De la Réunion à Madagascar

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21 mai 2010

De la Réunion à Madagascar

Parce que la Réunion est une île, on l’imagine peuplée de pêcheurs et de gens de mer. C’est en partie vrai, puisque le port dans lequelle nous avons fait escale accueille le gros de la flotte… Mais historiquement, la Réunion est une île de terriens et de planteurs pour qui l’Océan Indien constituait surtout une épreuve à franchir pour se déplacer. Etendue d’eau redoutée, aux colères fréquentes et aux vents rudes pour les marins.

Tara a eu de la chance pour rejoindre le nord de Madagascar, un train de houle venue du sud nous a poussés dans le dos en direction de notre objectif. Impossible en revanche d’accoster sur la mystérieuse île Tromelin, au milieu du parcours. Cet îlot de sable isolé est entouré d’une périlleuse barrière de corail qui rend son accès difficile, et le mouillage y est quasiment impossible : les fonds plongent à 4 000 mètres de profondeur autour de l’île !

Dommage pour Jérôme, le cameraman, qui se voyait déjà en naufragé solitaire, filmant le passage de Tara à proximité de cette terre où peu d’humains ont eu la chance de se rendre…
Nous nous sommes contentés d’un tour de la belle Tromelin, observant à la jumelle ses atours qui nous échappaient. L’île abrite une importante colonie d’oiseaux : des fous à pieds rouges et des fous masqués, fort peu craintifs, qui nous ont offert quelques beaux piqués (nous rappelant par la même occasion que le seul à pêcher avec succès à bord, c’est Ian Probert, spécialiste de l’imagerie du laboratoire de Roscoff, qui plonge allégrement son petit filet à plancton à la moindre occasion).

Malgré ces conditions de navigation complexes, une station de prélèvement de plancton a pu être effectuée un peu avant d’arriver à Tromelin. Les échantillons de cette zone rarement étudiée sont au frais, soigneusement rangés dans les flancs de Tara.
Nous avons atteint Madagascar hier à midi. Les charmes de Diego Suarez, au nord de l’île, sont apparemment célèbres dans tout le sud de l’Océan Indien… Mathieu, marin polyvalent et responsable de l’encadrement des plongées sur Tara raconte : « C’est le paradis de la 4L ici ! Peintes en jaune, elles font office de taxi et la nuit elles ressemblent à des sapins de Noël avec plein de lumières à l’avant du capot. »

Tara est à quai devant de gros thoniers senneurs basques espagnols. Encore un détail pour vous planter le décor : on nous avait vanté la beauté des femmes d’Antsiranana (le nom malgache de Diego Suarez). Mathieu confirme : c’est vrai que « les femmes sont très belles et elles portent beaucoup de bijoux. Ici il y a des bijouteries tous les 100 mètres dans la rue principale. ».

Un grand ménage de la proue à la poupe de Tara : le bateau est prêt pour accueillir enfants et visiteurs. Sur le pont, on range les bouts et les cordages dans lesquels les non-initiés pourraient se prendre les pieds : bienvenus amis et visiteurs de Diego Suarez !

Sacha Bollet