Le monde des coraux | Tara, un voilier pour la planète

Animal, minéral, végétal ? Les coraux à la croisée des chemins

© Sacha Bollet

Après des années passées à décrypter les mystères du plancton, la nouvelle expédition de tara est dédiée cette fois aux coraux, des organismes qui présentent une diversité, un rôle écologique et des modes de vie tout aussi étonnants. Première plongée dans le monde fascinant des coraux.

 

Animal, minéral ou végétal… ? Les coraux ont longtemps divisé les naturalistes : animaux immobiles, plantes marines, roches vivantes ? Pour clore définitivement la question, il faudra attendre les premiers microscopes qui révèleront des milliers de petits animaux vivant en immenses colonies. Ces colonies, dont les formes et les couleurs présentent une incroyable diversité selon les espèces, sont composées de milliers d’unités appelées « polype ». D’une certaine simplicité anatomique, ces polypes se présentent sous la forme d’un simple sac percé d’une bouche, elle-même entourée d’une couronne de tentacules urticants. Les coraux sont les proches cousins des méduses et anémones.

Pour se nourrir, les polypes absorbent directement de la matière organique dissoute dans l’eau et utilisent leurs tentacules pour capturer de petits organismes planctoniques. Ceux-ci, paralysés par les cellules urticantes, sont entraînés dans la cavité buccale du polype pour y être digérés. Mais la grande partie de leur énergie provient d’une association plus surprenante : les polypes abritent au sein même de leurs cellules des algues unicellulaires appelées zooxanthelles. Ces dernières, comme toutes les plantes, utilisent l’énergie solaire pour produire grâce à la photosynthèse des nutriments, dont la plus grande partie nourrira le polype. On utilise le terme de symbiose pour parler de ce type d’association.

 


Pocillo meandrina ©Lauric Thiault
 

Cette symbiose parfaite est très présente et principalement chez les coraux tropicaux qui vont ainsi particulièrement se développer dans les eaux chaudes tropicales, proches de la surface, pour former des barrières coralliennes bien connues. Pourtant, le monde des coraux ne se limite pas à ces organismes qui, en produisant un squelette calcaire, forment des barrières et les atolls. Le terme corail désigne aussi communément les gorgones de Méditerranée et les coraux mous, comme le corail rouge de Méditerranée, mais également des colonies de polypes formant des récifs à grande profondeur, jusqu’à plusieurs milliers de mètres sous la surface.

Le monde des coraux est donc particulièrement vaste et diversifié, avec des centaines d’espèces dans toutes les mers du globe. Dans le Pacifique, Tara se concentrera sur les scléractiniaires, ces coraux durs tropicaux. Non seulement ces bâtisseurs de récifs ont des modes de vie et de reproduction hors du commun – détaillés dans un prochain article – mais surtout, ils constituent un intérêt écologique indéniable : alors que ces récifs couvrent moins de 0,2 de la superficie des océans, ils abritent un quart de la biodiversité marine.

Yann Chavance

 

barre-orange-2

 

Articles associés :

- Bain de jouvence pour Tara

- Départ de l’expédition Tara PACIFIC 2016-2018

- Elsa Guillaume, des coraux plein la tête