Aux portes du Saint Laurent

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6 novembre 2013

Après avoir quitté notre dernier mouillage de Sainte Barbe sur l’île de Terre Neuve, nous faisons route vers l’entrée du fleuve Saint Laurent. Les conditions sont bonnes, les vents de nord ou d’ouest ne dépassent plus les 50 kilomètres heures. Le soleil nous a accompagné jusque là, même si une couche de nuages le couvre actuellement. Québec n’est plus qu’à 400 miles nautiques devant l’étrave.

Après Sainte Barbe, l’équipage a rapidement hissé les voiles et nous avons progressé à vive allure pendant vingt quatre heures avec des vents de Nord de travers.
Mais comme le prévoyaient les fichiers météo, ce vent a molli pour basculer à l’Ouest et il a fallu alors remettre en route les deux moteurs pour avancer dans ce vent de face.

Alors que nous embouquons en ce moment le Détroit de Jacques Cartier, entre l’ile Anticosti et la province du Québec, nous continuons à ce régime.
Tout le long des côtes que nous longeons, des noms bien français : le Havre Saint Pierre, la Pointe Paradis, la Rivière Saint Jean et les Sept îles, encore un clin d’œil à la Bretagne.

Ce n’est que lorsque nous aurons passé l’île Anticosti en la laissant sur bâbord que nous ferons véritablement notre entrée dans le grand fleuve.
Progresser ainsi sur les traces de Jacques Cartier qui donna le premier ce nom au grand fleuve croyant être à l’embouchure d’un golfe lors de son deuxième voyage, a quelque chose de grisant. Un plongeon dans notre passé.
Mais pour rendre à César ce qui est à César, c’est Samuel de Champlain, le fondateur de la ville de Québec en 1604 qui opte finalement, après « Rivière de Canadas » puis « Grande rivière de Saint Laurent » pour le fleuve Saint Laurent. Sa topographie était désormais précisément connue.

Lorsque nous serons à l’entrée du fleuve, qui conduit jusqu’à la région des grands lacs, nous nous retrouverons dans un système de marées parmi les plus actives du monde avec la Baie de Fundy, plus au Sud. Le marnage peur dépasser six mètres, les courants sont forts et multidirectionnels et les hauts fonds nombreux. Dans l’hiver, les glaces se mêlent en plus à ce cocktail.
Cette navigation n’est donc pas une simple ballade côtière, Martin Hertau, notre capitaine, recevra d’ailleurs l’appui obligatoire d’un pilote à partir de samedi prochain pour rallier Québec.

Dans les heures qui viennent nous nous arrêterons peut-être pour un nouveau mouillage dans l’anse Saint Pancrace, dernier arrêt avant notre destination. Sur le chemin nous longerons encore d’autres pans de notre histoire comme Tadoussac. C’est Jacques Cartier qui y jette le premier l’ancre en 1535, suivi encore par Champlain en 1603 qui songe un instant à établir la première colonie de la « Nouvelle France » avant d’opter finalement pour Québec. Tadoussac est connu comme le plus ancien village de la province du Québec, il a célébré son 400ème anniversaire en 2001.

Vincent Hilaire

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