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16/04/17

Kikaijima, entre passé et présent

Arriver par la mer c’est appréhender un lieu autrement, prendre le temps de le découvrir. D’abord son relief, puis ses …

Arriver par la mer c’est appréhender un lieu autrement, prendre le temps de le découvrir. D’abord son relief, puis ses couleurs et enfin sa géologie. De loin, la petite île de Kikai ne dévoile pas tous ses atouts : des falaises calcaires, une surface plate, des champs de canne à sucre et un climat indiquant l’arrivée en zone tropicale… Pendant deux jours, les Taranautes ont eu le temps de l’observer à distance, au mouillage. 48h d’attente, avant de fouler son sol, ou plutôt ses débris de coraux. Le temps nécessaire aux scientifiques pour réaliser leurs ballets sub-aquatiques, répétant les mêmes gestes sur la scène du récif corallien.

 

At_sea_credit_Nicolas_FlochTara a quitté l’île principale japonaise, et met le cap vers Kikaijima  © Nicolas Floc’h / Fondation Tara Expéditions

 

En japonais, Kikaijima signifie « l’île du plaisir ». De quoi attiser la curiosité d’une équipe de marins ! Située entre l’est de la mer de Chine et le Pacifique, entre zone tempérée et zone tropicale, Kikaijima est pour le moins atypique. Chaque année, le plateau corallien qui constitue cette petite île s’élève un peu plus. Car sous les pieds de ses 7600 habitants, la tectonique des plaques opère discrètement.

Il y a 100 000 ans, Kikaijima était un récif corallien comme les autres : une colonie d’animaux bâtissant une oasis de biodiversité sous la surface. Puis, poussé par les forces telluriques* pendant des millénaires, le récif a atteint la surface et culmine à présent à 214 m au-dessus du niveau de la mer. Pas étonnant alors, que cette île isolée de l’archipel d’Amani attire l’attention des géologues. Sa vitesse d’élévation actuelle les impressionne : 2 mm par an. L’une des plus rapides au monde, avec l’île de la Barbade, dans les Caraïbes ou la Péninsule d’Huon, en Papouasie Nouvelle-Guinée.

Aujourd’hui, la vie à Kikaijima n’a rien à voir avec la frénésie des grandes villes nippones. Et pour les insulaires vivant sur ces 53 km2 de calcaire, les préoccupations quotidiennes sont probablement plus importantes que les originalités géologiques de l’île. En débarquant sur Kikai, on en perçoit vite la douceur de vivre. Un peu de pêche, un peu d’agriculture… Un seul grand supermarché, où était épinglée une affiche annonçant la venue de Tara. Et depuis seulement deux ans, un nouveau bâtiment domine le port de pêche : The Coral Reef Institute. Un lieu imaginé par Tsuyoshi Watanabe et Atsuko Yamazaki, que les Taranautes ont rencontrés sous le joli ficus de l’Institut, lors d’une soirée organisée en leur l’honneur.

 

Comité_accueil_credit_Noelie_Pansiot-2190107Chaleureux comité d’accueil à l’arrivée de Tara devant l’île de Kikaijima © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Tsuyoshi Watanabe est maître de conférence à l’Université d’Hokkaido et spécialiste en paléoclimat et géologie : « Après avoir voyagé autour du monde, nous avons réalisé que les gens d’ici ne savaient rien au sujet du corail. En général, les scientifiques visitent un lieu, collectent quelques échantillons, les rapportent dans leurs laboratoires. Nous avons donc décidé d’établir cet Institut afin de partager nos connaissances. A présent, les enfants de l’île connaissent le corail et ça nous rend fier. »

Il faut donc fouiller dans le passé, se pencher sur la géologie de l’île ou s’intéresser à sa géographie pour en comprendre toute sa singularité. « Ce plateau corallien a connu différentes périodes climatiques… », précise Tsuyoshi. « En l’étudiant, nous pouvons remonter dans le temps, pour mieux comprendre l’écosystème corallien passé, sa paléo biodiversité… Cela pourrait nous donner de précieuses informations sur le futur de notre environnement. Kikaijima se situe à une frontière entre passé et présent. C’est une île unique ! »

 

Noëlie Pansiot

 

Tellurique* : qui concerne la Terre.

 

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© Nicolas Floc'h / Fondation Tara Expéditions
15/04/17

Vidéo : Shikine, laboratoire de l’acidification de l’Océan

Etudié depuis les années 90, le concept d’acidification des océans est assez récent. Le CO2 dégagé par les activités humaines …

Etudié depuis les années 90, le concept d’acidification des océans est assez récent. Le CO2 dégagé par les activités humaines acidifie les océans et impacte la croissance des coraux comme celle des organismes calcifiés.

Aux abords de l’île de Shikine, au Japon, les scientifiques Taranautes ont pu plonger sur un site naturellement acidifié en raison des émissions sous-marines et volcaniques de CO2. Les données collectées devraient donc les aider à mieux comprendre ce qui se joue sous la surface.

© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expeditions

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© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expeditions
02/04/17

Tsukiji, le plus grand marché aux poissons du monde

La mégalopole tokyoïte abrite le plus grand marché de poissons au monde, dans le quartier de Tsukiji, depuis 1935. Cinq …

La mégalopole tokyoïte abrite le plus grand marché de poissons au monde, dans le quartier de Tsukiji, depuis 1935.

Cinq jours sur sept, les professionnels de la filière se retrouvent sous de gigantesques halles pour acheter et revendre des tonnes de poissons et de fruits de mer pêchées à travers tous les océans. Le thon rouge est vendu à prix d’or à la criée matinale, où seuls quelques touristes sont les bienvenus, sans appareil photo.

Kazuki Miyaji, se rend au marché de Tsukiji toutes les semaines, pour le plaisir. Ce passionné de poisson, nous conduit à travers les étales d’un lieu fascinant, qui interpelle sur les quantités de poissons prélevés à l’échelle mondiale. Suivez le guide…

© Noelie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
30/03/17

Un laboratoire naturel nippon

Le leg scientifique japonais a débuté depuis peu. La goélette longera la côte nippone vers le sud, en quête d’indices …

Le leg scientifique japonais a débuté depuis peu. La goélette longera la côte nippone vers le sud, en quête d’indices sur l’état de santé des coraux. Au sud de la Baie de Tokyo, chaque site étudié réunit les caractéristiques de l’Océan de demain. Les scientifiques vont y étudier parallèlement les effets des changements de températures et l’augmentation de l’acidité (pH) de l’eau sur les écosystèmes marins.

Sous la surface, le concept de « changement climatique » prend tout son sens. Ce grand bouleversement impacte les coraux de manière extrêmement visible. Les deux paramètres qui impactent aujourd’hui particulièrement la santé du corail sont le réchauffement et l’acidification de l’océan.

 

 

Tara_a_Shikine_credit_Francois_Aurat-0009Tara à Shikine pour étudier les effets de l’acidification sur le corail. © François Aurat / Fondation Tara Expéditions

 

Réchauffement et blanchissement
Pour comprendre ce qui se joue ici, il faut expliquer ce qu’est le corail… cet animal qui, de loin, ressemble à un caillou. Rapprochons-nous pour l’observer à la loupe. Le corail est un animal à part, une sorte de petite méduse inversée, appelé « polype », qui bâtit son squelette à l’extérieur de son organisme. Sa particularité réside aussi dans le fait qu’il ne parvient pas à se nourrir tout seul. Le corail a besoin d’une micro-algue pour puiser son énergie : la zooxanthelle. En utilisant la photosynthèse*, cette algue lui apporte les nutriments nécessaires à sa survie. Les scientifiques parlent de « symbiose » pour évoquer cette collaboration entre algue et corail.

Mais leur mariage est fragile. Une hausse de température de l’océan, de seulement 1°C, peut entraîner la mort d’un récif en quelques jours. Stressés par la chaleur, coraux et algues signent leur divorce. Les coraux perdent leurs micro-algues. A moins que ce ne soit les coraux qui chassent les algues. Les chercheurs s’interrogent encore sur ce processus. Privés d’algues et donc de nutriments, les coraux blanchissent et dépérissent. On parle alors de « blanchissement ».

 

_15A3862Shikine, -7 mètres. © Nicolas Floch / Fondation Tara Expéditions

 

CO2 et acidification
L’acidification représente l’autre menace majeure. Il s’agit d’un concept assez récent, puisque les premières recherches sur le sujet datent seulement des années 90. Le CO2 dégagé par les activités humaines acidifie les océans et impact la croissance des coraux. La santé des récifs s’avère menacée.

Sylvain Agostini, coordinateur scientifique au Japon, explique : « Il existe seulement quelques sites comme celui de Shikine au Japon, comme en Italie ou en Papouasie Nouvelle Guinée. Le site de Shikine  se situe sur une zone volcanique. Le magma qui brûle sous la croute terrestre dégage du CO2 et forme des bulles qui s’échappent des fonds marins. La zone est donc naturellement acidifiée ! En général, les scientifiques travaillent sur la question de l’acidification en aquarium sur seulement quelques espèces. A Shikine, c’est tout l’écosystème qui est baigné dans cette eau acidifiée depuis plusieurs générations. »

En plongeant dans les eaux fraîches de Shikine, les Taranautes effectueront un bond dans le temps. L’acidification du site choisi est telle, qu’elle correspond aux estimations prévues en 2100. Pour les chercheurs embarqués, cette zone à fort potentiel scientifique constitue un véritable laboratoire naturel sous-marin.

 

_15A3278Maggie Nugues effectue le transect corail-algue. © Nicolas Floch / Fondation Tara Expéditions 

Noëlie Pansiot

Photosynthèse* : processus bioénergétique qui permet aux plantes et aux algues de synthétiser de la matière organique en utilisant la lumière du soleil.

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© Pete West / BioQuest Studios / Fondation Tara Expéditions
28/03/17

Takeshi Kitano, Ambassadeur de Tara.

Au Japon, Tara ouvre un nouveau chapitre. Le projet rayonne aujourd’hui en dehors des frontières françaises et est reconnu d’utilité …

Au Japon, Tara ouvre un nouveau chapitre.
Le projet rayonne aujourd’hui en dehors des frontières françaises et est reconnu d’utilité publique. Rien n’aurait été possible sans le soutien des amis et partenaires de Tara : agnès b., Fondation Véolia, Fondation Prince Albert II de Monaco et bien d’autres.

Dans l’archipel nippon, la goélette est parrainée par une personnalité incontournable : Monsieur Takeshi Kitano, cinéaste et acteur d’envergure. Très jeune, il découvre Cousteau et commence à se passionner pour l’océan. Ambassadeur de Tara au Japon depuis plus de 2 ans, il a pu enfin découvrir la goélette à l’occasion de sa première venue dans l’archipel. Visite en images.

 

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© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
27/03/17

Message d’un aïeul aux Taranautes

Vous avez eu l’occasion de suivre les récits de Flora Vincent, biologiste marine, lors de son embarquement entre Wallis et …

Vous avez eu l’occasion de suivre les récits de Flora Vincent, biologiste marine, lors de son embarquement entre Wallis et Fukuoka. La plume légère, la scientifique a su partager son expérience sous forme de carnet de bord. Flora est ainsi, elle aime transmettre et se révèle pédagogue. A 27 ans, elle termine sa thèse sur l’étude du plancton et assure la passation de l’association WAX Science qu’elle a co-fondée, dédiée à la promotion des sciences. A bord, tout le monde s’accorde à dire que Flora a de l’énergie à revendre ! Alors que Tara arrivait à Fukuoka, Flora confiait se sentir ‘un peu à la maison’ : « je suis franco-japonaise. Voilà 35 ans, ma mère quittait le Japon pour vivre en France. Une partie de ma famille vit ici. Mon grand-père va peut être nous rendre visite »

Quelques jours plus tard, Minoru Fujii, effectuait 3 heures de voyage depuis Osaka pour rejoindre Onomichi et Flora demandait l’aide de Maki, artiste japonaise embarquée, pour discuter avec son grand-père.

 

Salut_Minoru_credit_NPansiot-2150178Visite à bord de Minoru Fujii, grand-père de la biologiste marine Flora Vincent. © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Débutait alors un dialogue à trois, entre Flora, qui parle peu japonais, Maki, interprète improvisée et Minoru San, 91 ans. Après avoir effectué la visite complète du bateau, enfilé une veste de quart et s’être allongé dans la bannette de sa petite-fille pour juger son degré de confort, Minoru San prit place dans le carré.

Juste après le déjeuner, Minoru San s’est adressé à l’équipage :

« Je suis vraiment très heureux et très honoré d’être accueilli à bord si chaleureusement, grâce à la permission du capitaine. J’ai vraiment beaucoup de chance d’être ici. J’ai reçu le journal de Tara, par l’intermédiaire de ma petite-fille Flora et j’ai tout lu ! A présent, je connais votre projet : c’est une grande mission pour la planète. Je comprends qu’il faut vraiment essayer de préserver nos océans pour les générations futures : c’est très important parce que sans plancton nous ne pourrons pas respirer. Les coraux aussi sont en voie de disparition, tout cela ne va pas ! J’ai appris toutes ces choses grâce au projet Tara, grâce à Flora, grâce à votre journal. Vous faites vraiment un travail fantastique. Mais je ne suis qu’un ancien qui parle… »

 

Taranautes_Minoru_credit_NPansiot-215017Echange avec les Taranautes. © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

« Ici, au Japon, lorsqu’on atteint un certain âge, lorsqu’on a une chance comme la mienne aujourd’hui, d’être à vos côtés, on dit ceci : « on m’a fait un cadeau pour une prochaine vie ». Grâce à vous, je repars avec de beaux souvenirs. Je vous remercie de tout cœur pour cet accueil. »

Avant que Tara ne largue les amarres pour naviguer en direction de Kobé, Minoru San a débarqué avec un second cadeau déposé par Maki au creux de sa main…

 

Tara_henne_Minoru_credit_NPansiot-2150138Tatouage au henné réalisé par Maki à la demande de Minoru Fujii. @Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

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© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
16/03/17

Pied à terre et regard dans le sillage

Nous voilà enfin arrivés sur l’archipel principal du Japon, où Tara fait un arrêt prolongé pour des raisons historique et scientifique: le Japon est fan d’Agnès b. depuis 30 ans, et abrite une grande diversité de récifs coralliens.

 [Après avoir complété sa thèse portant sur les données TARA Océans dans le laboratoire de Chris BOWLER à l’Ecole Normale Supérieure d’Ulm, Flora Vincent poursuit ses recherches grâce à une bourse attribuée par la Fondation de la Mer. Elle a pu embarquer pour la première fois à bord de TARA à Wallis pour échantillonner le plancton durant l’expédition TARA Pacific. Elle a débarqué à Fukuoka - JAPON]

Nous voilà enfin arrivés sur l’archipel principal du Japon, où Tara fait un arrêt prolongé pour des raisons historique et scientifique: le Japon est fan d’Agnès b. depuis 30 ans, et abrite une grande diversité de récifs coralliens. Pour l’occasion ils ne font pas les choses à moitié : nous avons levé les voiles sous un soleil radieux et l’entrée dans la baie de Fukuoka a été accompagnée par un hélicoptère de la télévision NHK qui nous tournait autour ! Perchée sur le mât de Tara, je me suis extasiée devant le monde moderne, perdu de vue pendant deux mois.

 

Visite_Flora_credit_NPansiot_P2140206Flora Vincent, biologiste marine, interviewée par NHK chaîne de télévision japonaise à son arrivée à Fukuoka © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Depuis trois jours, c’est la reconnexion. Dès le lendemain de notre arrivée à Fukuoka, la télévision japonaise est à bord et un reportage est diffusé sur la chaîne principale le soir même. Une partie des scientifiques et marins a débarqué, relayée par une partie de l’équipe de Paris, venue en renfort pour les escales qui s’annoncent très denses, apportant avec eux une chose bien bizarre : un boîtier Wifi. Je l’ai longuement contemplé et, une fois les 2300 messages WhatsApp synchronisés, j’ai pris conscience du temps passé à bord car il nous rattrape. Une annonce de grossesse, une rupture, une naissance, de nombreuses soirées, bref une vie parallèle qui continue, sans nous.

A notre plus grand bonheur, nous avons été réquisitionnés avec Till, un autre scientifique, Maki l’artiste en résidence et Nicolas le second, pour faire les visites scolaires. 120 étudiant-e-s en une matinée, 4 heures à expliquer l’histoire de la goélette, la science, les missions de Tara, mes anecdotes, complétées par les premiers tableaux de Maki qui rappellent les réelles convergences créatives entre Art et Science.

Partager mon expérience toute fraîche avec les lycéen-ne-s. Voir les impératifs de la sensibilisation du grand public remplacer les impératifs de la science mais toujours contraints par ceux de la navigation. Réaliser doucement que je participe à quelque chose qui me dépasse complètement : une synthèse unique des trois pôles, qui convergent autour d’une passion commune pour le monde marin.

 

P2140490Flora Vincent, biologiste, présente Tara aux scolaires grâce aux dessins de Maki, artiste en résidence © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

J’ai passé deux mois à parler aux 14 mêmes personnes, et en 4 heures été reconnectée grâce aux visiteurs et journalistes montés à bord ainsi que mes notifications WhatsApp – déphasage. Pendant deux mois, ma vie a été rythmée par la science, la navigation, la vie en communauté loin de toutes (pré)occupations terrestres et c’est peut-être le ressenti le plus bizarre que j’ai eu ces derniers jours: créer le pont entre ma vie de ces deux derniers mois et celle « d’avant», comme une liane qui se tisse entre la vie à terre et cet univers que j’ai découvert. J’admire les marins qui trouvent leur équilibre entre ces deux mondes, pour qui les embarquements peuvent durer 6 mois, car pour le moment mon cerveau n’a toujours pas compris ce qui est en train de se dérouler.

Aujourd’hui, ce qui me ramène à terre s’aligne avec ce qui fait la raison d’être de Tara depuis des années. L’envie de partager une aventure, et d’être témoin d’un merveilleux trésor à comprendre et préserver. Mais surtout, endosser la responsabilité que nous avons, scientifiques, marins et citoyen-ne-s de faire prendre conscience des bouleversements qui se produisent sur cette planète bleue. Me voilà devenue une Taranaute …

Flora Vincent

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© Noelie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
14/03/17

Visite historique à Hiroshima

A l’occasion de l’escale de la goélette à Onomichi, les Taranautes ont pu quitter le bateau quelques heures pour se …

A l’occasion de l’escale de la goélette à Onomichi, les Taranautes ont pu quitter le bateau quelques heures pour se rendre au Musée du Mémorial pour la paix, à Hiroshima. Cette visite historique a marqué les esprits.

Le 6 et 9 août 1945, les villes d’Hiroshima et de Nagasaki étaient les cibles de bombardements atomiques orchestrés par les Etats-Unis, lors de la Seconde Guerre mondiale. L’explosion de la première bombe atomique a rasé la ville : 75 000 personnes sont mortes sur le coup.

 

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© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
06/03/17

« Bye Bye Sarah ! »

Au fil des mois, l’équipage évolue. Lors de certaines escales, Tara embarque de nouveaux équipiers ou en débarque. De nouveaux …

Au fil des mois, l’équipage évolue. Lors de certaines escales, Tara embarque de nouveaux équipiers ou en débarque. De nouveaux visages apparaissent, d’anciens reviennent. Scientifiques et membres de l’équipage se relaient en permanence. Sarah Fretwell et moi-même venons de procéder à la fameuse « passation » au poste de journaliste-correspondant de bord.

Sarah est américaine, plus précisément californienne, et lors de notre interview elle a souhaité clarifier un point : « Je n’ai pas voté pour Donald Trump » dit-elle en riant. Journaliste multimédia de profession, Sarah est la première correspondante anglophone à embarquer à bord de Tara. Retour sur son embarquement de deux mois à bord de Tara:

 

Sunset in Kiribati_photo credit Sarah FretwellCouché de soleil à Kiribati  © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Comment s’est passée ton arrivée à bord de Tara ?

Je venais de terminer un projet en Afrique sur lequel j’ai travaillé jusqu’au jour de mon départ. Alors… je n’ai donc pas vraiment eu de temps pour me préparer psychologiquement à la transition ! J’avais commencé par faire une visite virtuelle en ligne de Tara puis j’ai rencontré l’équipe communication, découvert ce qu’on appelle le protocole du correspondant de bord, on avait beaucoup parlé de la philosophie de la goélette avec la directrice de la communication.  Je comprenais juste que j’embarquais pour une grande aventure. Je me suis juste dit : « Ok, ça va être une expérience de vie, peu importe ce qui se passe ». J’ai vraiment été heureuse lorsque j’ai appris que j’allais découvrir les îles Tuvalu et Kiribati. Au début de chaque année, je confectionne un tableau de ce que j’aimerais concrétiser. Il y a 2 ans, j’ai trouvé des photos de ces îles dans un journal de voyages et je les ai mises sur mon tableau ! J’y étais donc !

A-t-il été difficile de s’adapter à ce travail ?

J’ai vraiment découvert en quoi consistait mon poste et comment tout cela fonctionne une fois à bord. Ça a été un processus d’apprentissage exigeant, mais j’ai abordé l’expérience en me disant : « Ok, je vais être confrontée à de nouveaux défis chaque jour et je les surmonterai un par un ». Et effectivement, chaque jour, j’ai passé ma journée à résoudre des problèmes. J’ai aussi appris que c’est fréquent sur un bateau, pour tout le monde et en toutes circonstances. Daniel Cron était l’ingénieur en chef à bord et j’ai pu constater qu’il passait son temps à solutionner des problèmes et à réparer des choses. Et Martin, le capitaine, aussi avec les douanes et l’immigration…

 

sarah-credit noelie3© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Lorsqu’on évoque le travail de correspondant de bord de Tara, les gens idéalisent souvent et imaginent une situation qui ressemble bien plus à des vacances qu’à un travail. Que penses-tu de cette légende ?

Ce n’était assurément pas des vacances ! Il m’est arrivé d’être fatiguée après des projets que j’ai menés, mais je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais été aussi épuisée. Tout le monde travaille constamment : 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Ça a été la partie la plus exigeante. Correspondant de bord est un poste difficile. Habituellement, j’ai une équipe autour de moi qui m’assiste dans mon travail de journaliste. C’était donc intéressant de tout réaliser toute seule, on est en quasi totale autonomie.

 

Quelle a été ta plus belle expérience de reportage ?

L’une de mes préférées a été Tuvalu. J’ai débarqué le Jour de l’an, et bien sûr, aucune banque n’était ouverte. Je n’avais donc pas d’argent ! Je partais interviewer le Premier ministre, mais sa secrétaire ne m’avait pas répondu. Martin m’a amenée à terre à bord de l’annexe. J’ai débarqué près du rivage avec tout mon équipement et j’ai rejoint la plage dans mes vêtements mouillés. Je suis finalement parvenue à obtenir mon interview et cela a été ma plus belle expérience.

 


© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Ça a été un honneur et une vraie joie de rencontrer et de travailler avec tous mes coéquipiers à bord de Tara, et de partager ensemble ces expériences.  Ce que je trouve amusant, c’est que, de par mon travail, je me rends un peu partout dans le monde et à la maison, mes amis sont intéressés par mes aventures, mais sans jamais les comprendre pleinement.  C’était vraiment cool d’avoir, parmi l’équipage, 15 autres « étrangers » et maintenant amis, avec qui partager ces moments inoubliables.

 

Propos recueillis par Noëlie Pansiot.
Correspondante de bord embarquée à Fukuoka (Japon), le 19 février 2017

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© Noelie Pansiot / Fondation Tara Expéditions
28/02/17

Première escale de Tara au Japon

Depuis son départ de Papeete (Tahiti) en octobre dernier, la goélette a déjà parcouru près 8500 miles. Dans son sillage, …

Depuis son départ de Papeete (Tahiti) en octobre dernier, la goélette a déjà parcouru près 8500 miles. Dans son sillage, Tara a laissé les Tuamotu, Wallis, Guam pour prendre la direction du Japon.

Pendant plus de 3 mois, les Taranautes vont participer à une grande campagne de sensibilisation au pays du soleil levant. Le public sera accueilli à bord lors de 8 escales ; des centaines d’enfants découvriront les secrets des récifs coralliens ; les scientifiques se retrouveront lors d’un symposium à Tokyo…

Cette grande étape japonaise est une première pour Tara. En arrivant vers Fukuoka, les Taranautes étaient impatients de débuter ce nouveau chapitre de l’expédition, et l’excitation était à son comble.

 

© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

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© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

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