Changement de cap, Tara n’ira pas en Indonésie

© Noëlie Pansiot / Tara Expedition Foundation

14 décembre 2017

Une fois n’est pas coutume, la goélette revoit sa route. A bord, le Capitaine télécharge de nouvelles cartes marines grâce à la connexion satellite. A terre, l’équipe logistique s’organise pour modifier les dates et le port d’entrée de la relève scientifique. La raison de ce changement de dernière minute ? Un refus de la part du gouvernement indonésien de prélever dans ses eaux territoriales. Explications.

Depuis des mois, la Fondation Tara Expéditions et son équipe déploient une énergie continue pour organiser ce grand chapitre d’exploration contemporaine à travers l’océan Pacifique. Tracer un transect scientifique cohérent pour échantillonner différentes espèces de coraux ; s’enquérir de la sécurité de l’équipage sur une route parfois soumise au piratage ; mettre en place une logistique adéquate pour accueillir un roulement de 70 scientifiques et 6 membres de l’équipage en permanence ; entrer en contact avec les représentants de 30 pays pour présenter le projet ; effectuer des demandes d’autorisation pour échantillonner… La liste n’en finit pas.

 

1 Cap_sur_Sorong@NPansiot© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Parfois, malgré des efforts d’anticipation et d’organisation, l’équipe terre-mer doit se repositionner et revoir ses plans. C’est le cas aujourd’hui, suite à un refus de prélèvement, émanant du gouvernement indonésien. Romain Troublé, Directeur général de la Fondation Tara Expéditions réagit vivement à cette décision : « C’est regrettable d’autant que les enjeux des récifs coralliens en Indonésie sont majeurs. Regrettable aussi de constater que l’ambition de l’Indonésie, hôte de la Conférence “Our Ocean 2018″, ne soit pas suivi d’actes comme cette participation à un programme de recherche d’envergure pan-pacifique inédit comme Tara Pacific» Après 14 années d’expéditions, seulement 2% des pays sollicités ont refusé l’entrée de la goélette dans leur territoire maritime.

Tara n’ira donc pas dans l’archipel des Moluques, comme prévu. Peu importe, cette capacité d’adaptation constitue indéniablement l’une des forces majeures du projet. Le bateau effectuera malgré tout un très bref arrêt en Indonésie, pour accueillir sa nouvelle équipe scientifique à Sorong, ville portuaire de l’est de l’Indonésie. Elle quittera le pays aussitôt, pour prendre la direction de Palau, où elle est attendue. Composée de six archipels de 300 îlots et 26 îles, la République de Palau, en Micronésie, constituera un vaste terrain d’exploration pour les Taranautes et une escale accueillie par le Président des Palau, l’un des premiers à s’être associé à Tara lors de la COP21 pour faire entendre la voix de l’Océan (déclaration “Because the Ocean).

 

9 Guillaume_Bourdin_choque_la_trinquette@NPansiot

Guillaume Bourdin, Ingénieur Océanographe, règle la voile - © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Le tracé réajusté du transect mènera tout d’abord l’équipage vers de petites îles reculées, encore peu étudiées : Hatohobei, Sonosol, Pulo Anna. 

Les prélèvements autour de Koror, l’île la plus peuplée de Palau, se dérouleront du 4 au 9 janvier 2018. Une autre mission spécifique menée par l’équipe de Monaco s’étirera par la suite du 11 au 20 janvier. Ce n’est qu’après avoir sillonné et échantillonné dans le fameux Triangle de corail, au cœur de ces « petites îles » (Micronésie), que la goélette réalisera une escale finale dans le port de Koror du 20 au 22 janvier 2018 avant de faire cap vers les Philippines.

Noëlie Pansiot

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