D’une escale à l’autre

© Y. Chavance/Tara Expéditions

12 août 2014

Tara a quitté ce mardi matin la marina de Beyrouth après une semaine passée à la rencontre de l’hospitalité libanaise. Si nous devions par la suite nous diriger plein sud, vers Israël, la situation sur place nous contraint à changer nos plans.

C’est les bras chargés de cadeaux et des souvenirs plein la tête que l’équipage de Tara a quitté la petite marina de Zaitouna Bay, dans la capitale libanaise. La foule immense et encore anonyme qui nous avait accueilli il y a une semaine, lors de notre arrivée, s’est transformée pour notre départ en petit comité, mais avec des têtes cette fois bien connues : partenaires locaux ou beyrouthins rencontrés au hasard d’une balade, tous furent des ambassadeurs de marque de l’hospitalité libanaise. C’est donc après une escale riche en rencontres de toutes sortes que nous avons quitté avec regret le pays des cèdres, direction plein ouest, vers Chypre. 

La petite île n’était pourtant pas prévue au programme initial des escales de la goélette. Nous devions au départ passer une semaine à l’heure israélienne, avec deux escales dans les villes de Haïfa et Tel Aviv… Avant que la situation politique du pays ne vienne changer nos plans. « Ces escales avaient pour vocation d’accueillir à bord de Tara de jeunes étudiants en science arabo-israéliens, palestiniens et israéliens, rappelle Romain Troublé, le secrétaire général de Tara Expéditions. Dans le contexte et son évolution depuis début juillet, les conditions à la fois d’accueil de ces étudiants et de sécurité pour le bateau et son équipage n’étant plus réunies,  le Président Etienne Bourgois, le directeur scientifique de la mission et moi-même avons décidé d’annuler cette visite ».

Si Tara était déjà passé par le Liban en 2009, lors de l’expédition Tara Oceans, Israël ne faisait pas encore partie de la longue liste des pays traversés par la goélette. Autant dire que la décision d’annuler cette escale prévue de longue date n’a pas été prise à la légère, l’équipe de Tara à terre étant restée dans l’attente jusqu’au dernier moment. « Nous avons souhaité connaitre l’évolution du conflit avec l’espoir d’un retour au calme rapide, explique Romain Troublé. Dès la mi-juillet, il était de plus en plus clair que nous aurions des difficultés à faire escale et faire venir la centaine d’étudiants prévue à bord en toute sécurité, si bien que le 1er août nous avons pris la décision d’annuler et de faire une escale à Chypre ».

C’est donc cap à l’ouest que nous voguons maintenant dans les eaux libanaises, avec quatre journées de mer bien remplies par un programme scientifique chargé, malgré une équipe réduite. Anthony Ouba et Juliette Maury ayant quitté le pont à Beyrouth, seul Christian Sardet, spécialiste du plancton et coutumier de la goélette, vient épauler Amanda Elineau, chef scientifique jusqu’à Malte, pour les prélèvements de microplastiques. Du coté des marins, c’est Nils Haëntjens, « stagiaire polyvalent », qui viendra prêter main forte à l’équipe pour tout ce qui concerne l’informatique, l’électricité, l’électronique, et bien d’autres domaines… En attendant encore de nouveaux venus dans quatre jours à Larnaca, notre prochaine escale, à Chypre donc.

 

Yann Chavance

Articles associés