Découverte d’une importante zone d’accumulation de déchets plastiques dans l’océan arctique | Tara, un voilier pour la planète

Découverte d’une importante zone d’accumulation de déchets plastiques dans l’océan arctique

© Anna Deniaud / Fondation Tara Expéditions

Tara Oceans

Andrés Cózar, Elisa Martí, Carlos M. Duarte, Juan García-de-Lomas, Erik van Sebille, Thomas J. Ballatore, Victor M. Eguíluz, J. Ignacio González-Gordillo, Maria L. Pedrotti, Fidel Echevarría, Romain Troublé, et Xabier Irigoien.

Publié en ligne le 5 avril 2017Téléchargement en PDF

Science Advances, Volume 3, numéro 4.

Résumé

Les gyres océaniques subtropicaux sont reconnus être d’importantes zones d’accumulation marine des débris plastiques flottants. En revanche, la possibilité d’une concentration de plastique aux latitudes polaires a jusqu’à présent été négligée du fait de l’absence de sources de pollution à proximité. Dans la présente étude, l’océan Arctique a été intensivement échantillonné à la recherche de débris plastiques flottants dans le cadre de l’expédition circumpolaire Tara Oceans. Bien que les débris plastiques soient rares ou absents dans la majorité des eaux arctiques, ils atteignent des concentrations élevées (plusieurs centaines de milliers de fragments par kilomètre carré) dans les régions les plus septentrionales et orientales des mers du Groenland et de Barents. La fragmentation et la typologie de plastique suggéraient une présence abondante de débris anciens provenant de sources éloignées. Cette hypothèse a été corroborée par les rapports relativement élevés de teneur en plastique dans les eaux de surface sur celle provenant des sources locales de pollution. Les modèles de circulation de surface et les données de terrain ont montré que la composante de la circulation thermohaline dirigée vers le pôle Nord transfère des débris flottants depuis l’Atlantique Nord jusque dans les mers du Groenland et de Barents, qui constitueraient une impasse pour le transport du plastique. Étant donné le transport de surface restreint du plastique accumulé ici et les mécanismes de transport vertical, les scientifiques émettent l’hypothèse que le plancher océanique situé sous ce secteur de l’Arctique est un puits important de débris plastiques.

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