« Bye Bye Sarah ! »

© Noelie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

6 mars 2017

Au fil des mois, l’équipage évolue. Lors de certaines escales, Tara embarque de nouveaux équipiers ou en débarque. De nouveaux visages apparaissent, d’anciens reviennent. Scientifiques et membres de l’équipage se relaient en permanence. Sarah Fretwell et moi-même venons de procéder à la fameuse « passation » au poste de journaliste-correspondant de bord.

Sarah est américaine, plus précisément californienne, et lors de notre interview elle a souhaité clarifier un point : « Je n’ai pas voté pour Donald Trump » dit-elle en riant. Journaliste multimédia de profession, Sarah est la première correspondante anglophone à embarquer à bord de Tara. Retour sur son embarquement de deux mois à bord de Tara:

 

Sunset in Kiribati_photo credit Sarah FretwellCouché de soleil à Kiribati  © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Comment s’est passée ton arrivée à bord de Tara ?

Je venais de terminer un projet en Afrique sur lequel j’ai travaillé jusqu’au jour de mon départ. Alors… je n’ai donc pas vraiment eu de temps pour me préparer psychologiquement à la transition ! J’avais commencé par faire une visite virtuelle en ligne de Tara puis j’ai rencontré l’équipe communication, découvert ce qu’on appelle le protocole du correspondant de bord, on avait beaucoup parlé de la philosophie de la goélette avec la directrice de la communication.  Je comprenais juste que j’embarquais pour une grande aventure. Je me suis juste dit : « Ok, ça va être une expérience de vie, peu importe ce qui se passe ». J’ai vraiment été heureuse lorsque j’ai appris que j’allais découvrir les îles Tuvalu et Kiribati. Au début de chaque année, je confectionne un tableau de ce que j’aimerais concrétiser. Il y a 2 ans, j’ai trouvé des photos de ces îles dans un journal de voyages et je les ai mises sur mon tableau ! J’y étais donc !

A-t-il été difficile de s’adapter à ce travail ?

J’ai vraiment découvert en quoi consistait mon poste et comment tout cela fonctionne une fois à bord. Ça a été un processus d’apprentissage exigeant, mais j’ai abordé l’expérience en me disant : « Ok, je vais être confrontée à de nouveaux défis chaque jour et je les surmonterai un par un ». Et effectivement, chaque jour, j’ai passé ma journée à résoudre des problèmes. J’ai aussi appris que c’est fréquent sur un bateau, pour tout le monde et en toutes circonstances. Daniel Cron était l’ingénieur en chef à bord et j’ai pu constater qu’il passait son temps à solutionner des problèmes et à réparer des choses. Et Martin, le capitaine, aussi avec les douanes et l’immigration…

 

sarah-credit noelie3© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Lorsqu’on évoque le travail de correspondant de bord de Tara, les gens idéalisent souvent et imaginent une situation qui ressemble bien plus à des vacances qu’à un travail. Que penses-tu de cette légende ?

Ce n’était assurément pas des vacances ! Il m’est arrivé d’être fatiguée après des projets que j’ai menés, mais je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais été aussi épuisée. Tout le monde travaille constamment : 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Ça a été la partie la plus exigeante. Correspondant de bord est un poste difficile. Habituellement, j’ai une équipe autour de moi qui m’assiste dans mon travail de journaliste. C’était donc intéressant de tout réaliser toute seule, on est en quasi totale autonomie.

 

Quelle a été ta plus belle expérience de reportage ?

L’une de mes préférées a été Tuvalu. J’ai débarqué le Jour de l’an, et bien sûr, aucune banque n’était ouverte. Je n’avais donc pas d’argent ! Je partais interviewer le Premier ministre, mais sa secrétaire ne m’avait pas répondu. Martin m’a amenée à terre à bord de l’annexe. J’ai débarqué près du rivage avec tout mon équipement et j’ai rejoint la plage dans mes vêtements mouillés. Je suis finalement parvenue à obtenir mon interview et cela a été ma plus belle expérience.

 


© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Ça a été un honneur et une vraie joie de rencontrer et de travailler avec tous mes coéquipiers à bord de Tara, et de partager ensemble ces expériences.  Ce que je trouve amusant, c’est que, de par mon travail, je me rends un peu partout dans le monde et à la maison, mes amis sont intéressés par mes aventures, mais sans jamais les comprendre pleinement.  C’était vraiment cool d’avoir, parmi l’équipage, 15 autres « étrangers » et maintenant amis, avec qui partager ces moments inoubliables.

 

Propos recueillis par Noëlie Pansiot.
Correspondante de bord embarquée à Fukuoka (Japon), le 19 février 2017

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