TARA MÉDITERRANÉE

© A.Deniaud/ Tara Expéditions

2014

Les 7 appareils scientifiques de l’expédition Tara Méditerranée

ACs – Spectrophotomètre en flux continu à haute résolution spectrale

L’instrument mesure en continu l’absorption de la lumière et sa diffusion par les particules à plus de 80 longueurs d’onde dans le visible et le proche infra-rouge. Les données sont utilisées pour calculer la concentration de pigments du phytoplancton, la concentration du phytoplancton et d’autres particules, et obtenir des informations sur la taille des objets. Les mesures sont effectués près de la surface en utilisant un circuit d’eau de mer du navire.

Alpha – spectrofluoromètre en fonctionnement continu pour la mesure de la fluorescence des pigments

Mesure la fluorescence des particules excités par des lasers bleu et vert. Les données sont utilisées pour déduire la concentration de pigments de phytoplancton et de matières dissoutes.

BB3 – retrodiffusiomètre

Mesure la retro-dispersion de la lumière à 3 longueurs d’ondes visibles. Utilisé pour calculer la concentration de phytoplancton et d’autres particules, et obtenir des informations sur la composition des particules.

HTSRB – radiomètre hyperspectrale (mesure les propriétés optiques apparentes)

Chaque jour lorsque le soleil est au zénith, un dernier instrument plonge lui aussi dans l’eau depuis le pont arrière de Tara, répondant au nom barbare d’HTSRB. Parfois surnommé « Star Wars » à bord de par sa forme de vaisseau spatial tout droit tiré d’un film de science-fiction, l’HTSRB pointe un capteur vers le ciel, mesurant l’intensité lumineuse reçue, et un autre vers les profondeurs, décryptant la couleur de l’océan, le tout sur 150 longueurs d’onde, notamment dans les ultra-violets. Ces rayons UV étant connus pour dégrader les matières plastiques, ce type de données intéresse évidemment les scientifiques étudiant la pollution plastique. Mais l’utilisation de l’HTSRB à bord de Tara dépasse ce seul champ de recherche : les données récoltées sur la couleur de l’océan servent à affiner les paramètres utilisés par les satellites scrutant les océans du monde entier. Mieux, elles participent également à développer les algorithmes utilisés par les prochaines générations de satellites. Ainsi, à l’horizon 2020, un nouveau satellite lancé par la NASA sera capable de prendre des mesures beaucoup plus complètes sur la couleur des océans, grâce notamment aux données relevées à bord de la goélette ces dernières années.

TSG – Thermosalinographe pour les mesures en continue

L’appareil fourni les données en continu de la salinité et la température le long du trajet. Les résultats sont utilisés dans des modèles de circulation et pour l’identification des masses d’eau.

CTD/fluoromètre/retrodiffusiomètre à déploiement vertical

Pour offrir une vision la plus large possible de la zone échantillonnée, une CTD (pour Conductivity-Temperature-Depth) donne également de précieuses informations sur la masse d’eau étudiée : plongée au bout d’un câble à 200 mètres de profondeur, cet instrument bourré de capteurs mesure tout au long de sa descente et de sa remontée, quatre fois par seconde, la pression, la température, la conductivité (révélant la salinité), la fluorescence (donnant des informations sur la distribution du phytoplancton, le fameux plancton végétal), et la rétrodiffusion (permettant d’évaluer la concentration en particules). Des informations capitales sur toute la masse d’eau s’enfonçant sous les filets de surface : ces données physico-chimiques permettent notamment de mieux comprendre l’environnement dans lequel évoluent particules plastiques et micro-organismes.

Le filet Manta

Un filet de pêche spécialement conçu pour la collection des particules vivantes et non vivantes à la surface des océans. Véritable pièce maitresse des stations de prélèvement, ce petit filet plonge en moyenne cinq à six fois par jour dans les eaux traversées par la goélette. Simple dans sa conception, le Manta a prouvé sa redoutable efficacité pour récolter le plastique flottant et les micro-organismes de surface. Sa structure métallique, composée d’une gueule béante et de deux « ailes » lui permettant de se maintenir à la surface, lui donne l’allure de la raie du même nom. Accroché à cette structure, un long filet en entonnoir d’une maille de 335 microns (soit un tiers de millimètre) se termine par un cylindre, le collecteur, emprisonnant toutes les particules passées à travers la gueule du Manta.