Les voies pour diminuer la pollution plastique | Tara, un voilier pour la planète

Les voies pour diminuer la pollution plastique

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Entretien avec Gaby Gorsky,  Directeur scientifique de l’expédition Tara Méditerranée et de l’Observatoire Océanologique de Villefranche-sur- Mer/UPMC-CNRS.

À l’heure actuelle, que sait-on de l’impact de la pollution plastique sur le plancton, et indirectement, sur l’homme ?

Le but de l’expédition Tara Méditerranée est de mieux comprendre les impacts du plastique sur l’écosystème méditerranéen. Des recherches ont démontré qu’il existe une accumulation des polluants le long de la chaîne alimentaire marine. Le plastique concentre facilement les polluants et certains organismes planctoniques avalent les fragments de plastique ou les filtrent, assimilent certains composés chimiques et les transmettent à la chaîne alimentaire. C’est prouvé par des analyses chimiques : les poissons en bout de chaîne, accumulent des polluants.
Quant à l’impact sur l’homme, il est avéré. Les agences de sécurité sanitaire conseillent notamment aux femmes enceintes de ne pas surconsommer du poisson car il peut contenir des polluants qui ont des effets néfastes sur la santé.

D’après vous, la pollution plastique dans les océans peut être enrayée. Que faut-il faire pour y mettre un terme ?

Il y a plusieurs voies possibles. La première est l’éducation car ce qui n’est pas jeté dans une poubelle va atterrir à un moment ou à un autre dans les océans.

La deuxième, et peut être la meilleure, c’est de changer notre mode de fonctionnement et abandonner l’usage du plastique à long cycle de vie et non dégradante pour adopter des produits naturels. Parallèlement, il est nécessaire de planifie  le nettoyage des côtes à long terme car la majeure partie du plastique flottant (notamment en Méditerranée) y termine son voyage. La dernière voie, c’est de décomposer le plastique. À l’heure actuelle, le plastique est dégradé, c’est-à-dire fractionné. Il devient plus petit, invisible certes mais non moins nocif. Or plus il est petit, et plus les petits organismes peuvent l’ingérer. Le plastique remonte ainsi facilement la chaîne alimentaire. Dans le monde, plusieurs laboratoires cherchent des techniques pour  trouver une alternative : décomposer le plastique en produits non toxiques.

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