3 jours d’escale à Alger

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13 septembre 2014

L’escale de Tara à Alger prend fin, après 3 jours d’effervescence et quelques imbroglios administratifs. Hier jeudi, une partie de l’équipage avait rendez-vous à 10h, heure locale, à l’Ecole Nationale Supérieure des Sciences de la Mer et de l’Aménagement du littoral (ESSMAL) pour présenter l’expédition Tara Méditerranée.

Le Directeur de l’école et son équipe ont accueilli les Taranautes autour d’une table et c’est en partageant un thé à la menthe et quelques mignardises que les présentations ont été faites.

Marie Barbieux, responsable scientifique des étapes scientifiques entre Malte et Marseille et oratrice du jour, s’est attelée à expliquer les protocoles de prélèvements et les objectifs de cette 10ème expédition de Tara devant un auditoire d’une centaine de personnes. La jeune doctorants a appuyé son discours de quelques chiffres dont celui-ci : la Méditerranée est l’une des zones les plus polluée par le plastique (elle est considérée comme la 4ème zone la plus polluée derrière le gyre du nord Pacifique).

M. Hamdi, Directeur de l’ESSMAL et enseignant chercheur, a souligné l’importance de cette journée pour ses étudiants, futurs spécialistes de l’environnement : « Ici, nous nous intéressons, entre autre, à l’impact anthropique sur le milieu marin. » La problématique de la pollution aux micro-plastiques soulevée par Tara a donc éveillé sa curiosité. En tant que physico-chimiste spécialiste des solides, M. Hamdi possède des « connaissances sur la texture des solides et la relation entre texture et adsorption des molécules ». Il sait que les micro-plastiques absorbent les polluants organiques persistants et représentent un danger pour les organismes vivants : « C’est vraiment effrayant, ça menace tout l’écosystème ! »

A l’occasion de cet entretien, une autre problématique a été abordée, celle des déchets visibles situés aux quatre coins de la ville ou sur le littoral : « C’est un problème de société, un problème de pays en voie de développement. Il n’y a pas encore eu de prise de conscience chez les citoyens, ni même chez certains responsables. Quand on achète une boite d’allumettes on vous donne un sachet. Mais la spécificité algérienne ce sont les décharges sauvages, certaines se situent aux abords de rivières, de « oued ». Ce sont donc des déchets, des plastiques, qui se retrouveront automatiquement en mer lors de la saison hivernale ». Pour conclure cet entretien, M. Hamdi a résumé ainsi : «  Le citoyen n’est pas conscient, on peut dire qu’il n’y a pas une prise en charge au niveau des autorités parce que ce n’est peut être pas une priorité. Les chiffres officiels annoncent des milliers de décharges sauvages, et ça c’est vraiment problématique. »

Cette matinée productive s’est conclue par un jeu de questions-réponses entre Marie Barbieux et les ingénieurs en herbe, dans l’amphithéâtre de l’école. Puis c’est une véritable vague de visiteurs qui a déferlé sur Tara : trois bus avaient été affrétés pour conduire 80 personnes jusqu’au quai N°7 du port de commerce. Etudiants et étudiantes, futurs chercheurs et chercheuses, étaient nombreux à faire part de leur envie d’embarquer. Certains ont même demandé à qui adresser leurs CV. Ania, jolie jeune femme aux yeux clairs, en 2ème année d’étude, s’est même portée volontaire pour venir en aide aux scientifiques de Tara Méditerranée : « Je m’interrogeais, puisque vous n’avez pas obtenu d’autorisation pour réaliser des échantillonnages sur le littoral algérien, comment pourrait-on contribuer à l’expédition ? Nous pourrions faire de l’échantillonnage pour Tara, puisqu’au niveau national, nous avons toutes les autorisations nécessaires. » M. Hamdi, Ania, Anas, Kaced et les autres ont tous fait part d’une volonté de collaboration avec Tara et attendent avec impatience le retour de la goélette dans le port de la capitale algérienne.

Noëlie Pansiot

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