Correspondant de bord, la relève

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14 novembre 2013

Sous les tropiques ou sous les flocons, comme aujourd’hui dans le port de Québec, c’est toujours le même plaisir d’apercevoir les mâts oranges de Tara. Retrouver quelques visages bien connus, rencontrer ceux avec qui nous partagerons ces prochaines semaines… Mais le temps des retrouvailles laisse bien vite la place au traditionnel passage de relais entre correspondants de bord.

Vincent Hilaire, après avoir passé plus de deux mois à vous faire partager les petits et grands moments de cette expédition arctique, me laisse donc la main pour la dernière ligne droite jusqu’à notre arrivée à Lorient, le mois prochain. A Québec, nous n’aurons que deux jours pour mener à bien cette transition.

Deux jours pour faire le tour du nouveau matériel vidéo (une caméra mobile sur le mât, une autre dans la timonerie, une dernière sur le pont arrière) et se familiariser avec  les différents protocoles d’envoi des fichiers par satellite. Deux jours pour que Vincent me fasse un point sur l’état du matériel, malmené par les conditions difficiles de cette expédition, les problèmes régulièrement rencontrés et leurs solutions, parfois de fortune.

Pour compliquer les choses, le programme de l’escale est, comme souvent, particulièrement dense, comme l’atteste le planning chargé qui trône dans le grand carré. Le passage de relais se fera donc entre les visites d’officielles, les conférences, la venue de journalistes à bord, la présentation du bateau au public et aux écoles. C’est dans cette fourmilière qu’il faudra sélectionner les sujets les plus intéressants, jongler entre l’appareil photo et les caméras tout en écrivant les journaux de bord, en fonction de l’actualité du moment.

Si les sujets sont nombreux en escale, une fois en pleine mer, la routine s’installe rapidement. Quand tous les jours commencent à se ressembler, il faut souvent faire preuve d’inventivité pour proposer quotidiennement des sujets originaux, sans jamais gêner le travail des marins et des scientifiques. Une fois les textes écrits, les photos prises et les vidéos tournées et montées, c’est via satellite que le tout sera envoyé aux équipes à terre, qui se chargeront de mettre le tout en ligne.

Car évidemment, il n’y a pas d’accès internet à bord… C’est d’ailleurs l’une des particularité du travail de journaliste embarqué sur Tara. Un doute sur une date, un souci sur un logiciel, nous n’avons comme outil que les mails à notre disposition pour répondre à nos questions, avec le problème du délai lié aux communications satellites et au décalage horaire.

Bien avant d’embarquer, il faut donc réunir le maximum d’informations sur les pays traversés, les instruments à bord, les phénomènes océanographiques… Au final, chaque correspondant de bord embarque ainsi des centaines de pages de documentation pour palier à l’isolement du bateau.

Mais c’est un bien mince effort, au vu de la chance de travailler dans un cadre si magique que nous offre Tara en retour. Une récompense qui n’a pas de prix !

Yann Chavance

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