Dernières nouvelles de Longyearbyen

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12 avril 2007

Dernières nouvelles de Longyearbyen

Depuis 10 jours nous sommes bloqués aux SVALBARD, en attente du décollage du DC3 qui doit nous emmener sur TARA par 87°Nord.
TARA est à 1 400 km de nous, une distance que le DC3 parcourt en 4Hrs.

Bien sur atteindre TARA n’est pas chose facile, mais la surprise est que la difficulté n’est ni technique, les problèmes de cet ordre sont résolus, ni climatique, la météo est clémente depuis 10 jours, non, les difficultés sont administratives.
L’administration russe ne semble pas pressée de nous voir décoller, et de faux problèmes en promesses non tenues nous bloque notre travail sur TARA, et pire encore, le changement d’équipage, dont 2 russes toujours bloqués sur le bateau.
Avril est le seul mois avec Septembre pour que les scientifiques puissent profiter de la présence de TARA sur la banquise pour déployer du matériel et faire des expériences.
Cette fenètre est mince car bientôt le soleil va transformer la banquise et la rendre trop molle pour que l’on puisse aller dessus.
Tara Expeditions se bat pour débloquer cette situation.
Dépêche AFP, lettre aux ministres, les voies administratives sont multiples et souvent impénétrables, et le “niet” soviétique est imprévisible, évolutif et ne permet pas de prendre de décision autre que l’attente de sa dissolution qui permettrait enfin le parachutage du matériel nécessaire à l’élargissement de la piste de TARA airport.
Atteindre TARA, voir de “visu” comment se comporte le bateau dans cet univers agressif, ce fameux voilier polaire construit pour cette aventure en 1989, est pour beaucoup d’entre nous un rêve qui touche presque à la réalité.
Bien sur les débarquants Denys, Hervé et Bruno nous ont rassurés sur la solidité du bateau, son confort et son extraordinaire résistance aux assauts de la banquise, mais ces mots coulent sur nous car nous attendons de voir, de sentir et de vivre un peu cette aventure qu’ils viennent de vivre.
4 tonnes de matériel et 18 personnes doivent etre transportés sur la banquise.
18 personnes qui attendent.
Equipage, scientifiques, tout ce monde est suspendu aux lèvres d’Etienne BOURGOIS qui va, nous en sommes sur, nous annoncer bientôt que la situation est débloquée.
 
Et si ce matin était la bonne matinée?
 
Jean COLLET