Tournage du documentaire Tara, L’Archipel des rois

© Loïc Menard

Après avoir suivi le parcours de la goélette entre Tahiti et l’archipel des Tuamotu pour filmer « Tara, l’odyssée du corail », le réalisateur Pierre de Parscau vient d’achever le tournage d’un nouveau documentaire consacré à l’aventure scientifique de Tara à Wallis et Futuna. L’occasion de découvrir l’inventaire inédit mené sur la biodiversité par les équipes scientifiques à bord et de comprendre le fonctionnement de ce territoire où la tradition coutumière reste encore très vivante.

 

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Retour de plongée et inventaire de la biodiversité © Loïc Menard

 

« Tara, l’Archipel des rois raconte l’aventure scientifique qui s’est déroulée à bord de Tara durant deux semaines d’inventaire de la biodiversité marine mais tente aussi de dresser le portrait de ces îles isolées » raconte Pierre de Parscau. « Ici les rois et les royaumes ne sont pas des souvenirs légendaires mais font partie de la vie quotidienne des futuniens. Nous avons pu plonger durant ce tournage au cœur de cette organisation unique au côté de l’équipage de TARA, que ce soit lors de cérémonies traditionnelles ou bien en nous rendant sur les tombes des premiers souverains de Futuna qui se dressent face à l’océan.»

 

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La côte dévastée de Futuna © Loïc Menard

 

Confrontés aux cyclones et aux conséquences du changement climatique, les insulaires espèrent en apprendre davantage sur leurs ressources marines grâce aux travaux menés par l’équipe scientifique de Tara. Loin de tout suivi scientifique, les profondeurs de Futuna et de l’îlot d’Alofi restaient encore un mystère pour les chercheurs de l’expédition. « C’était très excitant de partager chaque jour les découvertes des scientifiques à bord. Les plongées ont été l’occasion d’observations surprenantes notamment concernant la bonne santé des récifs et les espèces qui les peuplent. Qu’il s’agisse de poissons, des coraux ou bien des éponges, chaque équipe scientifique s’est vraiment enthousiasmée pour cet inventaire historique. » Connu pour sa météo capricieuse, le mois de décembre à Futuna n’aura pas failli à sa réputation et aura placé ce tournage sous le signe des intempéries.

 

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Retour de tournage dans le lagon de Wallis © Loïc Menard

 

« Il est déjà difficile de tourner sur un bateau mais les jours entiers de pluie diluvienne ne nous ont pas facilité la tâche. Il nous a fallu guetter les accalmies pour pouvoir travailler à terre et lorsque le soleil s’est enfin levé, ce sont les moustiques de la forêt primaire d’Alofi qu’il nous a fallu affronter ». À terre, l’équipe a pu rencontrer les services de protection de l’environnement qui mènent eux aussi un inventaire de la biodiversité forestière. Comme pour les récifs, les forêts d’Alofi abritent un écosystème encore peu impacté par l’homme et des espèces endémiques qui restent à découvrir. « C’était important de lier dans ce film les problématiques marines et terrestres. À Futuna, chaque habitant est un peu agriculteur et pêcheur et ces deux ressources sont essentielles pour la survie même des insulaires. Pourtant ils ne font pas toujours le lien entre la pollution des sols causée notamment par les nombreux élevages de porcs et les rejets sur le platier. C’est cette prise de conscience que nos interlocuteurs à terre tentent de faire naître à Futuna et j’espère qu’en faisant découvrir les beautés cachées de l’île, ce film contribuera à leur protection. »

Pierre de Parscau

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