De la science en intensif

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12 mai 2011

Une journée aux Galapagos, c’était malheureusement bien peu pour explorer l’archipel. Certains sont partis marcher, d’autres visiter la fondation Darwin, et tenter de rencontrer des iguanes, des tortues, ou des fous aux pieds bleus. Mais tous se sont préparés aussi au départ prévu lundi matin. 

Les dernières tentatives auprès des autorités pour obtenir les autorisations de prélèvement aux Galapagos sont restées vaines.  Le programme a donc été modifié. Nous repartons vers Guayaquil où Steffi Kandels-Lewis de l’EMBL, et Rainer Friedrich de World Courrier viendront récupérer les derniers échantillons en date pour les acheminer dans les laboratoires d’étude.

8 jours de mer nous attendent ponctués de stations scientifiques qui complèteront le travail effectué sur le précédent trajet Guayaquil-Galapagos.  Gaby Gorsky notre chef scientifique, déçu de devoir quitter les îles sans aucun prélèvement se console grâce à la perspective de l’étude approfondie que permettra le retour sur la zone du courant équatorien présent entre le continent et les îles.

Nous quittons Puerto Ayora avec regret, et le sentiment d’avoir à peine effleuré l’archipel mythique. Mais le plus beau cadeau que l’homme peut faire aux Galapagos est peut-être de les laisser en paix.
 Dauphins, tortues puis otaries viennent saluer le bateau sur sa route vers le large. Nous quittons ce petit paradis animal pour retrouver les flots et ses habitants microscopiques.

A bord, les nouveaux équipiers sont vite intégrés. Le planning des quart est imprimé, ainsi que celui des tâches de bord. Les « anciens » font équipe avec les nouvelles recrues et leur transmettent les petites astuces de vie à bord. Science, navigation, mécanique ou corvées, tous les aspects de la vie à bord se succèdent et se mélangent.

Affectée au ménage avec Gaby pour la première journée, je passe l’aspirateur tandis que devant son ordinateur Christian m’énumère le noms des derniers protistes photographiés.

Loïc organise une réunion de sécurité avant le départ, puis Gaby fait un point scientifique en prévision des stations. Tout le monde est concerné car la vie de l’équipe en sera modifiée : trois courtes stations « CTD » (Conductivité-Température-Densité) sont prévues mercredi 11.La plateforme instrumentée sera immergée pour mesurer neuf différents paramètres nécessaires à la compréhension du milieu : oxygène, nitrate, salinité, turbidité, florescence du plancton et enfin quelques autres paramètres optiques utiles à la détermination du type d’eau et des courants présents.

Puis de jeudi à vendredi, une station longue permettra le prélèvement des organismes présents dans les eaux, du virus aux larves de poissons, afin d’établir le spectre du vivant de la zone. Deux jours intenses pendant laquelle l’équipe scientifique sera fortement mobilisée. Mais solidaire, le reste de l’équipage adaptera les quarts de nuit et les tâches pour soulager le travail des scientifiques. L’heure est à la science.

Sibylle d’Orgeval