques fois, à la demande des Taranautes, les musiciens s’installent dans le carré. Les équipiers se mettent alors à chanter ou à danser, plus ou moins bien, mais toujours dans une bonne humeur générale. Sourires vissés aux lèvres, Sam et Nico s’en donnent alors à cœur joie jusqu’à satiété.

 

Noëlie Pansiot

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© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions
07/06/17

« Bula Fiji »

Après 31 jours de navigation à travers l’océan Pacifique, les marins ont finalement frappé les amarres. Le 1er juin, à …

Après 31 jours de navigation à travers l’océan Pacifique, les marins ont finalement frappé les amarres. Le 1er juin, à 14h heure locale, Tara entrait dans le port de Lautoka, une ville située à l’ouest de Viti Levu, dans l’archipel des îles Fidji. Mais cette escale aura été de courte durée. Le programme des premières 24h des Tauranautes a été très dense : avitailler, remplir les formalités, préparer le bateau pour la nouvelle mission scientifique…

 

Si certains Taranautes seraient volontiers restés encore quelques jours en mer d’autres, en revanche, étaient impatients de pouvoir fouler la terre, d’entendre le chant des oiseaux ou de revoir quelques brins d’herbe… Pour Samuel Audrain, Capitaine de Tara et marin dans l’âme : « Lorsqu’on est à bord aussi longtemps, on pénètre dans un autre espace-temps. Finalement, le temps passé en mer ne compte plus, une semaine ou deux de plus, ça ne change rien. »

 

Image ElyxElyx, ambassadeur digital des Nations Unies, qui a illustré les 17 Objectifs de Développement Durable, à bord de Tara pour participer à la Journée Mondiale de l’Océan depuis Fidji © Elyx by Yak

 

Depuis un mois, l’horizon et la mer étaient devenus notre quotidien. C’est le 1er juin, vers 6h du matin que la terre est apparue pour le rompre. Les premiers îlots se sont dressés à bâbord, alors que le pont fourmillait déjà de scientifiques prêts à déployer un filet à plancton et à filtrer des litres d’eau. Mais à une heure si matinale, personne ne réalisait encore que cette grande aventure hauturière touchait à sa fin. Vers 10h, Tara embouquait* la passe de Navula pour se diriger vers un mouillage de quarantaine, avant d’obtenir le feu vert des autorités sanitaires de Lautoka. Un peu plus loin, un petit groupe de dauphins escortait la goélette…

 

13_Lamaneurs_credit_Noelie_Pansiot-2220429Lamaneurs du port de Lautoka, sur l’île de Viti Levu © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

A 14h, le lamaneur frappait les amarres à quai. Aussitôt, des dockers nous lançaient les premiers mots de bienvenue : « Bula ! » En Fidjien, cela signifie « bienvenue ; bonjour ; au revoir… » Un mot qui depuis, résonne auprès de chaque nouvelle personne croisée. Ici, dans la seconde ville la plus importante des Fidji, les gens se saluent dans la rue.

 

Demain, les Taranautes reprendront la mer pour parcourir 25 miles de plus en direction du premier site de prélèvement, vers Kuta Island. Les scientifiques présents à bord suivront le protocole d’échantillonnage et marqueront ainsi le coup d’envoi de cette seconde année d’expédition. Pendant 5 jours, l’équipe va étudier 3 sites différents, puis Tara longera la côte sud de Viti Levu pour rejoindre sa capitale, Suva. Les Taranautes pourront ainsi suivre de près la conférence mondiale sur les océans qui se déroulera à New York. Ils participeront à des échanges en direct avec l’ONU pour apporter leur précieux témoignage.

 

10_Tara_baie_Kuata_credit_Noelie_Pansiot-0058Tara devant la petite île de Kuata, aux Fidji © Samuel Audrain / Fondation Tara Expéditions

 

*Bula Fiji : bienvenue aux Fidji.

*Embouquer : s’engager dans une passe.

Noëlie Pansiot

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© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
31/05/17

Portrait de marin : Loïc Caudan

Loïc Caudan est un peu l’homme de l’ombre à bord de Tara, il se terre dans l’antre de la baleine …

Loïc Caudan est un peu l’homme de l’ombre à bord de Tara, il se terre dans l’antre de la baleine et veille discrètement sur ses organes vitaux. Qu’il officie en salle des machines, dans l’atelier, en cale avant ou sous les trappes de la coursive, il procède toujours avec soin, loin de l’agitation du pont, ce qui lui convient parfaitement. Lors de ses longs mois d’embarquement, il bichonne, répare, créé, entretient… Mais qui est donc ce Taranaute ? Portrait d’un « Chef Mécano » qui ne colle guère aux stéréotypes.

 

Pour Nicolas Bin, Second, Loïc est « un mec avec qui j’aime travailler et naviguer ! C’est quelqu’un qui va au bout des choses, qui ne fait pas les choses à moitié. » A bord, tout le monde s’accorde à dire de que le jeune homme est consciencieux et fiable. Mais pas seulement…

 

2-Loic_Caudan_credit_NPansiot-2170205Loïc Caudan, Chef mécanicien, à l’arrivée dans le port de Yokohama. © Noélie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

32 ans, marié, un enfant. Loïc a grandi dans le Val-d’Oise jusqu’à ses 20 ans. Il s’inscrit en Fac de géographie et décroche une licence qui lui permet d’appréhender diverses matières : « Histoire, sociologie, climatologie, géologie… ». En parallèle, il passe un monitorat « dériveur et voile habitable ». Suit une année de bénévolat à l’école de voile française. Les Glénans et un brevet d’Etat d’éducateur sportif à l’École Nationale de Voile de Quiberon. Loïc a trouvé sa voie ! « Au moins pour un temps… ». Il s’engage alors pendant trois saisons aux Glénans. Là, il n’hésite pas à se jeter par-dessus bord pour mettre ses élèves moniteurs à l’épreuve, lors d’exercices de sauvetage. « La session la plus laborieuse, 45 min dans une eau à 15°C. C’est long, même en combinaison ! », se souvient le chef mécanicien.

 

En 2010, le marin s’engage avec l’association du père Jaouen afin de se perfectionner dans l’entretien et la réparation des navires : « On m’a confié des responsabilités alors que je débutais. J’ai participé à la fabrication d’un palier de safran en bronze pour un bateau de 36m. Une expérience rare ! » C’est là qu’il acquiert les bases de ce qui deviendra son cœur de métier ici, à bord de Tara. Puis il se lance dans un grand projet personnel : achat et remise en état d’un voilier en acier et navigation le long des côtes d’Afrique, du Brésil et d’Uruguay.

 

A son retour de voyage, en 2012, il passe le brevet de mécanicien 750Kw et part se faire la main comme mécanicien bénévole sur l’expédition Under The Pole, au Groenland. « J’ai suivi le projet, du chantier à la fin du convoyage. Et c’est lors de cette première expérience polaire que j’ai géré mes premiers gros pépins sur des moteurs. De l’eau de mer s’était infiltrée dans les culasses. » Loïc se frotte par la suite à un autre milieu : celui de la pêche. Il embarque comme second mécanicien sur un chalutier de 35 mètres durant huit mois.

 

IMG_7934© Fondation Tara Expéditions

 

Le marin nourrit l’envie de travailler à bord de Tara depuis longtemps : « Je voulais continuer à être sur un bateau de travail, et faire de la voile, la façon la plus agréable de naviguer, à mon sens. » Depuis deux ans et demi, le trentenaire partage le poste de Chef Mécanicien sur la goélette scientifique. Daniel Cron, son alter ego à bord explique : « En général, c’est un peu frustrant, nous ne faisons que nous croiser sur Tara. Mais, une fois n’est pas coutume, je viens d’embarquer en tant qu’Officier de Pont. Nous avons donc l’opportunité de naviguer ensemble pendant un mois jusqu’aux îles Fidji. Et j’en suis très content ! Nous sommes les opposés au niveau caractère : lui plutôt taiseux, moi plutôt extraverti. D’ailleurs, Loïc rappelle de temps en temps que le silence ne l’oppresse pas. Au premier abord, il joue la caricature, fait un peu l’ours. Il faut un peu creuser sous le nounours en chocolat pour trouver la guimauve. C’est un faux méchant, mais un vrai grognon lorsqu’il s’agit de la consommation d’eau et d’électricité à bord. Et il a raison ! »

 

CREDITS MAEVA BARDY-ESCALE MIAMI-PASSATION LOIC CAUDAN ET DANIEL CRON-1© Maeva Bardy / Fondation Tara Expéditions

 

Il faut dire que Loïc est à l’origine de toute la production d’énergie sur la goélette. Il sait donc combien coûte chaque goutte d’eau, connaît chaque dépense énergétique. Moteurs, groupes électrogènes, dessalinisateur, circuits électriques, circuits d’eau pour la science et même parfois sanitaire… Loïc veille sur les organes essentiels de Tara comme sur ses équipiers. Il ne rechigne jamais à se montrer serviable.

 

A bien y réfléchir, il est probable qu’il rechigne un peu, pour le jeu. Loïc déploie un humour cynique. Il ne manque ni de répartie, ni de culture générale. Haussement d’épaule et lever de sourcil, ses spécialités, attestent qu’il participe aux taquineries du bord. Et il faut souvent tendre l’oreille pour l’entendre lancer un bon mot. Il n’aime pas être au centre de l’attention. Aussi, lorsque la correspondante de bord pointe un appareil photo ou une caméra dans sa direction, le chef mécanicien se courbe et ferme les yeux. Elle lui demande alors de les ouvrir. Ce à quoi il répond du tac au tac « t’as qu’à me prendre en photo quand je les ouvre ! Il serait peut-être temps de trouver un vrai travail. » S’ensuivent alors quelques éclats de rires…

 

Noëlie Pansiot

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© Noélie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
12/05/17

31 jours d’autonomie en mer

La goélette fait route vers le Pacifique Sud depuis quelques jours, direction les îles Fidji et plus précisément Lautoka, où …

La goélette fait route vers le Pacifique Sud depuis quelques jours, direction les îles Fidji et plus précisément Lautoka, où elle est attendue le 1er juin. A son bord : 6 marins, 5 scientifiques et une journaliste. Tous vont vivre en complète autonomie pendant un mois de navigation. En haute mer, pour les Taranautes le rythme est soutenu, il suit celui des stations de prélèvements, des tâches quotidiennes et des quarts de nuit. Zoom sur la plus longue traversée de l’expédition Tara Pacific.

 

744 heures de navigation. Une expérience unique pour 13 personnes vivant en autonomie complète à bord d’un vaisseau océanographique. Mais qu’est-ce que l’autonomie en mer ? Lorsqu’on consulte le dictionnaire pour extraire la définition du mot « autonomie », voici ce qu’il en ressort : « Temps pendant lequel un appareil peut fonctionner sans intervention extérieure. » Rapportée à la goélette, on aurait trop vite fait de limiter cette explication au stock de nourriture et de gasoil.

Alors bien sûr, l’indépendance énergétique est l’une des préoccupations majeures de Samuel Audrain, Capitaine : « Le gasoil est un point important, car nous devons arriver à l’heure. Mais le gasoil a un coût et il alourdit le bateau. Il nous faut donc faire des calculs… Nous sommes partis avec 25 000 litres, un peu plus de la moitié du plein. Et dès que les conditions le permettent, nous adaptons les voiles et le cap pour pouvoir nous bénéficier au maximum du vent. Ca fait le bonheur de chacun, ça stabilise le bateau, ça économise les moteurs, et nous avançons beaucoup plus vite. Et puis notre emprunte carbone n’en est que meilleure ! ».

 

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Toutes voiles dehors, la goélette file à 7 noeuds © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Samuel poursuit : « L’autonomie en eau est aussi un point crucial. Nous avons une cuve de 6000 litres et un désalinisateur. Et en cas de problème sur cette machine, nous avons embarqué 390 litres d’eau en bouteille qui, en théorie, nous permettraient de tenir une semaine… »

Lorsqu’on embarque à bord de Tara, on doit être conscient des risques liés à l’éloignement des soins médicaux. Pour autant, en cas de pépin, les marins ne seraient pas dépourvus. Le bateau bénéficie de la « dotation A », une dotation médicale se composant de matériels et de médicaments déterminés par le type de navigation pratiquée, le nombre et la fonction des personnes à bord… La lettre « A » signifie que la goélette bénéficie d’une pharmacie très bien fournie et que les marins ont suivi des formations qui leur permettent d’établir un bilan vital, de suturer ou encore de perfuser en cas de besoin.

Mais au sujet de la sécurité, le mot d’ordre est limpide : « Interdit de se blesser à bord ! ». Nicolas Bin, Second, se charge de le répéter à chaque nouvel arrivant lors du briefing sécurité. « Chacun doit veiller à sa sécurité et celle de ses équipiers. » Il faut donc économiser le sommeil des Taranautes qui se relaient tous lors des quarts de nuit. « On essaie de faire en fonction des capacités de chacun, car il faut tenir dans le temps. Les équipiers doivent trouver leur propre rythme, entre heures de sommeil et travail. Faire attention au repos des équipiers c’est finalement un point important de la sécurité à bord », souligne le Capitaine.

 

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L’équipage a simulé un exercice d’homme à la mer © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Sommeil entrecoupé, travail soutenu et chaleur, une telle traversée est finalement assez éloignée de l’image que l’on peut s’en faire. Rappelons que Tara est un bateau polaire qui navigue actuellement en zone tropicale. Equipage et matériel sont comme les coraux, ils souffrent des températures trop élevées. Samuel Audrain précise : « Les instruments de navigation ne supporteraient pas les températures que les marins peuvent supporter de temps en temps ». La climatisation permet donc de maintenir une température raisonnable dans le PC Com ou le laboratoire sec où les instruments essentiels tournent 24h/24.

Pour Marion Lauters, marin-cuisinière, chaleur et gestion des stocks ne font pas bon ménage. Alors forcément sa « petite inquiétude, c’est le frais ». « A bord de Tara nous n’avons pas énormément de place dans les frigos. L’autre espace qui est un peu consacré à la cuisine, c’est la cale avant qui n’est pas isolée et varie en fonction des températures extérieures (plus de 30°C en ce moment). Et puis, il y a un groupe électrogène dans cette cale, j’ai donc négocié avec le Chef Mécanicien pour qu’on ne le fasse pas fonctionner. » Concernant le stock de nourriture en revanche, pas d’inquiétude ! La fée cuisinière connaît parfaitement les quantités consommées à bord : « Je multiplie ce qu’on mange par le nombre de semaines et de personnes. Le café c’est à peu près 250g par jour, comme pour le beurre. La farine, entre 800 g et 1Kg par jour… » Pour cette traversée, personnes ne manquera de quoique ce soit. Le risque serait plutôt le surpoids !

Etre autonome à bord de Tara sur une aussi longue durée nécessite donc plus que quelques régimes de bananes vertes, qu’un stock de conserves et des litres de gasoil. Une telle traversée requiert une bonne dose d’anticipation, une logistique millimétrée et une équipe compétente.

Noëlie Pansiot

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© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
11/05/17

Chronique d’une escale taïwanaise

Il y a plus de 8 jours, Tara arrivait sous bonne escorte dans le port de Keelung, à Taïwan. Les …

Il y a plus de 8 jours, Tara arrivait sous bonne escorte dans le port de Keelung, à Taïwan. Les petits voiliers de l’Université Nationale Taïwan Ocean accueillaient les Taranautes avec beaucoup d’entrain, donnant le ton de toute l’escale. Et c’est au son de grands tambours que les marins amarraient le bateau pour une semaine, à seulement quelques pas du fameux marché aux poissons.

 

Voilier_Universite_credit_Noelie_Pansiot-2210154Les Taranautes escortés par les voiliers de l’Université Nationale Taïwan Océan © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Avec une trentaine de nœuds dans les voiles pendant 36h, la goélette n’a pas été longue à parcourir les 330 miles séparant l’île d’Okinawa, au Japon, à celle de Taïwan. Et à peine arrivée sur le quai, les Taranautes étaient conviés à une cérémonie d’accueil suivi d’un dîner. Une soirée pendant laquelle, l’équipe a pu explorer la diversité culinaire locale. Puis, jour après jour, l’escale s’est déroulée dans une bonne humeur certaine, grâce à une organisation millimétrée par l’Université Nationale Taïwan Ocean (NTOU) et les équipes de notre fidèle soutien agnès b. Taïwan : conférences scientifiques, visites publiques à bord, inauguration d’une belle exposition à Taipei…

La venue de Tara à Keelung est le résultat d’une fructueuse collaboration entre l’équipe à terre de Tara et le dynamique Président de NTOU, M. Ching-Fong Chang. Et le projet semble avoir trouvé un écho tout particulier : « Avec Tara, nous nourrissons les mêmes préoccupations. L’Océan est malade : réchauffement, pollution, surpêche… », expliquait M. Chang. « Nous sommes entourés par la mer, nous possédons 100 600 km de côte et 120 îles. L’océan est donc très important pour Taïwan, mais le gouvernement ne semble pas sensible au sujet. La venue de Tara à Keelung est une bonne chose pour l’éducation des enfants et du public. C’est un signe positif. »

 

Ceremonie_acceuil_Keelung_credit_Noelie_Pansiot-2200321Arrivée de Tara à Keelung dimanche 23 avril. © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions.

 

Comme à chaque escale, les visiteurs se sont relayés sur le pont, avec l’aide d’une efficace équipe de bénévoles traducteurs, présente tous les jours, de 9h à 18h, sous le soleil, comme sous la pluie. Visites après visites, les binômes Taranautes – Bénévoles ont raconté l’histoire du vaisseau scientifique… Chacun y est allé de son anecdote, a usé d’un trait d’humour et déployé des astuces personnelles pour maintenir l’attention de son auditoire.

Michel Flores, de l’Institut des Sciences Weizmann, misait sur la participation du public : « Savez-vous combien de personne peuvent tenir à bord du bateau ? ». Tandis que d’autres évoquaient une histoire d’amour qui finit mal entre corail et zooxanthelle, lors d’un épisode de blanchissement…  Entre chaque visite, les équipiers se sont activés pour fignoler les détails de la « grande traversée » qui les mènera de Taïwan à Fidji pendant le mois à venir. Après une réunion sur les protocoles « Océan et Aérosols », les scientifiques ont fini d’installer leurs instruments à bord. Tandis que les marins s’attelaient aux derniers préparatif du bateau. Marion Lauters, marin cuisinière, a pour sa part rempli les stocks de nourritures pendant les 3 derniers jours de l’escale, courant de magasins bio en supermarchés.

 

Nicolas_Bin_manoeuvre_credit_Noelie_Pansiot-photoshopNicolas Bin, Second, en pleine manœuvre.  © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Dimanche après-midi, après avoir largué les amarres, Nicolas Bin, faisait sonner la corne de brume, avant de jouer de sa voix. Plaçant ses deux mains cerclées autour de sa bouche, le second n’hésite jamais à faire vibrer ses cordes vocales pour reproduire le bruit du klaxon d’une vieille voiture, laissant ainsi entrevoir une certaine ressemblance avec le loup de Tex Avery. Un dernier signe de la main pour saluer les bénévoles et le public restés sur le quai. Dans un an, c’est promis, les mâts oranges de Tara seront à nouveau dans le port de Keelung. Merci à tous !

Zàijiàn ! (au revoir en mandarin)

 

Samuel_salue_voilier_Universite_credit_Noelie_Pansiot-2210160Samuel Audrain, Capitaine, salue les bénévoles. © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions.

 

Noëlie Pansiot

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© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
06/05/17

Vidéo : Journal d’un artiste

A chaque expédition, la goélette Tara embarque plusieurs artistes en résidence, sélectionnés par un jury présidé par le comité agnès …

A chaque expédition, la goélette Tara embarque plusieurs artistes en résidence, sélectionnés par un jury présidé par le comité agnès b. Nicolas Floc’h, photographe, plasticien et enseignant à l’Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne vient de passer un mois à bord, entre le Japon et Taïwan. Il évoque ici son travail sur les habitats marins et nous fait part de son expérience à bord.

 

© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

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© Nicolas Floc'h / Fondation Tara Expéditions
29/04/17

Vidéo : Récifs artificiels au Japon

A bord de Tara, une place est réservée aux artistes. 8 d’entre eux, – sélectionnés par un jury présidé par …

A bord de Tara, une place est réservée aux artistes. 8 d’entre eux, – sélectionnés par un jury présidé par agnès b., se relayent sur la goélette pendant ces deux années d’expédition à travers le Pacifique.

Nicolas Floc’h est le troisième artiste en résidence. Photographe et plasticien, ce Breton d’origine a embarqué au Japon pour plonger sur les récifs coralliens, aux côtés des scientifiques. A travers son travail, il développe un projet dédié à un autre type d’habitats sous-marins : les récifs artificiels, des structures conçues et immergées par l’Homme.

 

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© Nicolas Floc'h / Fondation Tara Expéditions
24/04/17

Sayonara Nippon ! Bye Bye Japan !

A bord, nous nous accordons tous à dire que « c’était un beau départ ! ». Après avoir sillonné les …

A bord, nous nous accordons tous à dire que « c’était un beau départ ! ». Après avoir sillonné les côtes du Japon pendant 2 mois, la goélette a finalement quitté Chatan au son des sanshins et des applaudissements. Un mois dédié à l’éducation et la sensibilisation, le second à la science. Deux mois durant lesquels nous avons accueilli près de 4500 visiteurs. 30 jours durant lesquels 16 personnes ont partagé travail scientifique et vie à bord.

Cette dernière matinée sur l’île d’Okinawa s’est révélée à l’image des escales Tara : dense et rythmée. A 7h30, un premier groupe d’équipiers avait rendez-vous au Service de l’Immigration pour officialiser leur sortie du territoire. Un rapide coup de tampon pour sceller une expérience difficile à résumer. Pendant ce temps-là, d’autres Taranautes bouclaient leurs valises après avoir effectué un dernier tour dans les entrailles de la baleine, à la recherche d’un objet avalé par l’animal. Une brosse à dent oubliée dans une salle de bain, un tee shirt resté sur le fil à linge en cale arrière …

 

Yuko_Kitano_credit_Francois_AuratYuko Kitano, taxonomiste et Taranaute. © François Aurat / Fondation Tara Expéditions

 

A 9h, Yuko Kitano, chercheuse à l’Université de Miyazaki, guidait une dernière visite du bateau auprès de jeunes moussaillons d’à peine 4 ou 5 ans. Yuko est un peu devenue la mascotte de Tara au fil des dernières semaines. La trentaine, menue, de grands yeux expressifs, la jeune femme a déployé une énergie folle tout au long de cette mission. De retour de plongée, munie de son carnet de notes, Yuko prenait soin d’écrire les mots en français qu’elle retenait et répétait à la perfection. Un ou deux gros mots qui, pour chacun, symbolisent l’apprentissage d’une nouvelle langue. Et puis le fameux « c’est bon » qui clôturait chaque repas préparé par notre fée cuisinière, Marion Lauters.

 

Au_revoir_Sarah_Romac_Marion_Lauters_credit_Noelie_Pansiot-2200096Sarah Romac, Ingénieur à la Station Biologique de Roscoff et Marion Lauters, marin cuisinière, au moment du départ. © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

A 11h, Sarah Romac, Ingénieur, Natacha Roux, Doctorante et Maggy Nugues, Ecologue, ouvraient le bal des au revoirs et des embrassades. Pour sa quatrième mission à bord de Tara Pacific, Sarah est repartie avec un petit chapelet de bleus sur les jambes, résultat d’un travail d’échantillonnage à bord d’un bateau où il est aisé de se cogner sans s’en apercevoir. Elle s’est dite « ravie » de ce leg qui lui a encore permis d’apprendre sur des sujets qu’elle n’étudie pas à la Station Biologique de Roscoff. Pour Maggy Nugues, du CRIOBE, il s’agissait du deuxième embarquement. « D’un point de vue scientifique, ce leg était extrêmement riche. Et j’ai pris conscience de tout ce que nous avions fait en quelques semaines lorsque j’ai découvert les photographies sous-marines de l’artiste embarqué, Nicolas Floc’h. » Maggy poursuit : « Pendant ces 3 semaines et demi nous avons vécu loin des soucis de tous les jours. Nous étions proches de la nature, au contact des éléments. Ca ouvre à la méditation ! Nous sommes donc tous un peu tristes de partir… »

A 14h, heure officielle du départ, Sylvain Agostini s’est vu offrir le drapeau du Japon signé par tous les Taranautes, sur le quai, lors de la cérémonie de départ. Le coordinateur scientifique de cette mission aura été un élément central dans l’organisation de ce leg et a largement contribué au succès de cette mission, ne comptant pas ses heures de travail. Avant de quitter la goélette, son drapeau sous le bras, Sylvain a glissé un dernier mot à l’équipage pour résumer son expérience à bord de Tara : « scientifiquement intéressante et humainement exceptionnelle. »

 

15-Samuel_Audrain_et_Sylvain_Agostini_credit_Noelie_Pansiot-2200167Samuel Audrain, Capitaine offre le drapeau du Japon à Sylvain Agostini, coordinateur scientifique au Japon, © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Toute l’équipe de la Fondation Tara Expéditions, à terre comme en mer, souhaite remercier chaleureusement toutes les équipes agnès b., les équipes des universités, la NHK, notre agent maritime Yusuke Yoneyama, et bien d’autres encore pour leur formidable travail, leur soutien et leur accueil qui ont permis à Tara de passer 2 mois exceptionnels au Japon, à la rencontre du public, des scientifiques, des médias. Une nouvelle aventure en soi, et pour chacun, que nous renouvellerons en mai 2018. A l’année prochaine

 

Noëlie Pansiot

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© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
16/04/17

Kikaijima, entre passé et présent

Arriver par la mer c’est appréhender un lieu autrement, prendre le temps de le découvrir. D’abord son relief, puis ses …

Arriver par la mer c’est appréhender un lieu autrement, prendre le temps de le découvrir. D’abord son relief, puis ses couleurs et enfin sa géologie. De loin, la petite île de Kikai ne dévoile pas tous ses atouts : des falaises calcaires, une surface plate, des champs de canne à sucre et un climat indiquant l’arrivée en zone tropicale… Pendant deux jours, les Taranautes ont eu le temps de l’observer à distance, au mouillage. 48h d’attente, avant de fouler son sol, ou plutôt ses débris de coraux. Le temps nécessaire aux scientifiques pour réaliser leurs ballets sub-aquatiques, répétant les mêmes gestes sur la scène du récif corallien.

 

At_sea_credit_Nicolas_FlochTara a quitté l’île principale japonaise, et met le cap vers Kikaijima  © Nicolas Floc’h / Fondation Tara Expéditions

 

En japonais, Kikaijima signifie « l’île du plaisir ». De quoi attiser la curiosité d’une équipe de marins ! Située entre l’est de la mer de Chine et le Pacifique, entre zone tempérée et zone tropicale, Kikaijima est pour le moins atypique. Chaque année, le plateau corallien qui constitue cette petite île s’élève un peu plus. Car sous les pieds de ses 7600 habitants, la tectonique des plaques opère discrètement.

Il y a 100 000 ans, Kikaijima était un récif corallien comme les autres : une colonie d’animaux bâtissant une oasis de biodiversité sous la surface. Puis, poussé par les forces telluriques* pendant des millénaires, le récif a atteint la surface et culmine à présent à 214 m au-dessus du niveau de la mer. Pas étonnant alors, que cette île isolée de l’archipel d’Amani attire l’attention des géologues. Sa vitesse d’élévation actuelle les impressionne : 2 mm par an. L’une des plus rapides au monde, avec l’île de la Barbade, dans les Caraïbes ou la Péninsule d’Huon, en Papouasie Nouvelle-Guinée.

Aujourd’hui, la vie à Kikaijima n’a rien à voir avec la frénésie des grandes villes nippones. Et pour les insulaires vivant sur ces 53 km2 de calcaire, les préoccupations quotidiennes sont probablement plus importantes que les originalités géologiques de l’île. En débarquant sur Kikai, on en perçoit vite la douceur de vivre. Un peu de pêche, un peu d’agriculture… Un seul grand supermarché, où était épinglée une affiche annonçant la venue de Tara. Et depuis seulement deux ans, un nouveau bâtiment domine le port de pêche : The Coral Reef Institute. Un lieu imaginé par Tsuyoshi Watanabe et Atsuko Yamazaki, que les Taranautes ont rencontrés sous le joli ficus de l’Institut, lors d’une soirée organisée en leur l’honneur.

 

Comité_accueil_credit_Noelie_Pansiot-2190107Chaleureux comité d’accueil à l’arrivée de Tara devant l’île de Kikaijima © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Tsuyoshi Watanabe est maître de conférence à l’Université d’Hokkaido et spécialiste en paléoclimat et géologie : « Après avoir voyagé autour du monde, nous avons réalisé que les gens d’ici ne savaient rien au sujet du corail. En général, les scientifiques visitent un lieu, collectent quelques échantillons, les rapportent dans leurs laboratoires. Nous avons donc décidé d’établir cet Institut afin de partager nos connaissances. A présent, les enfants de l’île connaissent le corail et ça nous rend fier. »

Il faut donc fouiller dans le passé, se pencher sur la géologie de l’île ou s’intéresser à sa géographie pour en comprendre toute sa singularité. « Ce plateau corallien a connu différentes périodes climatiques… », précise Tsuyoshi. « En l’étudiant, nous pouvons remonter dans le temps, pour mieux comprendre l’écosystème corallien passé, sa paléo biodiversité… Cela pourrait nous donner de précieuses informations sur le futur de notre environnement. Kikaijima se situe à une frontière entre passé et présent. C’est une île unique ! »

 

Noëlie Pansiot

 

Tellurique* : qui concerne la Terre.

 

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15/04/17

Vidéo : Shikine, laboratoire de l’acidification de l’Océan

Etudié depuis les années 90, le concept d’acidification des océans est assez récent. Le CO2 dégagé par les activités humaines …

Etudié depuis les années 90, le concept d’acidification des océans est assez récent. Le CO2 dégagé par les activités humaines acidifie les océans et impacte la croissance des coraux comme celle des organismes calcifiés.

Aux abords de l’île de Shikine, au Japon, les scientifiques Taranautes ont pu plonger sur un site naturellement acidifié en raison des émissions sous-marines et volcaniques de CO2. Les données collectées devraient donc les aider à mieux comprendre ce qui se joue sous la surface.

© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expeditions

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