Extrême diversité des eucaryotes diplonémides dans l’océan | Tara, un voilier pour la planète

Extrême diversité des eucaryotes diplonémides dans l’océan

© Vincent Hilaire / Fondation Tara Expéditions

Tara Oceans

Olga Flegontova, Pavel Flegontov, Shruti Malviya, Stephane Audic, Patrick Wincker, Colomban de Vargas, Chris Bowler, Julius Lukeš, Aleš Horák.

Publié :le 21 novembre 2016

 

Résumé

Les océans représentent de loin le plus vaste biome de notre planète, ce qui revêt une importance cruciale pour l’écosystème mondial. La grande majorité de la biomasse et de la biodiversité océaniques est composée de plancton microscopique. Les récents résultats de metabarcoding des échantillons issus de Tara Oceans ont révélé qu’une part significative du plancton de la couche océanique supérieure éclairée est représentée par un groupe (Excavata) peu étudié d’eucaryotes hétérotrophes flagellés, appelés diplonémides. Nous avons analysé la diversité et les modèles de distribution des populations de diplonémides de l’ensemble étoffé de métabarcodes V9 de l’ADNr 18S issus de Tara Oceans. Ces données ont été amplifiées à partir des 850 communautés planctoniques fractionnées selon leur taille, prélevées sur 123 sites répartis dans le monde entier et intégrant, pour la première fois, des échantillons provenant de la zone mésopélagique, s‘étendant à des profondeurs de l’ordre de 200 à 1 000 mètres. Les diplonémides sont réparties en quatre clades principaux ; la grande majorité appartenant à celui des diplonémides pélagiques hauturiers. Point remarquable : la diversité de ce clade déduite des données de metabarcoding surpasse même celle des dinoflagellés, des métazoaires et des rhizaires. Ces résultats suggèrent donc que les diplonémides constituent le groupe le plus diversifié d’eucaryotes planctoniques marins. Les diplonémides présentent une forte séparation verticale entre les couches mésopélagique et photique ; la majorité de leur abondance relative et de leur diversité se situant dans les eaux plus profondes. À l’échelle mondiale, les diplonémides n’affichent aucune structuration biogéographique apparente. Seules quelques unités taxonomiques opérationnelles (UTO) cosmopolites surabondantes dominent leurs communautés. Nos résultats suggèrent que les diplonémides planctoniques sont parmi les principaux acteurs hétérotrophes du plus vaste écosystème de notre biosphère. Pourtant, leurs rôles au sein de cet écosystème demeurent inconnus à ce jour.

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