ENFIN A L EAU…

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25 avril 2008

ENFIN A L EAU…

Jeudi matin, sur les pontons de la Base des Sous-Marins de Lorient, se distingue dans la brume les  trimarans avec leur forme élancée. Au bout de ce quai flottant à l’opposé des fins coursiers, se dessine la masse imposante de Tara  qui, depuis le 23 avril, a repris sa place.

Longue histoire que cette mise à l’eau, plusieurs fois retardée. D’abord du retard sur les fournitures des différentes pièces qui permettent l’étanchéité de l’arbre d‘hélice et qui sont donc d’une importance vitale.

La mise à l’eau est toujours un moment important qui valide les travaux réalisés sous la flottaison. Les soudures réalisées au chantier sont certifiées pour la norme prévue pour la navigation, mais il arrive que dans les endroits difficiles d’accès pour les soudeurs, quelques soudures ne soient pas complètement étanches, c’est ce qui s’est révélé au niveau du tube du sondeur au moment de la mise à l‘eau.

Le protocole dans la manœuvre de mise à l’eau est généralement le même pour tous les types de navires. La mise sous sangles ainsi que le levage du bateau est réalisé par les grutiers spécialisés de l’aire de carénage. Ils connaissent la structure du bateau et les meilleurs points de levage. Le navire est ensuite transporté à l’aide du roue-lève vers la darse de mise l’eau, tel un oiseau ou autre animal surréaliste volant au-dessus du bitume. La descente vers l’eau est lente et mesurée. Puis arrive le moment où l’équipage monte à bord par poupe.  A ce moment chacun a un poste déterminé. Pendant que  le chef mécanicien du bord lance le groupe électrogène qui permet d’utiliser le guindeau à l’avant ainsi que les moteurs principaux. Une partie de l’équipage inspecte tous les fonds du navire ainsi que les vannes de la coque. Les autres préparent les différentes haussières pour s’amarrer sur le ponton. C’est à ce moment que nous avons découvert la fuite sur le passe coque du sondeur. Aussitôt le navire est remonté au dessus de l’eau afin de permettre de réaliser une réparation rapide, mais, de retour dans l’eau la fuite est toujours là. Nous réussissons à étaler cette petite voie d’eau avec la chambre à aire, mais la décision est prise de reposer Tara sur le quai pour réaliser une réparation durable. Il est 22H00, Tara est suspendu sur ses sangles au dessus de l’eau en attendant demain pour retrouver sa place sur le quai.

Après une journée de réparation, la date du mercredi 23 avril au matin est fixée par Guy Sallant, responsable de la zone de carénage pour la mise à l’eau.  Petit moment de stress au moment où le navire touche l’eau mais rien, pas une goutte d’eau, ni dans les fonds  ni  au niveau des  soudures.  Après le lancement des moteurs de propulsion et du groupe électrogène, nous testons le bon fonctionnement des arbres d’hélice et leur étanchéité. Rien à signaler cette fois, pas de problème, Tara peut voguer accompagné par les deux zodiacs de la BSM , nos poissons pilote pour nos manœuvres dans les ports.
A 11H00, le bateau est amarré, l’équipage bien content de retrouver l’eau…

Hervé Bourmaud, capitaine de Tara