Pollutions en mer : L’Océan n’est pas une poubelle ! | Tara, un voilier pour la planète

Pollutions en mer : L’Océan n’est pas une poubelle !

© A.Peyrot/Tara Expeditions

Pendant très longtemps nous nous sommes représentés l’océan comme une étendue infinie, ou du moins suffisamment grande pour absorber toutes les pollutions versées par l’homme.

Mais aujourd’hui nous savons que la biodiversité marine est en train de souffrir des nombreux rejets de l’activité humaine, surtout originaires des grandes villes de notre civilisation industrialisée.  Hydrocarbures, plastiques, métaux lourds, polluants chimiques, nitrates et autres polluants complexes sont en train de changer les écosystèmes marins. Mais d’où vient cette pollution ? De la terre ! Avec le développement rapide et une croissance démographique concentrée dans les villes côtières, la grande majorité de nos égouts, eaux usées et déchets finit malheureusement dans l’océan, après être passée par les bassins versants et les eaux pluviales ; La collecte approprié et le recyclage des matières plastiques n’est qu’a son début et surtout elle n’est pas encore une réalité dans les pays en voie de développement, où les pollutions produites dans les grandes mégalopoles sont rejetées dans l’eau presque sans aucun traitement.

Ces pollutions diverses, dites d’origine terrestre, représentent environ 90% des déchets en mer et sont aujourd’hui un problème majeur non seulement pour la biodiversité marine mais pour l’humanité toute entière. Pourquoi ? Tout d’abord parce qu’elles menacent la santé globale de l’océan,  mettant en risque sa capacité à assurer les « services écologiques » essentiels pour la vie, comme la production d’oxygène, la captation de carbone et la régulation du climat. Ensuite parce que ces polluants sont absorbés ou mangés par les organismes marins et finissent souvent dans notre assiette, sans que nous sachions vraiment les risques que cela représente pour notre santé. Une étude réalisée récemment par le Centre National de Recherche Scientifique (CNRS) en France affirme que pour chaque kilo de moules que nous mangeons  il y a 1 gramme de Bisphénol A, un composant des plastiques très nocif, qui est absorbé par notre organisme sans que ne nous connaissions encore l’ampleur de l’impact sur notre santé.

Face à cette réalité, comment les citoyens, les amoureux de la mer et la communauté de marins peuvent contribuer pour changer les choses ? Même si les déchets en mer provenant des activités maritimes ne représentent que 10% de cette pollution, il ne fait aucun doute qu’il relève de la responsabilité de chaque plaisancier ou marin de ne pas jeter des déchets nocifs en mer. Les voiliers et bateaux de plaisance doivent compacter leurs déchets et les décharger une fois arrivés au port. Par ailleurs, chaque navigateur peut devenir un ambassadeur des océans, en relayant les messages d’espoir pour aider à faire avancer  les solutions. Plus concrètement, les bateaux peuvent aussi contribuer à la recherche scientifique en utilisant certains capteurs, sondes ou bouées utiles pour le recensement de la biodiversité marine, comme c’est le cas de la Barcelona World Race, qui impose aux participants de se munir de certains équipements scientifiques lors du tour du monde réalisé tous les trois ans par les skippers sur les monocoques Imoca.

André Abreu, chargé de mission chez Tara Expéditions