Author Archive

Un pas important vers l’interdiction des sacs plastiques !

Tara salue la décision du gouvernement français, annoncée ce mercredi 25 juin par la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, d’interdire dès le 1er janvier 2016 la distribution gratuite des sacs plastiques à usage unique.

Ces sacs très fins, distribués encore gratuitement par les commerçants, sont difficilement réutilisables. Ils sont une source de pollution bien connue et ont un impact croissant sur les écosystèmes marins. Nous saluons également la mise en place d’avantages fiscaux pour aider le développement des filières de bioplastiques 100% compostables.

« Cela fait trop longtemps que l’on parle de l’élimination des sacs plastique, on voit des pollutions en mer, des étouffements de poissons et je crois que le moment est venu avec cette loi de faire cette avancée ». Ségolène Royal

La goélette Tara – actuellement en mer Méditerranée pour une expédition de sept mois dans le but d’étudier l’impact des plastiques en mer – se penche depuis trois ans sur la pollution par le plastique et travaille avec les organisations qui se battent depuis des années pour cette interdiction, notamment la Fondation Surfrider Europe.

Plus d’informations sur blog.surfrider.eu

André Abreu

Tara, antibois de coeur

Ce jeudi, Tara quittait Antibes après une petite semaine passée dans son port ensoleillé ; une escale aux allures de madeleine de Proust pour Etienne Bourgois, président de Tara Expéditions. Une histoire de famille, de mer et de bateaux, lorsque Tara se conjuguait encore au pluriel.

Depuis une décennie que la goélette s’est fait connaître au travers de ses aventures scientifiques autour du monde, Tara a perdu son numéro. Tara 5, de son nom officiel, est ainsi le cinquième bateau de la famille, dont la plupart ont mouillé leur quille à Antibes des années durant. Tout commence avec Ado Troublé, le grand-père d’Etienne, qui nomme son petit bateau Tara, en référence au film « Autant en importe le vent » : Tara, c’est la maison où l’on revient toujours. Et déjà, ce « premier du nom » avait pris ses marques entre les bateaux de pêche du vieux port d’Antibes, une ville qu’avait toujours connu la famille. « Mon arrière-grand-père, le père d’Ado, avait fait construire une maison sur les hauteurs dans les années 1880. On y venait pour les vacances, souvent en hiver » se souvient Etienne Bourgois.

Quelques années plus tard, le deuxième bateau d’Ado, un petit voilier de huit mètres, sera appelé en toute simplicité Tara 2. C’est sur le pont de ce dernier qu’Etienne découvre la mer, la voile, l’aventure. « Je naviguais avec mon grand-père, vraiment en amateur : on allait jusqu’en Corse, en naviguant aux étoiles. Je me souviens d’un homme très cultivé, bon vivant ». Puis vint en 1973 Tara 3, un Dufour 35 rapidement envoyé en Grèce. En 1979, c’est Etienne qui le ramena à Antibes pour son grand-père. Ce dernier mourut quelques mois plus tard, lui léguant ce troisième Tara. « J’avais 20 ans, je commençais à peine à travailler, mais je mettais tout ce que je gagnais dans ce bateau » explique Etienne. C’est à cette époque qu’il s’initie à la course en mer, avec son oncle Bruno Troublé, barreur du France 3 du Baron Bich lors de la Coupe de l’America, et c’est ensemble qu’ils achèteront en 1996 le First 51 d’occasion qui deviendra Tara 4. Ce quinze mètres sera le premier à réellement quitter Antibes pour rejoindre les eaux bretonnes.

Un demi-siècle après le premier petit bateau de huit mètres d’Ado Troublé, Tara 5, qui a perdu son numéro aux yeux de tous, est donc de retour pour la première fois dans le port d’Antibes, là où les bateaux de la famille ont toujours navigué. Pour Etienne, propriétaire de la goélette avec agnès b., l’émotion est forcément forte. « Hier, je suis sorti avec le pointu de la famille, un petit bateau en bois de moins de cinq mètres. En faisant le tour du cap, j’ai pensé à mon grand-père : à l’époque où il m’emmenait en mer avec lui, jamais je n’aurais pu imaginer qu’un jour nous aurions un bateau comme Tara, aussi grand, naviguant sur toutes les mers du monde », explique-t-il, assis sur le pont en aluminium de la goélette. Avant de reprendre, en guise de conclusion : « Mais en fait, ce n’est pas vraiment notre bateau. C’est avant tout un bateau de travail, qui a une mission. Un peu le bateau de tout le monde ».

Yann Chavance