Devant Tromelin

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20 mai 2010

Devant Tromelin

Sur le poste radio du bord, une voix féminine, s’identifie comme la station météorologique Tromelin, nous répondons à notre tour pour identification. Sur l’écran du radar, l’écho de ce minuscule îlot apparaît en vert, noyé dans les échos parasites des grains chargés de pluie. Sur l’horizon gris se dessine la silhouette de cette île comme sortie des abysses.

Joyaux de la biodiversité, baignée par les eaux turquoises et protégée par son plateau corallien, Tromelin est léchée par les longues houles océaniques. Sauvage et rebelle, elle ne se laisse pas facilement apprivoiser. Il y a très peu d’occasion de débarquer par bateau. C’est l’une des raisons pour laquelle les rotations des 4 météorologues, seuls résidants de l’îlot se font par avion tous les mois.

Malheureusement pour nous, aujourd’hui la houle déferle tout autour de l’île et empêche à nos embarcations de pourvoir accoster la plage en toute sécurité. Dommage, Tromelin gardera donc à nos yeux le mystère d’un endroit chargé d’histoire et de légende.

Ile administrée depuis peu, par le préfet des TAFF (Terres australes et antarctiques françaises), elle fait partie des îles Eparses, petit bout de France stratégique éparpillé dans l’ouest de l’océan Indien. Tromelin résonne encore de la fantastique épopée de ces 60 esclaves naufragés oubliés du monde pendant 15 ans, qui avaient réussi à y survivre, à 250 milles nautiques de toute terre habitée.

Après avoir fait un large tour par le sud en raison des conditions de mers, Tara vient s’immobiliser pendant une heure devant la station météorologique. Nous en profitons pour prendre photos et images, et échanger par VHF quelques informations avec Béatrice, météorologue en poste. Puis nous hissons les voiles et prenons notre route vers la côte nord de Madagascar, avec en point de mire Diego Suarez, lieu de notre prochaine escale en laissant dans notre sillage fous de bassan et frégates.

Hervé Bourmaud, Capitaine de Tara