Clythia hemispherica : la méduse préférée des laboratoires

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30 septembre 2009

Clythia hemispherica : la méduse préférée des laboratoires

Nous avons enchaîné deux stations de prélèvements en deux jours ! Un rythme soutenu pour les scientifiques et pour les marins qui les assistent dans la manipulation des filets et de la pompe. La journée d’hier s’est terminée à 23h, avec un vent qui forcissait vers 30 nœuds et une mer de plus en plus houleuse. Qui a dit que les Baléares étaient une zone tranquille ?

Pour mieux apprendre à connaître le plancton qui retient toute notre attention, je vous présente aujourd’hui l’une des espèces que nous récoltons lors de nos pêches.

Voici Clytia hemispherica : une micro-méduse qu’on peut trouver dans tous les océans du monde… à condition de bien ouvrir l’œil puisqu’elle mesure entre 5 et 20 millimètres !
Cette jolie gélatineuse est particulièrement appréciée dans les laboratoires parce que les scientifiques réussissent à contrôler tout son cycle de vie. Pour leurs expériences, ils peuvent même la modifier génétiquement et son ADN n’aura bientôt plus de secret pour eux.

Clytia hemispherica n’a pas toujours eu cette délicate forme d’ombrelle… à sa « naissance » elle ressemblait plutôt à un polype : un genre de sac gélatineux fixé sur les algues, le sol ou les coquillages. Ce sac est un organisme très simple pourvu d’une bouche entourée de courts tentacules. Ils lui servent à rabattre la nourriture en direction de la cavité qui lui sert d’estomac. A ce stade, les clytias hemisphericas vivent en colonie : des centaines de petits polypes liés les uns aux autres.
Une excroissance peut se former sur l’un des polypes, un petit bulbe qui prend progressivement la forme d’une méduse. Quand cette dernière est « prête », elle se détache tout simplement du polype et se laisse dériver en pleine eau ! Son ombrelle gélatineuse ne lui sert pas vraiment à nager, mais elle l’empêche de couler et lui permet de se maintenir à la même profondeur.

Certaines méduses sont mâles et d’autres femelles. Leurs spermatozoïdes ou leurs ovules sont stockés dans de petits « sacs » fixés sous leur chapeau. Chaque jour à l’aube, un œil attentif peut être témoin d’une étrange effervescence : les sacs libèrent des œufs ou un nuage de sperme qui flottent dans le courant jusqu’à se rencontrer.
Quand l’un des œufs est fertilisé, il se transforme en embryon, puis en larve microscopique.
Cette larve se laisse glisser sans effort, dans le courant, seulement freinée par une fine couche de cils qui la recouvre. Le but de cette larve c’est de trouver un support. Un coquillage, une algue, un rocher… pour pouvoir se fixer et former une nouvelle colonie de polypes.

Sacha Bollet