A bord ce sont les retrouvailles

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22 février 2008

Retrouver Tara sur la mer et les équipages qui ont participé à cette incroyable expédition est un privilège spécial.

Je pense qu’il est rare qu’un chef d’entreprise offre à tous les acteurs de ce genre d’aventure la possibilité de se réunir et de fêter la pleine réussite de la mission. Etienne Bourgois a orchestré « Tara Arctic »,   ce pari insensé de la grande dérive arctique, avec une humanité hors du commun. C’est d’ailleurs grâce à cet ingrédient que l’expédition s’est si bien passé. Bien sûr tout n’a pas été simple : beaucoup de difficultés, de moments d’incertitudes, de coups durs, de coups au moral ont été rencontrés mais toujours enveloppés dans la bienveillante énergie d’Etienne et du QG de Paris. Tara entre dans l’histoire, non seulement de l’aventure polaire mais surtout dans celle de l’humanité au service de la planète. Cette formidable chaîne humaine qui s’est mise au service du projet « Tara Arctic » été perçu par les hivernants tout au long de la traversée comme un soutien infaillible. Les glaces ont accouché d’un nouveau Tara et chacun des participants, qu’il fasse parti de l’équipage ou de l’équipe logistique ou scientifique à terre, ressent aujourd’hui une grande émotion. A bord ce sont les retrouvailles : comme par magie les mois qui nous ont séparé semblent s’être effacés, c’était hier, c’était il y a quelques heures, quelques minutes : les visages se reconnaissent, se ressentent, revivent par un simple regard tout ce qui a été leur vie sur la glace, un clin d’œil suffit pour exprimer ou ressentir la connivence de cette expérience hors du temps dans l’immensité de la banquise.

Nous longeons les côtes bretonnes, les voiles de Tara sont gonflées à bloc, dans la soirée six membres éminents de l’expédition rejoindront le bord : Jean-Claude Gascard, coordinateur du programme scientifique Damocles, Christian de Marliave dit Criquet, Nicolas Quentin, Gamet Agamerzaiev, Victor Karasev et Alexander Petrov. Les équipages seront au complet pour des retrouvailles presque parfaites puisque Guillaume Boehler le chef mécanicien navigue en mer de Chine n’a pas pu revenir.

Bruno Vienne

(Bruno a participé à bord de Tara au premier hivernage de septembre 2006 à avril 2007.)