COP21 : Les petites îles à l’honneur au Pavillon Tara

© Yann Arthus Bertrand - Planet Ocean

4 décembre 2015

Ce mardi 2 décembre, le pavillon Tara consacrait une journée entière à la question des petites îles et de leur fragilité face aux changements climatiques. Un cycle de conférences et de débats pour mettre en lumière les défis que doivent relever les nations insulaires à l’heure du changement climatique.

Kiribati, Maldives, Palau… Les nations insulaires sont les premières victimes du changement climatique et notamment de la montée des eaux. Leurs représentants tirent la sonnette d’alarme depuis la fin des années 1980, tant les menaces pesant sur les petites îles sont concrètes. Après une série de conférences sur les liens entre climat et océan, il était donc logique que le Pavillon Tara « Océan et Climat » accueille une journée dédiée à cette problématique.

Ce sont ainsi trois cycles de conférences sur le sujet qui se sont succédés, ouvertes évidemment au public, et consacrées aux impacts du changement climatique sur les récifs coralliens, aux solutions pour un développement compatible avec les risques climatiques, et enfin aux défis à relever en termes d’adaptation et de limitation de ces risques. Parmi les experts, scientifiques et responsables d’ONG intervenant lors de cette journée, se trouvaient également des responsables politiques en première ligne de ces bouleversements à venir, notamment Philippe Germain, Président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, et Tommy Remengesau, Président de la République de Palau.

« L’océan, c’est la vie. Il est central dans notre culture, notre économie et notre identité » a rappelé Tommy Remengesau au micro du Pavillon Tara. « Grâce à toutes ces discussions, notamment en petits groupes comme ici, nous pouvons vraiment proposer des solutions réalistes à ceux qui sont les plus touchés par le changement climatique ». Et les 21.000 habitants de l’archipel de Palau font indéniablement partie des plus touchés, comme les autres populations insulaires du Pacifique. Quelle que soit l’île, les menaces sont bien souvent les mêmes.

En premier lieu, la hausse du niveau de la mer, conséquence du réchauffement des océans qui entraine leur dilatation et la fonte des glaciers. Avec une élévation moyenne de 17 centimètres durant le 20ème siècle, les îles les plus basses voient leurs terres peu à peu grignotées par l’océan. Autre menace déjà visible, l’acidification des océans et son réchauffement, qui mettent notamment en péril les récifs coralliens. Une problématique cruciale sur laquelle se penchera Tara lors de sa prochaine expédition, en 2016, le long des récifs coralliens d’Asie et du Pacifique.

La liste des conséquences du changement climatique sur les petites îles est encore longue : probable intensification des cyclones, forte dégradation des mangroves, viabilité de certaines populations remise en cause, etc. Si le changement climatique reste peut-être encore abstrait pour beaucoup d’occidentaux, les populations insulaires observent donc déjà ses premiers effets. « Bien que je vienne de la ligne de front de ce qui arrive avec le changement climatique, je suis également frappé par le fait que nous sommes une fenêtre sur ce qui pourrait toucher le reste du monde » a ajouté Tommy Remengesau. En effet, si les petites îles sont actuellement les plus touchées, elles risquent de présager du futur de la plupart des littoraux de la planète.

Yann Chavance, correspondant de bord

 

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