E-POPERS à l’abordage | Tara, un voilier pour la planète

E-POPERS à l’abordage

© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

Le Projet e-PoP, ou Petites Ondes Participatives, rassemble de jeunes reporters-observateurs d’Océanie, d’Afrique, des Caraïbes. Leur objectif : recueillir le ressenti des populations sur les changements environnementaux et la préservation des milieux insulaires et côtiers. Muni de peu de moyens techniques, les jeunes observateurs e-POP partent à la rencontre des populations qui vivent les changements globaux au quotidien. A l’aide d’un simple téléphone portable, ils collectent et enregistrent les témoignages de ceux qui, du fait de l’isolement ou des déficits des moyens de communication, figurent parmi les oubliés des médias.

Partenaire de ce projet imaginé par RFI Planète Radio, l’antenne de coopération de France Media Monde, en partenariat avec l’IRD, la Fondation Tara Expéditions accueille en ce moment à son bord une jeune observatrice Néo-Zélandaise. Entretien avec Max Bale, Responsable de RFI Planète Radio et co-fondateur du réseau e-PoP.

 

RFI _Darya Kianpour - max bale© Darya Kianpour / RFI

 

Pouvez-vous nous expliquer l’objectif du projet ?

Le projet e-PoP se veut participatif et « PoPulaire » ! Nous nous intéressons aux conséquences des changements environnementaux mais aussi économiques, pour ne pas dire humains. C’est un projet qui crée du lien entre les populations, le monde scientifique et le monde politique, pour faire connaitre la réalité et le sentiment des populations insulaires.

Concrètement, ePoP est un réseau international de jeunes qui réalisent des capsules audiovisuelles pour saisir le ressenti des populations locales face aux conséquences concrètes du réchauffement climatique. Recueillir les sentiments, et les interrogations des anciennes générations, souvent des proches ou des membres de leurs familles d’ailleurs, pour disposer d’échanges sincères, puis questionner le monde scientifique pour les pousser à apporter des réponses compréhensibles aux sentiments émis par ces anciens qui ont vu le changement de leurs yeux, et vivent avec au quotidien. Il y a une véritable approche humaniste et intergénérationnelle dans la démarche. Elle met aussi en avant une volonté de nourrir les archives du patrimoine immatériel de l’humanité pour ce continent, qui est déjà le plus impacté par le changement climatique.

A travers ce réseau, nous essayons d’alimenter la réflexion des scientifiques et des politiques sur les conséquences du réchauffement climatique, mais aussi de voir si les lois et les décrets prennent en compte le ressenti des populations. Et puis nous essayons d’améliorer la connaissance des populations locales, pour qui les notions scientifiques de changement global ne veulent pas dire grand-chose. Finalement, à l’aube de ce XXIème siècle on décrit très peu ces notions à l’aide de termes assimilables pour les populations peu éduquées.

 

Que faut-il pour devenir un bon e-POPER ?

Avoir envie et être engagé ! Comme disait Périclès : « Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage ». C’est un peu ça, les e-PoPers sont des jeunes qui ont le courage de se lever le matin et qui, au lieu d’allumer leur télévision, prennent leur téléphone pour saisir et raconter ce qui se passe dans le monde, dans les milieux insulaires ou côtiers. Certains e-PoPers travaillent avec des téléphones de toute première génération. On arrive à faire beaucoup avec très peu…

 

10_Epopers_talentueux_credit_Noelie_Pansiot-2220624 © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Ce projet est donc participatif et bénévole…

C’est du bénévolat à 600% ! Planète Radio à l’habitude de travailler dans des pays relativement difficiles : en Afrique, mais aussi à Cuba, au Timor… Nous apportons notre soutien et faisons en sorte en sorte que la voix des populations soit entendue par les décideurs. Nous donnons la voix aux communautés locales, souvent isolées, pour qu’elles puissent se faire entendre avec les moyens du bord : petites radios locales, médias locaux, associations…

L’impact des changements en cours sur les populations est quantifiable au quotidien. Certaines communautés doivent quitter les zones ancestrales d’habitation pour faire face à la montée des eaux, d’autres constatent que les poissons sont plus petits, qu’il faut aller plus loin pour pêcher, et qu’en vendant moins de poisson on voit rapidement son niveau de vie baisser… Les conditions de vie sont plus difficiles et ce sont ces témoignages, ces ressentis des anciens qui nous intéressent, car ils possèdent l’expérience du vécu et ont rarement la parole. Nous parlons principalement des habitants des îles, des Etats insulaires et des zones côtières qui sont directement impactés par le réchauffement climatique et les changements globaux. Nous essayons de remettre l’humain au cœur de la problématique. C’est vraiment une approche militante et citoyenne !

 

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

 

Pour en savoir plus sur le projet E-Pop :

http://www.rfiplaneteradio.org/fr/actualites/projet-e-pop-un-reseau-transmedia-participatif-pour-la-preservation-des-cultures-et-des-milieux-insulaires/

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