Interview de John Morales : Miami menacée par la montée des eaux | Tara, un voilier pour la planète

Interview de John Morales : Miami menacée par la montée des eaux

© Maéva Bardy / Fondation Tara Expéditions

Régulièrement touchée par les tempêtes tropicales, la Floride, surnommée « Sunshine State (1) », devra faire face à la montée des eaux dans les années à venir. L’escale de Tara à Miami est l’occasion de faire un point avec John Morales, météorologue pour la chaîne de télévision locale NBC-6, sur cette conséquence du réchauffement climatique.

 

CREDITS MAEVA BARDY-ESCALE MIAMI-JOHN MORALES-1
John Morales, météorologue pour la chaîne de télévision NBC-6 de Miami, aux côtés de Tara © Maéva Bardy / Fondation Tara Expéditions

 

La ville de Miami, située à l’extrémité de la péninsule de la Floride, est au cœur des problématiques liées au réchauffement de la planète. John Morales, spécialiste de la météo depuis 32 ans, précise que ces préoccupations ne sont pas seulement dues aux fortes précipitations déclenchées par les tempêtes tropicales qui touchent régulièrement cette côte des Etats-Unis, mais plutôt aux inondations de plus en plus intenses, causées par la montée du niveau des océans et face auxquelles, il déclare qu’il n’existe aucune solution à l’heure actuelle.

 

Des digues ne sont pas envisageables

La Floride et ses 13 000 km de côtes (le plus grand littoral des Etats-Unis après l’Alaska en comptant toutes les baies et les îles) sont régulièrement touchées par de fortes inondations engendrées par les grandes marées. Le relief de cet état, caractérisé par de faibles altitudes, n’aide pas à faire barrière et à stopper la propagation de l’eau. Des digues ne sont pas envisageables à cause des sols calcaires et donc poreux : « On peut construire des murs pour protéger les côtes, mais l’eau s’infiltre dans le sol et ressurgira des kilomètres plus loin dans les terres ».

 

Assécher les rues

Des infrastructures difficiles à protéger, d’autant plus que les buildings de Miami se dressent le long du bord de mer et viennent affleurer l’eau. La ville a investi dans des systèmes de pompes permettant d’assécher les rues de Miami Beach. Une solution efficace pour le moment mais qui, de l’avis de John Morales, ne suffira pas à long terme pour lutter contre l’élévation du niveau des mers, sans parler des problèmes de pollution engendrés par le rejet direct en mer de ces eaux souillées. « Dans peut-être 40, 50 ou 100 ans… cette ville sera invivable car l’eau va continuer à monter » s’inquiète monsieur météo.

 

innondation-miami
Inondation dans les rues de Miami, 29 septembre 2015 © Joe Raedle / Getty Images

 

Des solutions à long terme : investir dans les énergies propres

La seule solution durable, selon lui, est d’investir dans les énergies propres afin de réduire les gaz à effet de serre émis par la combustion d’énergies fossiles. « Cela demande aux industries d’investir dans de nouvelles technologies ». Mais, John Morales est optimiste : « même aux Etats Unis, les consciences s’éveillent devant un climat qui devient de plus en plus extrême : des vagues de chaleur meurtrières, des inondations plus fréquentes, des réfugiés climatiques… ». Les populations ainsi touchées se sentent concernées par le réchauffement climatique et mettent la pression aux politiciens pour entamer la transition énergétique.

Maéva BARDY

(1) l’état ensoleillé

barre-orange-2
Articles associés :

- Tara à Miami : ouverture des conférences franco-américaines sur l’Océan et le Climat
- Miami, une escale dédiée au développement durable
- L’expédition Tara Pacific 2016 – 2018