Arrivée à Valparaiso

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27 février 2011

Ce matin, samedi, dès 9h, les filets ont commencé à ratisser la surface et les fonds du plateau continental chilien. Rapidement, la zone sans oxygène s’est révélée plus proche de la surface que lors de la précédente station, celle de la veille. Seulement 50 mètres cette fois, au lieu des 90 d’avant.

« Cela veut dire que toute la vie est concentrée dans cette couche, où nous avons trouvé autant du phytoplancton que du zooplancton » pour Chris Bowler, notre chef de mission. « On a même observé un bloom de diatomées à priori, c’est parce qu’il s’agit de la fin de la saison ici, de la fin de l’été, la vie est donc à son maximum ». Il y avait aussi beaucoup de gélatineux au fonds des collecteurs remontés à la surface.

Douze mises à l’eau ont été encore réalisées, « il s’agit d’une station côtière, nos prélèvements n’ont rien d’exceptionnels ici, beaucoup d’universités ont déjà travaillé dans ces eaux ». Pour Chris Bowler, « ce qui est exceptionnel, c’est qu’avec notre système de prélèvement « end to end » du virus à la larve de poisson, nous allons réaliser de la génomique et grâce à l’ADN quelque chose qui en revanche n’a jamais été fait dans ces zones ».

Cette étape se termine donc, avec comme toujours depuis le début de l’expédition Tara Oceans, un plus scientifique qui amènera son lot supplémentaire de connaissances et peut être de découvertes de cette partie de l’Océan Pacifique.

Pour une partie de l’équipage, cette arrivée à Valparaiso est aussi la fin d’une aventure. Tous ceux qui étaient encore à bord et qui ont embarqué à Buenos Aires quittent Tara ici. Le nouveau capitaine, Loïc Vallette, prend officiellement à Valparaiso son commandement après avoir passé un mois à la machine. Il succède à Hervé Bourmaud qui sera de retour aux îles Galapagos.

Le second capitaine Alain Giese, la cuisinière Hélène Santener, toute l’équipe scientifique à part Franck Prejger quitte le bord. Pour ma part, je mets fin à six mois de navigation à bord de Tara. Six mois d’une aventure incroyable qui m’a conduit de Cape Town, en Afrique du Sud à Valparaiso via l’Antarctique et les canaux de Patagonie. 13.000 miles nautiques au total, quelques 25.000 kilomètres. Un parcours à travers l’Atlantique Sud, puis l’Océan Austral avant un tronçon de Pacifique.

Une nouvelle correspondante d’expédition va reprendre le flambeau, Anna Deniaud. Bon vent et bonne plume à elle pour continuer à vous emmener avec nous dans ce voyage autour du monde au service de la science.

Ce soir, nous sommes au mouillage devant les milliers de lumières de Valparaiso qui peu à peu s’endort. Demain, dimanche, nous serons amarrés au quai n°7 du port de commerce. Tara repartira le 9 mars vers l’île de Pâques. Après de nouveaux moments de partage unique avec les enfants des écoles et des personnalités locales. Mais aussi des travaux de maintenance et de réparation notamment du générateur qui nous prive de prélèvements en profondeur.

Bon vent Tara !

Vincent Hilaire