Coup d’envoi de la centième station scientifique*

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15 avril 2011

Coup d’envoi de la centième station scientifique*

9h30 hier matin, la rosette plonge dans une mer légèrement agitée, en plein Océan Pacifique Sud, le coup d’envoi de la centième station scientifique est donné. Les opérations auraient dû démarrer vingt-quatre heures plus tôt, mais le petit tourbillon cyclonique dans lequel les scientifiques souhaitent effectuer les prélèvements, avait migré un peu plus au Nord. Après une nuit de navigation supplémentaire, Tara nage à présent en plein cœur de ce tourbillon de 55 km de diamètre, situé à 1 200 milles marins de la côte équatorienne.

Sur le pont arrière, le marathon scientifique a donc commencé, sous les encouragements de dizaines de poissons volants et sous le contrôle de notre fidèle compagnon de voyage, le phaéton, cet oiseau marin blanc. L’épreuve durera trois jours et deux nuits.

Pour cette symbolique station, on retrouve au poste stratégique de mise à l’eau et de réception des filets et de la rosette, l’un des deux ingénieurs océanographes favoris de ce grand chelem, j’ai nommé Sarah Searson. « Quand je repense à ma toute première station, ça me fait sourire. Je ne connaissais pas le matériel, ni le bateau, ni l’équipe, alors je suivais Marc Picheral et j’exécutais tout ce qu’il me conseillait de faire. Aujourd’hui grâce à mon expérience et à celle des marins, j’arrive à anticiper un maximum d’évènements pour à la fois préserver le matériel et pour ne pas perdre de temps pendant les stations.» Si Sarah ne compte plus le nombre de stations auxquelles elle a participé, il n’en demeure pas moins que la routine est loin de la guetter. « Les paysages et les membres de l’équipage, qui changent, pour moi chaque leg (étape) est une nouvelle aventure enrichissante ! »

A ses côtés, Céline Dimier-Hugueney, ingénieur en biologie, a elle aussi de nombreuses heures de filtration à son actif. Si la scientifique conserve la même vigilance et rigueur dans le suivi du protocole et dans l’entretien du matériel, elle observe avec satisfaction l’optimisation de son travail. « Les premières fois, il me fallait près d’une journée pour constituer ma boite de travail, c’est à dire pour lister et étiqueter tous les flacons. Hier, j’ai mis seulement deux heures et demie à la faire ! »

Depuis le départ de Tara en septembre 2009, les scientifiques ont exécuté plus de 1 100 heures de stations, à travers deux mers et quatre océans du globe. La plus longue station (la 98) a duré 48 heures. Pour avoir un ordre d’idée de la quantité d’eau filtrée, il faut savoir que lors de cette centième station, 6 000 mètres cubes passeront à travers les filets. Pour l’expédition Tara Oceans, l’endurance des équipes et l’entretien du matériel se révèlent être la clé de la réussite. « C’est en partie grâce à un noyau de personnes compétentes, qui utilisent et entretiennent le matériel depuis le début, que l’on a réussi à mener à bien ces cent stations. A présent, notre défi est de rester vigilants et rigoureux pour la suite du programme », souligne Stéphane Pesant.  En effet, bien que le parcours de l’expédition ait été modifié, les scientifiques devront renouveler leur prouesse, pour atteindre un score final de deux cents stations.

Mais chaque chose en son temps, l’heure n’est pas aux calculs et aux pronostics, pour le moment les scientifiques doivent garder leur énergie et leur concentration pour la vingtaine de mises à l’eau de cette centième station.

Anna Deniaud

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* Période de 6h ou 48h où Tara s’immobilise en mer pour descendre dans l’océan la rosette-CTD et plusieurs sortes de filets. Parallèlement à ces opérations, plusieurs centaines de litres d’eau de mer sont pompés en surface puis filtrées. Les filtres sont ensuite congelés.