Communication à bord

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19 novembre 2006

Soixante quatorzième jour de dérive.
Position : Dérive par 82° 37′ 7633″ N-139° 58′ 8246″ E, vitesse 0.1 noeuds
Vent : 30 noeuds
Visibilité : moyenne, ciel couvert averse de neige,
Lune : Plus visible ;
Jour : Nul
Banquise : Stable
Température de l’air : – 15°C
Température de l’eau : -1,5°C

Ce matin, après une nuit de vent et de neige, Tara, avec sa gîte et la neige remontant le long de son franc-bord bâbord avait vraiment l’aspect d’une goélette polaire et ressemblait aux images que l’on a du FRAM.

Nous faisons souvent des comparaisons avec le FRAM, Nansen et son équipage de douze aventuriers, mais il y a un aspect qui change complètement la dimension de l’expédition, c’est la communication ! Nous disposons, grâce à la communication satellitaire du moyen de rester en contact avec « la terre », nos proches, les médias etc.…
Le flux quotidien est important, de l’ordre d’une vingtaine de mails en émission et en réception et une vingtaine de minutes de communication téléphonique pour nous huit. Cette communication tue le suspense de l’expédition mais diminue l’anxiété de nos proches. A la question posée à brûle pourpoint « sans les communications, serais-tu venu ? » la réponse est partagée : Cinq d’entres nous ne seraient pas venus. Il faudrait aussi la poser aux proches.
Peut-on encore dire, comme Jason, célèbre argonaute grec : « Il y a trois trois sortes d’hommes, les vivants, les morts et ceux qui sont sur la mer » ?

Denys