Les contrastes de la Grande Barrière de Corail

© Vincent Hilaire - Fondation Tara Expéditions

Depuis les premières plongées de reprise de cette deuxième année de Tara Pacific, les spots de la Grande Barrière de corail offrent des observations très variées. Si Heron Island s’apparentait à un paradis terrestre et sous-marin, les stations de prélèvement comme Paul Reef et U.N. Reefs ne présentent pas du tout de la même biodiversité. Un peu plus de 300 kilomètres séparent ces trois récifs coralliens qui ne se ressemblent pas du tout.

 

photo 3_ prelèvement autour de lune des trois espèces de coraux_Vincent HilairePrélèvement de l’une des trois espèces de coraux retenues pour la recherche de Tara Pacific © Vincent Hilaire – Fondation Tara Expéditions


À l’issue de ces trois sets de plongées sur la Grande Barrière, un autre est prévu demain matin, Christian Voolstra, notre chef scientifique jusqu’à Nouméa, est satisfait de cette reprise : « Nous sommes très heureux, tout s’est très bien passé. Tara est vraiment opérationnelle. À chaque fois nous avons trouvé ce que nous voulions, même si quelquefois il n’y avait pas grand-chose. Mais c’est le but de Tara Pacific de pouvoir comparer les récifs même quand ils sont devenus pauvres ».

À Heron Island, le récif était d’une qualité exceptionnelle, en bonne santé. Les biologistes ont constaté sur le site choisi une présence normale de prédateurs comme les requins, beaucoup de coraux différents, même s’ils ont remarqué quelques infections sur les polypes. En revanche, aucune trace de blanchissement récent ou passé.

 

2- photo 4_ Paul Reef vue de drone_ Vincent HilairePaul Reef vue de drone © François Aurat – Fondation Tara Expéditions

 

À peine une journée de navigation plus tard, les eaux turquoises de Paul Reef étaient d’un contraste saisissant. Après avoir mis la tête sous la surface, François Aurat officier de pont, embarqué depuis le début de l’expédition, me faisait part de ses impressions : « On ne voit rien sous l’eau, il n’y a presque pas de vie. Je ne me rappelle pas avoir vu encore un tel spectacle de désolation ». Selon Christian Voolstra, « ce que nous observons ici est le fruit d’un long processus. La plupart des colonies sont mortes il y a longtemps et il n’y a donc plus de poissons non plus ».

A U.N. Reefs, c’est encore un autre scénario qui se jouait autour des patates de corail. Dans des eaux d’une clarté exceptionnelle mais soumises à de forts courants, nous plongeons tôt ce dimanche là. Dans six mètres d’eau, nous découvrons une situation presque intermédiaire entre celle de Heron et Paul Reef. Des colonies en bonne santé côtoient des tapis de coraux morts. Là encore, ces amas de coraux sans vie ne révèlent pas de blanchissement récent, mais un événement ancien. Ce récif offre donc un diagnostic en demi-teinte.

 

UN ReefRécifs très mixés avec de nombreux débris de coraux au fond à U.N. Reef © Vincent Hilaire – Fondation Tara Expéditions

 

Pour Christian Voolstra, à bord de Tara, c’est la seconde campagne de recherche scientifique sur la Grande Barrière depuis le début de sa carrière : « Ce que nous voyons depuis quelques jours est mieux que ce j’attendais. En même temps, nous sommes ici au sud de ce plus grand reef du monde où les dégâts ne sont pas encore ceux constatés au nord ».

Selon Christian Voolstra, le dernier spot sur la Grande Barrière devrait se situer, en qualité, pas loin de celui d’Heron. Après cette dernière plongée, Tara rejoindra la côte de l’Australie à Mackay pour réaliser les formalités de sortie administrative de ce pays.

Les Taranautes reprendront alors leur route vers l’est cette fois, en direction des îles Chesterfield, puis de la Nouvelle-Calédonie.

 

Vincent Hilaire

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