Archive for juillet, 2014

UNE PREMIERE POUR TARA EN ALBANIE, en escale à Vlora du 15 au 19 juillet

Tara fera escale dans cette ville portuaire de la mer Adriatique, l’une des plus anciennes du pays, située à 100 kilomètres au sud de Tirana. Même si Tara a beaucoup sillonné la Méditerranée, c’est la première fois que la goélette se rend en Albanie.

Cette escale, préparée en collaboration étroite avec l’ambassade de France à Tirana, sera l’occasion de continuer à sensibiliser et informer le public autour des thématiques environnementales qui nourrissent l’engagement de Tara depuis 10 ans et en particulier durant cette expédition Tara Méditerranée.

Au programme de ces quatre jours, sont prévus, conférences, exposition, visites du bateau ou encore projections de film sont au rendez-vous.

L’exposition « Notre planète océan » sera visible du 16 au 18 juillet au centre d’information européen de Vlora. Cette exposition est l’occasion de comprendre que l’océan est le berceau de la vie et couvre les trois quarts de notre planète bleue.

Le 16 juillet, Après une visite de l’ile albanaise de Sazan les autorités viendront à bord de Tara pour signer la convention entre le conservatoire du littoral français et la toute nouvelle agence nationale du littoral Albanaise. Cette ile est actuellement sous l’administration de l’armée albanaise et son accès est strictement règlementé. La convention signée entre la France et l’Albanie est une étape indispensable pour modifier le statut de l’ile et en faire une Aire Marine Protégée.

Le 17 juillet des scientifiques de Tirana la capitale et de l’université de Vlora viendront rencontrer à bord les scientifiques de Tara  Méditerranée. Un séminaire aura lieu le matin à l’université. Les scientfiques albanais et français, Sajmir Beqiraj et François Galgani, feront un état des lieux de la Méditerranée et des perspectives de protection de cette espace commun. Les étudiants et scientifiques viendront ensuite déjeuner à bord de Tara et visiter le bateau.

Et enfin le 18 juillet sera consacré à la portée pédagogique de l’expédition. La goélette fera monter à son bord des enfants de trois orphelinats de la région puis à la suite de cette visite ils découvriront l’exposition « Notre planète océan ».

 

Escale sarde

Huit jours après notre départ d’Antibes, Tara est arrivé ce samedi 5 juillet en vue de la petite ville de Cala Gonone, en Sardaigne. Une escale de quelques jours durant lesquels le plancton et l’expédition Tara Oceans (2009-2013) seront à l’honneur.

Malgré les nombreux changements de programme pour adapter notre route et surtout nos prélèvements de plastique aux conditions météorologiques, nous sommes arrivés à l’heure face à la petite ville sarde. Un hameau de moins de deux mille âmes, perché sur une côte sauvage criblée de grottes aux eaux turquoises. Si tous à bord sont impatients de mettre un pied à terre ou la tête sous l’eau, ce n’est pas une escale farniente qui nous attend.

Tout juste arrivés, une partie de l’équipage part en ville pour une conférence de presse : ils reviendront accompagnés d’une quinzaine de journalistes venus visiter la goélette. A peine repartis, le va-et-vient du zodiac reprend de plus belle, déversant sur le pont de nouveaux arrivants encombrés de valises, quand d’autres, arrivés au terme de leur voyage, font les leurs. Tout cela au cœur d’un planning chargé, comme toujours.

Dimanche verra ainsi se succéder une conférence donnée en italien sur le plancton et les expéditions de Tara, une réunion de travail sur les recherches scientifiques menées dans la région – qui réfléchit à la création d’une station biologique et d’une aire marine protégée – ou encore une réception à l’aquarium de Cala Gonone, partenaire de cette expédition en Méditerranée.

En marge de ce programme, cette escale en Sardaigne sera surtout le théâtre d’un important séminaire pour Oceanomics, le projet titanesque visant à exploiter les données et prélèvements effectués lors des expéditions Tara Oceans et Tara Oceans Polar Circle. Durant cinq jours, les chercheurs impliqués dans ce projet à travers le monde se retrouvent ainsi à Cala Gonone pour échanger sur leurs premiers résultats.

Lundi et mardi, les scientifiques d’Oceanomics concluront ce séminaire par deux jours d’échantillonnage au large de la Sardaigne, l’occasion de former certains aux protocoles de prélèvements et de mieux comprendre d’où viennent les données qu’ils analysent depuis maintenant plus d’un an. De quoi conclure en mer cette escale ensoleillée avant notre départ mercredi pour l’Albanie, après un bref passage par la petite île d’Ustica.

Yann Chavance

 

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Oceanomics, l’après Tara Oceans

En ce début juillet 2014, la petite ville sarde de Cala Gonone a accueilli la goélette, mais également un séminaire de cinq jours pour une partie des chercheurs d’Oceanomics.

Plus d’un an après le lancement de ce projet titanesque visant à analyser les prélèvements de Tara Oceans (2009-2013), les premiers résultats sont extrêmement prometteurs.

Si les aventures de la goélette autour du monde planctonique, entre 2009 et 2012 pour Tara Oceans puis en 2013 pour Tara Oceans Polar Circle, ont été très médiatisées, cette phase de prélèvements n’était pourtant que la partie émergée de l’iceberg. Une fois ces dizaines de milliers d’échantillons et de données en tous genres collectées, le travail d’analyse, de mise en forme et de compréhension est titanesque. C’est pour exploiter cette mine d’or de connaissances potentielles qu’est né en mars 2013 le projet Oceanomics. Un consortium réunissant partenaires académiques – CNRS, Génoscope ou encore Ecole Normale Supérieure – mais aussi privés, comme le Fonds Tara, qui s’est donné jusqu’en 2020 pour tirer le maximum d’enseignements de ce trésor accumulé par la goélette.

Près d’un an et demi après son lancement, ce projet de sept millions d’euros est encore dans sa phase initiale, surement la plus colossale : l’analyse des données. Les prélèvements de plancton effectués à différentes profondeurs sur quelques 200 sites sur tous les océans du globe (près de 30 000 échantillons récoltés !), mais aussi les paramètres physico-chimiques de l’eau, relevés tout au long du parcours de Tara : salinité, température, pourcentage d’oxygène, etc. « Nous avions prévu deux à trois ans, presque la moitié du projet, pour cette première phase, explique Colomban de Vargas, coordinateur d’Oceanomics. Il faut extraire les données intéressantes, les mettre en ordre, faire des statistiques, les comparer, pour pouvoir en tirer finalement des conclusions ».

Pour venir à bout de cette montagne de données, la quinzaine de laboratoires du projet travaille sur différentes facettes de la question, chacun dans sa spécialité : l’un travaille sur l’imagerie (l’observation directe des organismes), un autre s’attelle au séquençage, révélant les gènes présents dans les échantillons, certains chercheurs tentent de relier ces informations aux paramètres physico-chimiques, etc. « Même si on peut toujours aller plus loin, je pense que l’on a déjà fait la moitié du travail, estime Colomban de Vargas. Pour les eucaryotes, de la petite cellule aux plus gros animaux, nous avons déjà une collection de plus d’un milliard de séquences d’ADN. Ca nous semblera surement risible dans dix ans, mais pour l’instant, c’est juste colossal ! ».

Il faut ajouter à cela une collection de plus de 100 millions de gènes bactériens, dont plus de la moitié étaient jusqu’ici inconnus, et 80 métagénomes séquencés (une analyse de l’ADN de l’ensemble d’un prélèvement, bactéries, virus, larves de poissons, unicellulaires, petits crustacés, etc., confondus). Même si ce travail de titan est toujours en cours, les premiers résultats révèlent déjà quelques surprises de taille. « La découverte la plus impressionnante pour moi, c’est que l’on arrive à saturation, reprend le biologiste. Depuis peu, on ne séquence presque plus rien de nouveau : on a fait le tour, tout simplement. Ca signifie que sur l’océan de surface, nous sommes presque arrivés à la limite du répertoire de gènes planétaire, des bactéries aux animaux. Et ça, cela n’a jamais été fait sur aucun autre écosystème sur la planète : c’est une énorme première ».

De ces premiers résultats naitront d’ici la fin de l’année 2014 plusieurs publications, qui feront surement grand bruit dans la communauté scientifique. Avant même la parution de ces résultats, les premières données génétiques seront diffusées dès cet été, rendues accessibles aux chercheurs du monde entier. « Nos collègues américains attendent impatiemment cette mise à disposition des données, explique Colomban de Vargas. Tout cela va sortir d’Oceanomics, ne nous appartiendra plus, et on verra surement plein de nouvelles publications, avec de nouvelles découvertes ». Une fois les données analysées, les chercheurs d’Oceanomics tenteront ensuite d’en tirer le maximum d’enseignements en croisant tous ces résultats : génétique, imagerie, paramètres physico-chimiques de l’eau, localisation, etc. « Nous voulons vraiment avoir l’image la plus large possible de cet écosystème » résume le biologiste.

Enfin, la masse incroyable de nouvelles données, notamment de gènes inconnus jusqu’alors, devrait conduire les chercheurs d’Oceanomics à isoler de nouvelles molécules. Les domaines d’application, même s’il ne s’agit que de suppositions à l’heure actuelle, semblent immenses : médecine, nouvelles énergies, suivi de la biodiversité, etc. Si à peine un an et demi après le début du projet les premiers résultats sont plus que prometteurs, l’avenir pourrait donc nous réserver de belles surprises. « Nous sommes en train d’ouvrir un domaine, un horizon totalement nouveau, s’enthousiasme Colomban de Vargas. C’était un monde tellement inconnu jusqu’alors qu’il y aura forcément des découvertes ». Pour savoir lesquelles, il faudra encore attendre quelques années : d’ici 2020, la date butoir du projet Oceanomics, puis dans les décennies à venir, lorsque toute la communauté scientifique continuera à tirer des enseignements de l’immense trésor récolté sur ce petit voilier de 36 mètres, naviguant sur tous les océans du globe.

 
Yann Chavance

 

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Le Journal de bord de Cyanne : mes deux premières journées en mer

Bonjour,

Ces deux dernières journées ont été bien occupées à Cala Gonone en Sardaigne.

La première journée nous étions en mer à bord de Tara avec les scientifiques qui récoltent du plastique et du plancton. Dans la première récolte, nous avons trouvé beaucoup de petits morceaux de plastique alors que dans la deuxième, il y en avait beaucoup moins. J’ai trouvé ça intéressant. En plus, c’était la première fois que je naviguais avec Tara.

 

 
Nous avons aussi fait une baignade en pleine mer.

Vers 18h nous sommes rentrés au port. Il y avait beaucoup de monde qui attendait pour visiter le bateau. Moi je suis partie avec Lucie et Flora pendant que papa s’occupait des visites, et après je suis allée boire un verre de soda dans un bar avec elles. En fin de journée j’ai fait du toboggan gonflable dans l’eau au bord de la plage. C’était vraiment drôle. Flora a essayé de descendre sur les pieds et elle est tombée dans l’eau.

Hier, nous sommes repartis en mer avec les scientifiques mais on est allé un peu plus vers les plages, où nous nous sommes baignés. L’eau était turquoise. C’était magnifique. Nous sommes aussi allés voir une grotte marine à la nage. François (marin de Tara) nous a emmené en zodiac dans la grotte. C’était impressionnant, il faisait sombre, on n’a pas pu voir grand chose.

Aujourd’hui nous partons vers l’Albanie, en passant au large de la Sicile. Je vous parlerai de ma première journée de voyage dans mon prochain journal.

 
Cyanne Bougeard

 

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Escale à Cala Gonone jusqu’au 9 juillet

Tara est en escale à Cala Gonone en Sardaigne.

Du samedi 5 juillet au mercredi 9 juillet, des rencontres avec la presse, une exposition, de multiples conférences ainsi que des visites de la goélette sont prévues. Cette escale sera aussi l’occasion pour les chercheurs du projet OCEANOMICS de se réunir.

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OCEANOMICS a pour but d’organiser ces échantillons et de les étudier en profondeur, c’est pourquoi régulièrement ses chercheurs se réunissent pour discuter des axes de recherches, de l’avancée des travaux. A cette occasion des jeunes chercheurs travaillant sur les données mais qui n’ont pas participé aux expéditions pourront s’initier à la collecte et mieux comprendre ce qu’ils étudient.

Ce projet de 7 ans intimement lié à l’expédition Tara Oceans (2009-2012) réunit les chercheurs qui l’ont imaginée et qui y ont  participé. Cette mission a permis de construire un trésor unique de dizaines de milliers d’échantillons biologiques et de millions de mesures chimiques et physiques systématiquement récoltés au gré de tous les océans.

- Le samedi 5 juillet :

  • Vers 12h00, arrivée de Tara à Cala Gonone
  • À 15h00, une rencontre avec la presse sera organisée suivie d’une visite à bord de la goélette réservée aux journalistes.

- Lieu de la rencontre presse : Cinema teatro.

- Lieu de la visite à bord de Tara : au mouillage en face de Cala Gonone.

- Le dimanche 6 juillet :

  • À 9h30, un colloque dédié à Tara et la Méditerranée s’ouvrira sur une conférence grand public en deux temps (gratuite, sans inscription), intitulée Le Plancton et Tara. – Lieu : Cinema teatro.

Le Docteur Johan Decelle, chercheur à la Station Biologique de Roscoff (France), interviendra en premier lieu sur Le plancton, pour ensuite céder la parole au docteur Daniele Ludicone, chercheur à la Stazione Zoologica Anton Dohrn de Naples (Italie), qui présentera l’expédition Tara Oceans.

  • De 11h00 à 13h00, nous poursuivrons avec une deuxième conférence ouverte à tous (gratuite, sans inscription), intitulée La Méditerranée – une mer en danger. À cette occasion, trois spécialistes se succèderont pour analyser les menaces écologiques en mer Méditerranée – Lieu : Cinema teatro.

Docteur Giuseppe Bianco présentera les activités de l’Agence régionale pour la protection de l’environnement de la Sardaigne (ARPAS) dans la surveillance et l’étude du climat de la Sardaigne.

Docteur Daniele Ludicone, s’intéressera aux Écosystèmes de la Méditerranée dans un contexte de changement climatique. Docteur Andrea Rotta (Université de Sassari), évoquera le cas des cétacés au nord de la Sardaigne à travers une étude de leurs dynamiques et de leur état de santé.

  • À 18h00, les travaux du photographe sous-marin Egidio Trainito, désignés sous le nom de Collier de la biodiversité (Collana della biodiversità), seront présentés.

- Lieu : Cinema teatro.

  • À 19h00, l’inauguration de l’exposition Le plancton et les « métamorphoses » (Il plancton e le « metamorfosi ») d’Antonio Secci se tiendra à l’Aquarium, suivie d’une visite guidée.

- Lieu : Acquario di Cala Gonone, Via La Favorita, 08022 Cala Gonone.

- Le lundi 7 juillet :

  • À partir de 18h30, une visite à bord de Tara accueillera les autorités et des invités.

- Lieu : Port de Cala Gonone, 1 Piazza del Porto, 08022 Dorgali Nuoro.

- Le mardi 8 juillet :

  • À 21h00, le documentaire “Le Monde secret” de Michael Pitiot sera projeté en langue française, suivi de la présentation du plancton récolté dans la baie de Cala Gonone.

- Lieu : Cinema Teatro.

- Le mercredi 9 juillet :

  • À 9h00, Tara lève l’ancre en direction de sa prochaine escale à Vllora (Albanie).

COMITÉ D’ORGANISATION SCIENTIFIQUE DE L’ESCALE À CALA GONONE

Docteur Johan Decelle, docteur Colomban de Vargas, docteur Ernest E. Di lorio, docteur Flavio Gagliardi.

LES ARTISTES A BORD DE TARA DURANT CETTE ESCALE

Lorraine Féline, Spencer Lowell, Carly Steinbrunn.

LES PARTENAIRES DE L’EXPEDITION TARA MEDITERRANÉE

agnès b., Fondation Prince Albert II de Monaco, Fondation Veolia, IDEC, Serge Ferrari, UNESCO/COI, MedPAN, Surfrider Foundation Europe, Lorient Agglomération, Ministère de l’écologie du développement durable et de l’énergie, CNRS, AFP, Le Monde, RFI, France 24, MCD.

LES PARTENAIRES SCIENTIFIQUES DE TARA MÉDITERRANÉE

Observatoire d’océanographie de Villefranche-sur-mer, CNRS, Université du Michigan, Université du Maine, Ecole Normale Supérieure, NASA, Université Libre de Berlin, Université Pierre et Marie Curie, IFREMER, Observatoire Océanologique de Banuyls, Université Bretagne Sud, Université Toulon Sud, Université Aix Marseille, Université de Corse.

LES ASSOCIATIONS LOCALES ET RÉGIONALES IMPLIQUÉES À CE JOUR

Expedition MED, Fondation Mohammed VI pour l’Environnement, Acquario di Cala Gonone, Réseau-Euro-Méditerranéen, Institut Océanographique Paul Ricard, Fondation Annah Lindt, EcoOcéan Institut.

SOUS LE HAUT PATRONAGE DE JANEZ POTOČNIK, Commissaire européen en charge de l’environnement.

L’Art dans la peau

On dit souvent qu’un tatouage raconte une histoire, une partie de sa vie. Spencer Lowell, artiste américain en résidence sur Tara, en est couvert. S’il explique que ses tatouages n’ont pas vraiment de signification, ceux-ci révèlent tout de même certaines facettes de cet artiste hors du commun.

C’est à Los Angeles, sa ville natale, que Spencer fait son premier tatouage à 18 ans : cinq étoiles sur le torse. Lorsqu’on lui demande pourquoi ce dessin, la réponse est lapidaire : « Il n’y a pas de raisons. Je voulais un tatouage et j’aime les étoiles ». La même année, il choisit un trèfle à quatre feuilles, sur le crane. Là encore, sans raison particulière, ne se considérant pas comme superstitieux. « Juste au cas où », glisse-t-il tout de même. « Parfois, j’ai une idée le matin, et je me la fait tatouer l’après-midi, je préfère ne pas prendre ça au sérieux. C’est une façon de ne pas me prendre trop au sérieux non plus : quand mon égo prend le dessus, mes tatouages me remettent les pieds sur terre ».

A l’époque, Spencer reste tout de même prudent. S’il choisit le crâne pour ce nouveau tatouage, c’est pour qu’il puisse le dissimuler si besoin. « Je ne savais pas encore ce que je voulais faire : je commençais tout juste à faire de la photo et j’aimais déjà ça, mais je n’était pas sûr d’en faire mon métier ». Puis l’artiste change de point de vue, sur ses tatouages, mais surtout sur le sens de sa vie. « Avant, je me disais que ces tatouages resteraient pour toujours, mais j’ai pris conscience que rien n’est éternel. Un jour, mon corps ne sera plus là, et mes tatouages disparaîtront avec lui ».

Spencer Lowell commence alors à multiplier les tatouages, sans s’en cacher. Sur le bras gauche, il fait inscrire une phrase tirée d’une chanson de John Lennon : Life is what happens when you’re busy making other plans (« La vie est ce qui survient lorsque l’on est occupé à faire d’autres projets »). Une façon pour lui de se rappeler que l’avenir n’est pas toujours entre ses mains. « Je fais juste partie du voyage, dit-il. Un passager ». Sur le ventre, deux oiseaux autour d’une fleur, symbolisant pour lui l’harmonie. Une dualité que l’on retrouve sur bon nombre de ses tatouages, comme cette bande blanche sur l’avant-bras faisant face à une bande noire sur l’autre avant-bras. « C’est le positif et le négatif, décrit-t-il. De façon générale, je suis toujours en quête d’un équilibre ».

Puis Spencer décide de prolonger cette bande noire sur l’intégralité de son bras gauche, en ne laissant qu’un espace vide : un atome, entouré de ses électrons. « Je trouvais ça intéressant, car c’est le symbole de la matière, et il apparaît grâce à l’absence d’encre, donc de matière ». Un jeu intellectuel avec le tatouage qui atteint son paroxysme avec la date inscrite sur son pied droit : lundi 5 juin 2006. Que s’est-il passé ce jour là ? Absolument rien. C’est simplement le jour où ce tatouage a été réalisé. Un clin d’œil sous forme de mise en abîme qui amuse beaucoup l’artiste…

Au fil des années, les différents tatouages de Spencer reflètent de plus en plus ses passions : l’art et les sciences. Sur les phalanges de sa main gauche est ainsi inscrite la célèbre formule d’Einstein : E=mC2. « J’aime beaucoup photographier la science, car j’aime comprendre comment fonctionnent les choses. Avec au final, l’envie de saisir la nature de l’Univers ». Sur les phalanges de sa main droites, comme une réponse à la science, il fait inscrire les lettres CMYK, pour Cyan, Magenta Jaune et Noir. « Ce sont les couleurs utilisées en imprimerie. On peut faire toutes les couleurs en partant de celles-ci, explique-t-il. Pour moi, ça représente l’Art. C’est complémentaire avec la science, l’Art vient du cœur, la science de la tête, mais les deux font la même chose : tenter de trouver des réponses ».

Difficile de passer ainsi en revue les dizaines de tatouages étranges, poétiques, drôles ou métaphysiques de Spencer Lowell. Une dernière question tout de même à cet artiste original : si tu décidais de te faire un tatouage après ton passage sur Tara, que choisirai-tu ? Après quelques secondes de réflexion, la réponse est surprenante, comme souvent avec Spencer Lowell : le crocodile gonflable en plastique, repêché quelques jours auparavant lorsque nous étions en mer, flottant au milieu de l’océan. Et lorsqu’on lui demande pourquoi ce choix étrange, la réponse est immanquablement la même que celle donnée pour presque chacun de ses tatouages, lancée avec un petit sourire en coin : « pourquoi pas ? »

Yann Chavance

Le journal de bord de Cyanne – Première nuit sur Tara

Cyanne, 11 ans est à bord de Tara avec son père Xavier en charge des actions éducatives pour Tara. Dès qu’elle le peut elle nous livrera ses impressions.

 

“Hier on est allé dans un éco-musée où l’on a vu une reconstitution de la vie sarde au 19ème siècle. J’ai trouvé que c’était bien de voir la vie au 19ème siècle en particulier la maison des chevriers qui était faite avec du bois et des pierres.

Après cette balade on s’est installé sur Tara qui est au mouillage devant Cala Gonone et j’ai eu le mal de mer. Avoir le mal de mer c’est très pénible et après je me suis allongée pour faire passer ça.

Un peu plus tard on est allé dîner à l’aquarium de Cala Gonone. J’ai touché des roussettes (ce sont des petits requins), puis nous sommes retournés à bord nous coucher. Et enfin j’ai passé ma première nuit sur le bateau. J’ai bien dormi.

Après le petit déjeuner, on m’a expliqué les consignes de sécurité du bateau : comment enfiler les combinaisons de survie, quoi faire quand il y a un homme à la mer. On a aussi parlé de la vie à bord, des tâches ménagères…

Aujourd’hui nous faisons une excursion avec les scientifiques sur Tara. Nous allons découvrir le golfe d’Oroséi. Les scientifiques vont récolter du plancton. Je vous raconterai ça demain. »

 

Cyanne Bougeard

 

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Père et fille à bord de Tara

Durant 3 semaines, je serai à bord de la goélette, je suis chargé des actions éducatives chez Tara Expéditions.

J’y serai pour rencontrer à Cala Gonone (Sardaigne) les scientifiques des laboratoires de Villefranche sur mer, de Roscoff, de l’Ecole Normale Supérieure mais aussi de Naples. Tous se réunissent car ils travaillent sur le projet Océanomics, programme d’analyse des données récoltées durant les expéditions Tara Oceans et Tara Oceans Polar Circle (2009 à 2013). Ils ont rendez-vous en Sardaigne pour échanger sur leurs travaux respectifs, mettre en commun leurs idées et leurs hypothèses. C’est particulièrement intéressant pour ma mission éducative de pouvoir les rencontrer pendant plusieurs jours et de travailler avec eux. C’est de cette relation que naissent de nombreux outils que nous mettons en place pour les enseignants. Durant ce voyage je tâcherai de faire quelques focus sur les possibilités pédagogiques que peut offrir cette expédition.

J’y serai aussi pour voir comment ils travaillent à bord, comment sont faits les prélèvements et évoquer avec eux les problèmes scientifiques et environnementaux qu’ils étudient. Ce sera une occasion de faire des photos, d’enrichir le matériel pédagogique que nous offrons aux classes.

Enfin je serai à bord pour la coordination des escales de Cala Gonone (Italie) et Vlora (Albanie) que j’ai préparées depuis la base Tara à Paris, et pour celle de Zakynthos en Grèce.

J’ai aussi la grande chance de pouvoir emmener ma fille à bord. Elle s’appelle Cyanne et a 11 ans. Elle tiendra pendant ce voyage un journal de bord qu’elle partagera sur le nouveau site de Tara. Elle a déjà écrit son premier texte que je vous invite à découvre ci-dessous et qui nous parle de son envie de partir.

- Xavier Bougeard

« Je vais bientôt partir sur Tara pour un voyage de 3 semaines.

Je pars parce que mon père travaille pour Tara et il organise les escales de Cala Gonone en Sardaigne et celle de Vlora en Albanie et je l’accompagne. Mon rôle sur le bateau sera de faire un texte tous les jours et prendre des photos. J’ai vraiment envie de voir des dauphins pendant le voyage (j’en rêve depuis longtemps, j’adore cet animal) et des tortues sur les plages de Zakynthos en Grèce, c’est là qu’elles pondent leurs œufs. Je vais aussi voir comment les scientifiques récoltent du plastique et du plancton. Mon père m’en parle souvent car chez Tara il s’occupe de l’éducation et travaille beaucoup avec eux.

Je n’ai jamais pris le bateau plusieurs jours, alors j’ai un peu peur d’avoir le mal de mer. Mais nous avons pris des médicaments.

J’ai trop hâte de partir ! »

- Cyanne Bougeard

 

Cyanne et Xavier Bougeard