Des universitaires chinois de passage sur Tara

© Agathe Roullin / Tara Expeditions Foundation

15 mars 2018

À Sanya, ont embarqué deux chercheurs chinois, censés participer aux prélèvements prévus par Tara autour de l’île de Hainan. Malheureusement, les nouveaux arrivants – comme les Taranautes – n’ont pas pu mettre la tête sous l’eau, n’ayant pas obtenu à temps les autorisations locales. Mais leur présence à bord, même sans science, a été l’occasion d’échanger, et de poser les bases d’une coopération future entre Tara et la Chine.

Les Taranautes espéraient qu’avec les renforts locaux arriveraient de bonnes nouvelles. Les autorisations manquantes, par exemple. Mais l’arrivée à bord des deux scientifiques chinois n’a pas suffi à accélérer la procédure d’obtention des permis régionaux, indispensables à l’échantillonnage autour de l’île de Hainan.

Huang Xueyong, maître de conférence, et Chen Biao, doctorant en biogéographie, ont été désignés par l’université de Guangxi pour prêter main forte au capitaine Samuel Audrain lors des démarches administratives, et sous l’eau, aux scientifiques, pendant les plongées. Si ces deux missions n’ont malheureusement pas pu être remplies, les deux chercheurs garderont néanmoins un excellent souvenir de leur passage sur la goélette.

Huang : « C’est la première fois que je mets le pied sur un bateau comme Tara. En Chine, nous avons des navires océanographiques, mais ils sont beaucoup plus petits, et surtout ils n’ont pas de voiles ! On a été très bien accueilli et on a beaucoup échangé avec les scientifiques. J’ai pu découvrir ce que faisaient les uns et les autres, leurs spécialités. J’ai appris pas mal de choses, ça donne des idées ! »

Chen : « Je me suis immédiatement senti comme chez moi. Tout le monde a été très sympathique, et la cuisine de Marion est excellente ! Peut-être même meilleure que chez moi… Si Tara avait à nouveau besoin de nous, nous reviendrions sans la moindre hésitation ! »
12.Photo_carambar_enfants@Agathe_Roullin Huang Xueyong et Chen Biao à bord de Tara avec l’équipage © Agathe Roullin / Tara Expeditions Foundation

 

Pourquoi avez-vous choisi de faire de la science ?

Chen : « J’ai grandi près de l’eau, j’adore l’océan. Il est indispensable à notre équilibre et à notre bonheur, c’est lui qui remplit nos assiettes. Tout le monde ne connaît pas l’océan, mais on en a tous besoin. C’est pour ça qu’il faut éduquer les gens par la science, pour protéger notre océan. Depuis quelques années, le gouvernement chinois essaye vraiment de faire attention, notamment avec la création de zones protégées. Mais tout ça prend du temps. »

Huang : « Moi c’est pour ça que j’ai eu envie d’enseigner à l’université : pour transmettre mes connaissances tout en faisant de la recherche pour préserver l’océan. Ça avait du sens. Peu de personnes connaissent vraiment ce qu’il y a sous la surface et sont capables de l’exploiter de façon durable. L’enjeu, c’est de leur donner des clés pour apprendre. Et je sais que c’est aussi l’ambition de Tara, éduquer et sensibiliser le grand public. »

Avez-vous déjà visité les trois sites ciblés ici par Tara ?

Chen : « Seulement le premier, dans la baie de Sanya. On y a plongé pour étudier l’écosystème corallien. C’est difficile d’évaluer l’état de santé des coraux là-bas, car il y a beaucoup de passage : c’est une zone ouverte sur la mer, par laquelle transitent de nombreux bateaux de plaisance et de pêche… Mais forcément, le corail se trouve impacté par cette activité. De plus, en été, il fait trop chaud ici. Le corail ne peut pas forcément encaisser ces variations climatiques et commence à blanchir. »

Et sur la question des permis ?

Chen : « Il y a eu des erreurs administratives, quelques fausses routes. Les sites ciblés se trouvaient sur des zones militaires, ce qui a compliqué la chose, car il fallait aussi obtenir l’autorisation de l’armée. On a réussi à avoir le permis national, mais on a manqué de temps pour décrocher le feu vert au niveau local. Si Tara avait pu rester encore un peu, je suis certain que nous aurions fini par avoir de bonnes nouvelles. »

Agathe Roullin

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