Cap vers l’Océanie et l’Asie du Sud-Est pour la seconde année de l’expédition

© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

Voilà déjà un an que la goélette quittait la Bretagne et Lorient, son port d’attache, pour sillonner l’océan Pacifique d’Est en Ouest à la recherche de précieux indices sur la biodiversité et l’état de santé de ses récifs coralliens. Après avoir visité 15 pays, parcouru 26 000 milles nautiques soit près de 50.000 km et prélevé plus de 10.000 échantillons de coraux, l’équipe Tara Pacific a achevé la première partie de l’expédition par une intense période d’escales pédagogiques et de sensibilisation au Japon et à Taïwan.

L’expédition Tara Pacific n’est pourtant qu’à mi-parcours. La goélette effectue actuellement la plus longue traversée sans escale de la mission : 31 jours de navigation entre Taïwan et les iles Fidji avant d’attaquer la seconde moitié de cette grande aventure océanographique.

 

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L’Océanie et plus précisément les îles Fidji constitueront le point d’entrée de cette nouvelle année d’exploration et de recherche. Depuis la Nouvelle-Zélande, l’équipe Tara Pacific continuera sa navigation le long de l’arc sud-asiatique vers la Chine pour compléter son étude de l’écosystème corallien, et tenter de comprendre avec les chercheurs du CNRS, de PSL, du Centre Scientifique de Monaco et des laboratoires internationaux impliqués, ses mécanismes et capacités d’adaptation face au changement global. L’enjeu de cette connaissance est bel et bien de pouvoir être en mesure de contribuer, demain, à la résistance et au déploiement de cet écosystème dans la continuité de l’Accord de Paris négocié à la COP 21.

Pour commencer cette nouvelle année, Tara fera un stop en Nouvelle-Zélande, pays d’origine de Sir Peter Blake, éminent marin, deux fois vainqueur de la prestigieuse Coupe de l’America et propriétaire de Seamaster devenue Tara. Ce pays aura un sens tout particulier pour la goélette et pour les fondateurs de Tara liés à cette histoire et à celle de la Coupe de l’America.

 

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Le travail de Sir Peter Blake se poursuit à bord de bateau qu’il aimait, aujourd’hui rebaptisé Tara. Crédit photo Ivor Wilkins

 

Après une escale de quelques jours en Australie devant l’Opéra House de Sydney, Tara remontera vers la Grande Barrière de corail, puis elle naviguera vers les îles françaises de Chesterfield et de la Nouvelle Calédonie, le second plus grand récif corallien. Elle fera ensuite cap vers les îles Salomon et la Papouasie – Nouvelle Guinée, véritable « hotspot » de biodiversité, avant de remonter vers le Triangle de Corail en Indonésie et aux Philippines. Cette région particulière abrite plus de 30% des récifs coralliens de la planète dont la plupart sont menacés de disparition à cause de l’urbanisation, de la surpêche, de la pollution et bien sûr des effets du réchauffement.

C’est en février et mars 2018 que Tara traversera la Mer de Chine dans un contexte géopolitique régional complexe avant d’effectuer plusieurs escales à Hong Kong, Xiamen, Taipei et Shanghai ainsi que quelques travaux de recherche en coopération avec nos partenaires chinois, avant de se rendre à nouveau au Japon.

 

Artiste à bord de Tara, Maki Ohkohjima, de Tokyo, hisse le drapeau japonais pour notre entrée au Japon
Artiste à bord de Tara, Maki Ohkohjima, de Tokyo, hisse le drapeau japonais lors de l’entrée au Japon en février 2017. Crédit Photo Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Cette épopée prendra la route du retour par l’Est, à travers le Pacifique Nord et Hawaï, ainsi que ce tristement fameux continent de plastique. Entre escales aux États-Unis, dernières plongées au Mexique et au Costa Rica et le Canal de Panama, l’équipe Tara devrait être de retour en Bretagne, à Lorient fin octobre 2018.

Noëlie Pansiot

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