Clichés d’expé qui font rêver…

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2 avril 2012

Vincent Hilaire, correspondant à bord de Tara et Julien Girardot, marin cuisinier durant l’expédition Tara Oceans, ont présenté ce week-end leurs expositions photographiques au Palais des Congrès de Lorient. Deux artistes, deux styles différents, deux regards mais une même passion: la photographie et un sujet commun: Tara. 

Rencontre avec ceux qui partagent du rêve à travers leurs photos…

Présente-nous ton exposition…

Vincent “D’un pôle à l’autre, la poésie des glaces”, est une exposition de quarante photographies qui réunit deux aventures, l’une au pôle Nord durant Tara Arctic et l’autre au pôle Sud lors de Tara Oceans. Ce sont donc vingt photos de l’Arctique et vingt de l’Antarctique, toutes en noir et blanc, qui ont été prises à trois années d’intervalle mais à la même époque. Ce qui est intéressant, c’est ce contraste entre la nuit polaire et le jour sans fin au pôle sud.

Julien: “Un marathon Unique” compte cinquante photographies prises entre Djibouti et l’île Maurice lors de l’expédition Tara Oceans. C’est une sorte de carnet de voyage où chaque image est accompagnée par un petit texte. Ce sont des photos en couleur, qui abordent des thématiques diverses, la science, la navigation, la vie à bord, les escales, les rencontres…

Que souhaites-tu faire partager à travers ces photos ?

: J’ai eu la chance de voyager dans ces paysages magnifiques que sont les glaces, alors j’ai voulu faire connaître l’ambiance particulière qui se règne là-bas: la beauté de la nature, la pureté des paysages… Au pôle, le temps s’arrête et à chaque seconde tu as l’impression de vivre un moment d’éternité, c’est ce sentiment que je souhaite partager avec le public. Au pôle Sud, en dehors des paysages et Tara, j’ai plutôt photographié les mammifères marins, les manchots… En revanche au pôle Nord, mes photos traduisent plus l’aventure humaine et personnelle que j’ai vécue pendant cinq mois. Je pense que lorsqu’on a ce privilège de s’aventurer sur ces terres, c’est un devoir de transmettre ce que l’on a vu et vécu, de faire rêver les autres…

J: L’aventure à bord de Tara, c’est bien sur la science, mais il y a aussi tous ces échanges entre les hommes, que ce soit à bord ou en escale… J’ai voulu partager les belles rencontres que j’ai faites, même les plus brèves comme avec cette jeune vendeuse de Bombay. J’ai voulu montrer ces moments d’émotion vécus entre hommes, comme par exemple lorsque Abdhu, notre accompagnateur sur les récifs djiboutiens, découvre les photos de Tara en Arctique, il n’avait jamais vu ça. C’est ce genre d’instants touchants, humains, fraternels, que j’aime photographier et partager.

Combien de clichés avais-tu en boite ?

V: Près de 8000 photos pour chaque pôle.

J: Je prends en moyenne à bord près de 1000 photos par mois, alors je devais en avoir 4000 environ…

Comment as-tu choisi tes photos ?

V: Le choix des photos s’est fait en croisant plusieurs critères, l’esthétisme, la poésie, l’impression d’unité… Le trait d’union entre les deux pôles, c’est bien sûr Tara.

J: Dans le choix de mes photos, j’ai pris en compte l’artistique mais aussi le caractère informatif de celles-ci.

Quelle est ta photo préférée ?

V: Pour l’Arctique, c’est “La Baleine”. Tara repose sur la glace, sorte de vaisseau froid échoué dans la nuit sur une croute gelée.
Pour l’Antarctique, c’est le contre jour de l’iceberg dans Antarctic sound, c’est comme un tableau.

: C’est celle de l’envolée d’oiseaux à Saint Brandon. Une couronne d’oiseaux encercle Tara au mouillage, le décor baigne dans une lumière jaune orangée… En plus, bon c’est anecdotique… mais le lieu s’appelle “Cargados Carajos” ce qui signifie la couronne d’oiseaux en portugais. Au-delà de l’image en soi, cette photo me rappelle l’instant magique que j’ai passé seul là-bas…Une fois la photo en boite, je me suis baigné dans ce décor de rêve.

Quelles sont les prochaines dates d’exposition ?

V: Il n’y a rien de défini encore, mais elle va surement voyager en France et je l’espère à l’étranger. Suite à notre passage à New York, j’ai envie qu’elle aille là-bas et j’espère aussi traduire mon livre en anglais.

J: Du 10 juillet au 10 août, “Un marathon unique” sera exposé à Roscoff en extérieur. L’exposition sera enrichie de quarante nouveaux clichés, que j’ai fait lors de mes derniers embarquements en Polynésie et de New York à Lorient.

As-tu d’autres projets personnels en tête ?

V: J’ai envie de travailler, toujours en noir et blanc, sur le thème de l’humain face à la déshumanisation, de montrer ce qui me paraît choquant dans notre société. Et j’espère aussi retourner avec mon appareil dans le désert marocain, c’est là-bas que s’est révélée l’envie de passer du voyage à l’aventure.

J: J’ai un projet de livre photographique sur le thème du renouveau des bateaux traditionnels à voile, dans les lagons polynésiens. Cette idée est née suite à mon passage avec Tara en Polynésie.

Propos recueillis par Anna Deniaud