Du projet à la réalité…

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6 août 2009

Du projet à la réalité…

Dans le bruit et la chaleur de la salle des machines, Daniel, le mécanicien du bord, Jean-Luc de l’entreprise Mécamar ainsi que Sam, le second, inspectent et règlent les deux moteurs de 380 chevaux pour le grand périple autour du monde.

Ces moteurs, à qui les doux noms de Thérèse à tribord et Brigitte à bâbord ont été donnés, ont eux aussi une grande histoire et sont bien sûr indispensables dans les manœuvres portuaires ainsi que dans les petits airs qui ne permettent pas aux 140 tonnes de la goélette de se mouvoir facilement. Bien sur, les moteurs ont aussi été indispensables à Tara pour se déplacer dans le pack de glace lors des expéditions polaires.

Au même instant sur le pont, l’autre partie de l’équipage manœuvre la voilure sous l’œil d’une camera … accrochée sous le ventre d’un hélicoptère. Dans son vol qui dessine des arabesques, pendant plus d’une heure, des clichés et des séquences vont être pris qui serviront par la suite à illustrer le périple de Tara. Petit à petit, les manœuvres sous voile ainsi que les appontements se mettent en place.

Chaque manœuvre demande coordination, attention et précision. C’est pour cela qu’il nous semblait important de rassembler une partie de l’équipage qui va participer par rotation à l’expédition afin de créer une véritable cohésion même si nous ne naviguerons pas tous en même temps, les embarquements se faisant par périodes de trois mois. En dehors de ces journées d’essais à la mer, Tara participe aussi à sa façon à la course du Figaro en tant que bateau sécurité. Rôle pas toujours évident avec un navire de 36 mètres au milieu de dizaines d’embarcations de toutes tailles.

 Mais le plaisir d’accompagner ces prestigieux marins de cette course en solitaire sur les quelques milles du départ, était aussi pour nous une façon de montrer notre admiration pour ces marins engagés dans une course considérée comme l’une de plus difficile de la course au large. Maintenant que la remise en route de Tara est en passe d’être validée, la prochaine étape est la mise en place du matériel scientifique et des tests en situation réelle. Le laboratoire de Roscoff a, pour nous aider dans cette tâche, délégué Margaux, responsable de l’interface entre le bateau et les scientifiques, ainsi que Julien venu donner main forte à l’équipage pour le passage des câbles qui vont servir à alimenter les nombreuses pompes pour la filtration de l’eau de tous les océans. Durant les moments où le bateau reste à terre, les métalliers de l’entreprise lorientaise Timolor en profitent pour venir finir quelques changements et autres travaux restés en attente.

Le contraste du monde scientifique et des professions techniques impliquées dans ce projet est étonnant et résume bien la diversité des genres qui ont permis et permettent à Tara de continuer à naviguer pour la recherche. Et ce, tout en faisant rêver par son exception les gens qui croisent, d’une façon ou d’une autre, sa route.